OBSERVATION XVIII
Scialique-névrile.
Emile A... trente-trois ans, salle Sainte-Mareuerite, no 11, Entre le 4 février 1902.
Rien dans ses antécédents héréditaires. Tousse fréquemment depuis l'enfance. N'a jamais eu de rhumatismes. Depuis dix-huit mois, souffre dans le membre inférieur droit tout le long du sciatique, avec des paroxysmes qui durent une semaine environ et des accalmies consécutives lui permettant de reprendre son travail. Ces périodes douloureuses sont enfin devenues subintrantes et, depuis octobre dernier, la souffrance est revenue si vive que le sommeil est possible seulement après des injections répétées de morphine.
Les procédés thérapeutiques les plus divers ont été employés sans résultat : révulsifs de toutes sortes, pulvéationsris au chlorure d’éthyle, électricité. L'état du malade est lamentable, le repos est impossible, les membres inférieurs sont considérablement atrophiés, surtout le droit, qui demeure en demi-flexion, et dont l'extension est impossible. Aux poumons, expiration soufllante et pro-
longée aux deux sommets, congestion hypostatique des
bases.
5 février. — Injection d'air à la région fessière droite, à la jambe et au mollet. Massage consécutif.
6 février. — Le malade ne soulfre plus à la jambe et à la cuisse ; il a pu dormir et tenir la jambe étendue.
8 février. — Le malade s'est levé et a pu faire le tour de son lit.
o février. — Le malade se plaint de douleurs vives dans
la jambe gauche qui présente nettement le signe de Lasègue. Injection d'air à la région fessière de ce côté.
10 février. — Le membre inférieur droit est libre et indolore ; à gauche, le malade ne souffre qu’à la région lombaire, où nous pratiquons une injection.
17 février. — Le malade très amélioré se félicite des résultats obtenus et est retardé dans la marche, beaucoup plus par la faiblesse musculaire résultant de l’atrophie que par la douleur elle-même à peu près disparue.
CHAPIIRE V