‹ Traitement des scolioses par la méthode du Professeur EstorChapitre 6 sur 15 · PRINCIPE DE LA MÉTHODE · texte numérisé non relu

PRINCIPE DE LA MÉTHODE

Cette méthode est basée sur les principes suivants : 1° Réduction de la déviation vertébrale par une manœuvre rationnelle, facile à exécuter, sans danger et bien supportée par le patient.

Cette manœuvre est rationnelle parce qu’elle fait parcourir aux vertèbres déplacées un chemin inverse de celui qu’elles ont parcouru pour arriver à constituer une scoliose.

= 2% Dans le cas où la rédaction n’est pas obtenue par cette manœuvre, ce quiest l’éventualité la plus fréquente, le redressement est poursuivi et complété au moyen de feutres comprimant la gibbosité costale. L'action de cette compression est rendue plus efficace par la libération complète des parties déprimées.

Cette double action est rendue possible par un corset plâtré permettant à la fois la compression de la gibbosité et l’expansion des parties déprimées.

Le corset a done un double but : il joue à la fois un rôle passif et actif ; il fixe la réduction obtenue par la manœuvre de redressement et permet de poursuivre cette réduction jusqu’à la guérison.

Le principe directeur de cette méthode est, nous l'avons dit, le même que celui de la méthode d’Abbott. Les deux méthodes différent quant à l'application du principe.

Chez Abbott la réduction en flexion et détorsion ést obtenue grâce à une technique et à un appareillage compliqués, que l’on a maintes fois décrits. La manœuvre n’était en outre pas exempte de quelque brutalité, au point qu'un malade (cas invétéré à qui nous appliquions la méthode d’Abbott en 1914) eut trois syncopes successives au cours des tentatives de redressement exercées sur sa scoliose. ;

M. le professeur Estor obtient les mêmes résultats pour les mêmes cas au moyen de manœuvres simplifiées et adoucies. L'appareil qu'il a imaginé et réalisé dans ce but est ainsi décrit par lui-même dans la monographie qu'il publia en avril 1919 dans la Revue d’orthopédie.

« L'appareil est formé par un cadre composé de trois côtés métalliques et d’un quatrième côté en bois, sorte de plate-forme reposant sur le sol ; les côtés métalliques sont constitués par des tubes ayant les mêmes dimensions que ceux de l'appareil d'Abbott. Il mesure ? mètres de haut et 1 m. 80 de large. La plate-forme en bois sur laquelle sont fixés les montants verticaux a 80 centimètres sur 2? m. 50. Les deux montants verticaux supportent deux barres métalliques qui leur sont perpendiculaires (Fig. IT).

». Mobiles autour du tube vertical, elles peuvent, non seulement tourner autour de ce tube, mais monter et descendre. On les immobilise au moment voulu par une vis de pression. Ces barres métalliques, pleines, mesurent 85 centimètres de longueur, etleur section a un diamètre de 3 centimètres. L'une d'elles, la gauche, si la

ARE DÉRRTTUSEA LEP

| — 19 — convexité de la scoliose est à droite, sert À soutenir la main placée en position élevée, tandis que la main droite pendante saisit une poignée fixée sur la plate-forme. »

TRAITEMENT PRÉPARATOIRE. — Il est recommandable de faire subir ce traitement aux scoliotiques, car dans les cas légers jl peut suflire à lui tout seul à amener la guérison el dans les autres cas il arrive souvent à donner à la colonne vertébrale une souplesse qui se retrouvera, précieuse, au moment des manœuvres de redressement.

a) Gymnaslique sans appareils. — La suédoise, qui met en Jeu des groupes de muscles antagonistes, est la meilleure.

b) Crymnaslique avec appareils. — Les appareils compliqués et coûteux que l’on trouve dans certains instituts de mécandthérapie sont peu efficaces et de plus en plus délaissés.

L’attitude réalisée dans l’appareil de M. Estor telle que nous la trouverons décrite plus loin, prise et gardée environ un quart d'heure à plusieurs reprises dans la Journée, corrige momentanément et assouplit la colonne vertébrale déviée.

c) Gymnastique respiratoire. — De toutes la plus utile: Lesujel se place debout, comme collé à un mur, c’est-àdire les talons, les mollets, les fesses, les épaules et la nuque prenant contact avec ce mur. Puis, sans cesser ce contact, les bras tout en restant eux-mêmes accolés au mur vont lentement de la posilion allongée en bas à la position verticale vers le haut, les mains se rejoignant au-dessus de la tête, et retour. La manœuvre est recommencée à 8 ou 10 reprises.

Enfin, cette gymnastique respiratoire est réalisée au plus haut point au moyen des spiromètres très simples

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et très pratiques de Verdin, de Pescher, de Boudin, de Broca et Houdré, où du masque manométrique de notre excellent condisciple le docteur Pech, agrégé de physique.

Un mois de traitement préparatoire est en général suffisant pour placer le patient dans des conditions favorables à l’action du traitement curatif.

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