CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES — VARIÉTÉS ANATOMIE PATHOLOGIÏIQUE
Le terme de sciatique éveille en général dans l’esprit une idée simple, qui est celle d’une douleur localisée sur le trajet de ce nerf, le plus souvent fort pénible au malade et fort rebelle au médecin. Cependant la question se complique singulièrement si lon veut faire intervenir des données éliologiques et anatomo-pathologiques exactes, dont l'importance est de tout premier ordre en ce qui concerne le traitement, mais dont la nature est malheureusement encore aujourd’hui un sujet de controverses et d'études. Dominique Cotugno', le premier en 1765, eut le mérite de faire cesser une confusion grossière établie entre le type morbide qui nous occupe et les autres affections douloureuses de la hanche, la coxalgie en particulier, qu’il isola sous la dénomination d’ischias
! Cotugno, De ischiade nervosa, Neapoli, 1765,
A arthrilica ou vera, de la sciatique vraie ou ischias nervosa poslica à laquelle resta longtemps attaché le nom de l'Hippocrate napolitain. Valleix, en 1841, signale un élément important de diagnostic par les points douloureux sur le trajet du nerf, et Lasègue', en 1864, établit pour la première fois dans la maladie de Cotugno une différenciation entre les cas bénins et les cas graves, abstraction faite de l'intensité dans la douleur, Ces idées sont reprises et précisées en 1876, par Landouzy ?, qui adopte une classification définiüves en deux types: un type névralgique dont le symptôme fondamental est la douleur sans autre lésion appréciable, n1 sur le trajet du nerf n1 dans sa lexture même ; un type névritique, accompagné d’altérations. des filets nerveux et, consécutivement, de troubles de la sensibilité et de la nutrition dans le domaine du nerf (Charcot et l'Ecole de la Salpêtrière).
Tel est l’état actuel de la question.
Plus récemment, dans un intéressant article de septembre 1890, dans les Archives de neurologie, MM. Guimon et Parmentier, ont étudié ces névrites sciatiques, et ils font remarquer avec beaucoup de raison que leurs troubles trophiques, plus précoces, plus accentués né sauraient être confondus avec l'amyotophie simple de la sciatique-névralgie, due à l'inactivité du membre maladé:
" Lasègue, Considérations sur la sciatique (Arch, de méd.…, Paris, 1866).
* Landouzy, Mémoires dans Arch. qénér, de méd., 1876. —- De la sciatique et de l’atrophie musculaire qui peut la compliquer (Arch. génér. de méd., Paris, 1875).