TA
Enfin des fistules, souvent multiples, en pomme d’arrosoir, naissent au-dessous de la sténose.
En présence de pareilles lésions, les auteurs ont invoqué de nombreuses pathogénies.
C’est le syphilome ano-rectal de Fournier, véritable .néoplasie tertiaire, sclérose, reliquat d'un processus
antérieur. \ je
x'est l’éléphantiasis ano-rectal de Jersild, dû à une gêné de la circulation lymphatique ano-rectale.
C’est la rectite proliférante et sténosante de MM. Delbet et Mouchet, à l’origine de laquelle est souvent la blennorragie rectale.
C’est la tuberculose dont la présence a été prouvée dans certains cas par l'examen histologique et l’inoculation. REX
En réalité, si, chez un cerbain nombre de nos malades, nous avons trouvé une étiologie qui semble nette : soit des habitudes sodomiques avec gonococcie rectale, chancre mou, suivi de rectite chancrelleuse, ou chancre induré du rectum, soit une fistule tuberculeuse; chez beaucoup d’entre eux, malgré toutes les recherches pratiquées, nous n'avons rien trouvé de net, ni une des causes précédentes, ni même une dysenterie, cause beaucoup plus rare de rétrécissement, ou une rectocote ulcéreuse, ou une parasitose quelconque.
En fait, il faut donc considérer les rétrécissements inflammatoires comme l’aboutissant de processus étiologiques variables, parmi lesquels les affections vénériennes jointes aux infections banales non spécifiques, jouent un rôle important.
ture), crie,
D'ailleurs, quelle que soit l'infection originelle, l'his-
toire de la formation de la sténose est la même, les
symptômes et l’évolution en sont semblables.
Elle fait suite à une période de rectite aiguë caractérisée par des douleurs très vives au moment des selles, par un écoulement purulent, quelquefois sanglant, par des faux besoins, du ténesme rectal.
Cette rectite aiguë passe rapidement à la chronicité et à la phase de rectite chronique, il est classique de dire que le rétrécissement existe déjà en germe.
Chiniquement, il n'y a que des signes de rectite, apparaissant progressivement, douleurs sourdes, pesanteur rectale, ténesme, faux besoins avec épreintes, défécations douloureuses. Le signe capital est l’écoulement de pus et de glaires par l'anus.
Le toucher est très douloureux, il permet d'apprécier l’état de la muqueuse irrégulièrement parsemée de saillies sessiles, de mamelons durs, avec entre eux des zones épaissies, mais qui n'ont pas encore perdu toute leur souplesse.
La rectoscopie montre une muqueuse blanchâtre, grisâtre, tomenteuse, parsemée de mamelons brillants, de dimensions variant d’un grain de mil à un petit pois, recouverte de pus et de glaires.
Il existe parfois de petites érosions saignottantes. Au-dessus, la muqueuse est saine.
L'évolution vers la sténose va se faire lentement, insidieusement, en plusieurs mois, plus d’une année parfois.
Des examens pratiqués pendant cette période, mon-
EE
trent l’augmentation, la cohésion des saillies, des mamelons. Le toucher fait sentir sous la muqueuse des granulations dures, donnant au doigt la sensation de grains de plomb, et que le rectoscope ne permet pas d'apercévoir.
La muqueuse $'épaissit en bandes longitudinales de sclérose, en placards indurés qui, plus tard, s’élargiront pour réaliser un manchon complet.
Le doigt introduit alors dans l’anus, semble enserré dans un tube de carton. Le rectum est fixé. La muqueuse ne se déplace plus sous le doigt.
Peu à peu, on voit se constituer la sténose. C’est d'abord un simple ressaut qu'on’ perçoit difficilement par la palpation, mais qu’il est aisé de reconnaître en introduisant le rectoscope. \
Puis, l'anneau se resserre, et aboutit bientôt à l’en- tonnoir tÿpique qui caractérise le rétrécissement inflammatoire.
En même temps qu’évolue ainsi l’état local, on voit apparaître des signes d'intoxication générale, imputables tant à la suppuration chronique qu’à la stase stercorale qui augmente.
Les fonctions digestives s'effectuent mal, la langue est saburrale, l'état nauséeux est habituel.
Les efforts de défécation sont l’occasion desiterribles souffrances que les malades se privent de manger pour ne pas avoir de selles.
Aussi l’amaigrissement s’accentue-t-1l chaque jour. À la maigreur extrême, se joint un teint terreux et plombé qui donne à ces malades à la fois infectés et
intoxiqués, un facies caractéristique.
A Certains d’entre eux présentent de véritables troubles ; psychiques.
En général, l’évolution est longue et les malades
peuvent vivre pendant des années avec leur rétrécis-
sement, mais ils mènent une vie misérable, entrecoupée
de crises d’obstruction intestinale avec ballonnement. du ventre, coliques et vomissements.
Progressivement, s'établit un état de cachexie et la mort survient après de longues et cruelles souffrances, du fait d’une infection aiguê intercurrente, de la dégénérescence amyloïde, ou de la tuberculose pulmonaire. C'est ainsi que se présente le rétrécissement inflammatoire typique du rectum.
- Dans quelques cas,nous avons eu à traiter des formes d'aspect un peu différent.
Les uns, particulièrement étendus, débutent bas, audessus de l’anus pour ne se terminer que beaucoup plus haut (obs. n°.?23).
D'autres sont si élevés que l’on ne peut les atteindre
au doigt, ou même avec une bougie de Hégar.(obs.n°4). D'autres, encore, sont multiples et étagés en. différents points (obs. n° 4). ; Enfin, quelques-uns sont de type valvulaire, c’està-dire occupant une partie seulement de la circonférence, sous forme de bride tendue à travers la lumière
rectale (obs. n° 7, obs. n° 22).°
Levy « 2