n Lothrop
En 1895, paraît l'ouvrage très important de Kuhnt
sur les suppurations des sinus frontaux : le principe essentiel de sa méthode est l’ablation totale de la paroi antérieure des sinus et la résection du tiers interne du rebord orbitaire, d’où déformation énorme dans le cas de sinusites frontales bilatérales. On peut obtenir une disparition à peu près complète des difformités créées par l’application de la méthode de Kuhnten usant de procédés de prothèse: emploi de lames métalliques remplaçant la paroi antérieure disparae des-sinus (procédés de Sébileau, de Martin de Lyon) ou bien injections plastiques de vaseline liquide (méthode de Gersuny) ou de paraffine (méthode d’Eckstein).
Le procédé d'inclusion de lames métalliques peut avoir l'inconvénient d'amener des récidives à longue échéance, ce corps étranger provoquant une irritation continuelle des tissus qui favorise leur infection; quant aux deux autres, ils nécessitent une seconde intervention toujours ennuyeuse pour le malade ‘ainsi qu'une technique délicate dont la pratique est longue à acquérir : les insuccès se présentent quelquefois.
En 1897, Milligan rapporte deux cas de guérison après intervention suivant la méthode Ogston-Luc pour sinusite unilatérale (un insuccès pour sinusite bilatérale : procédé Mayo-Collier.) Nous résumons ici l'observation qui a trait à l’insuccès obtenu par le procédé Mayo-Collier.Ils’agit d’un jeune homme âgé de 19 ans, atteint d’un empyème frontal double et
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d'une suppuration des cellules fronto-ethmoïdales. Les deux fosses nasales étaient remplies de gros polypes dont l’ablation a révélé l'existence d’un écoulement purulent provenant de l’infundibulum.
L'auteur diagnostiqua un empyème frontal double et il ouvrit, d’après la méthode de Mayo-Collier, les deux sinus qui contenaient du pus et dont la muqueuse était tuméfiée et les parois nécrosées. Malgré le curettage et le traitement post-opératoire très énergique, on n’obtint que des résultats des plus médiocres et plusieurs mois après la suppuration et la fétidité persistaient comme auparavant. Même, l'application d’oxygène pur (méthode de Stoker) n’a produit aucun effet. En présence de cet insuccès, l’auteur se propose de transformer les deux sinus en une large cavité et, en la bourrant de gaze. iodoformée, laisser les surfaces malades se couvrir de granulations.
Gerber, de Kœnigsberg, rapporte une observation où les lésions l’obligèrent à faire un Kubhnt bilatéral (incision médiane, tamponnement du foyer osseux: à la gaze iodoformée), les parois antérieures et latérales n’existant plus.
Rôpke traite les empyèmes du sinus frontal de la façon suivante : après avoir réséqué la partie antérieure du cornet moyen et curetté le méat moyen sans amélioration, après une trépanation exploratrice, l'auteur emploie le Kuhnt et curette toujours les cellules ethmoïdales, se créant à travers le plancher du
sinus une voie jusque dans les fosses nasales, tam-
ponnement à la gaze iodoformée (incision en croix, horizontale du sommet d’un sourcil à celui du côté opposé, verticale et médiane perpendiculaire sur la première, enlèvement de la partie proéminente de l'apophyse nasale du frontal). La suture des deux incisions est faite sauf au sommet du sourcil pour laisser passer la mèche que l’on enlève le troisième ou le quatrième jour. Guérison complète sur 12 cas (dont 6 bilatéraux) en dix à quatorze jours (cas favorables, six semaines (cas défavorables) sauf chez un malade scrofuleux qui garde une fistule après trois mois. ;
Plus tard, en août 1899, au Congrès britannique de Portsmouth, Rôpke présente une statistique de 25 malades traités dont 13 pour sinusite unilatérale, et 12 pour sinusite bilatérale’; tous avec guérison et 2 avec une déformation considérable.
Moure expose le procédé de Ogston-Luc qu'il recommande, il supprime le drain de bonne heure (5° 6° jour), ne fait pas d’injections (depuis, Moure a même supprimé complètement le drain dans cette ‘opération). En présence de lésions bilatérales, il emploie un Luc avec l’incision en y, de Mayo-Collier. « J'avoue même que, sauf exception, je recommanderai deux incisions sourcilières séparées. »
Le mème auteur rapporte deux cas de sinusite frontale double opérées par la méthode de Luc: nous les résumons. L'un s’est terminé par la mort, l’autre par un phlegmon de l’orbite qui guérit.
Moure, malgré ce mauvais résultat, estime que la
méthode n’est cependant pas mauvaise, car il faut tenir compte de l’ancienneté de la sinusite et de la nature de ses parois, surtout du terrain sur lequel on opère. Îlen conclut que la méthode Ogston-Luc constitue le procédé de choix dans la généralité des cas, à condition de faire un curettage soigneux de toute la cavité frontale infectée,et surtout d'établir une communication naso-frontale en curetant soigneusement les cellules ethmoïdales antérieures et moyennes atteintes de dégénérescence. Si la sinusite est compliquée ou si la premièreintervention n’a pas donné de résultat, alors seulement on est en droit de faire le Kuhnt ou le Killian.
Le 2 mai 1898, Luc, à la Société française d’otologie, présente une statistique de 20 cas d'empyème chronique du sinus maxillaire, dont 9 sont compliqués de sinusite frontale suppurée du même côté ; bilatérales dans deux cas. Dans deux de ces observations, Luc a enlevé la table antérieure des deux sinus sur une surface dépassant celle d’une pièce de 5 fancs et a fermé entièrement la plaie après avoir établi le drainage fronto-nasal par un drain à cheval sur sa partie moyenne (creusée d'une ouverture latérale) sur le moignon de la cloison intersinusienne et ressortant inférieurement par chaque narine.
Cauzard conseille le procédé suivant en cas de sinusite frontale double : on ajoute au procédé ordinaire (celui de Luc) les modifications que voici :
1° Après deux incisions sourcilières, faites pour la
trépanation exploratrice ;
2 Réunion de deux incisions en une incision horizonlale ;
3° Si les sinus sont de grandes dimensions, incision verticale médiane, de manière à former un Où une +; 4 Destruction du septum, effondrement de toute la partie nasale du plancher du sinus ;
5° Placement d’un drain en V renversé à cheval sur la partie supérieure de la cloison du nez, après avoir pratiqué une large fenêtre sur le sommet du drain ;
6° Même procédé de sutures.Mêmes soins consécutifs. Les résultats obtenus par ce procédé, c’est-àdire son pouvoir curatif, sont encore très discutés. Lubet--Barbon, Moure, Furet et Molinié en France le préconisent, ils ont eu très peu de récidives. Lermoyez est très pessimiste et à l’heure actuelle, fait toujours la résection de la paroi antérieure sans drainage fronto-nasal. Lombard a la même manière de faire.
. Lewis-Coffin (1) présente deux malades opérés de sinusite frontale double. L’incision, qui lui est propre, est la suivante : commençant à l’extrémitéexterne du sourcil droit, elle en suit le bord inférieur; de l'extrémité interne de ce sourcil elle descend jusqu’au niveau de la commissure interne des pau-
pières de l’œil droit en formant une courbe à conca-
1. Séance de l'Académie de New-York, sect. de laryngol., mars 1904.
Martin
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vité externe, et, de là, est conduite sur le dos du
nez ‘où elle rejoint l'extrémité d’une incision symétrique de l’autre côté. Grâce à cette incision, on peut facilement relever toutes les parties molles du front.
Gradenigo (1) en cas de sinusite bilatérale évite
l'incision unique passant sur le milieu du front : il
préfère pratiquer l’opération typique à droite, puis
à gauche dans la mème séance. fs 3° OUVERTURES BILATÉRALES AVEC ORÎFICES SECON- DAIRES SUR LES PAROIS EXTERNES DES FOSSES NASALES. — Taptas, au Congrès de médecine de Paris (1900), décrit un procédé un peu distinet du procédé de Luce. Il fait deux incisions sourcilières quise rejoignent sur la racine du nez. Après trépanation de la paroi antérieure vers la ligne médiane, il prolonge la brèche en bas, réséquant le bord inférieur de l’orifice,une partie de la branche montante du maxillaire supérieur et une partie du bord externe de l'os nasal, de manière à former une fente perpendiculairement allongée qui
permettra de netloyer le sinus frontal et les cellules
ethmoïdales. En enlevant le rebord frontal, on a.
ainsi une large communication fronto-nasale. Dans un article des Archives de laryngologie (n° 3, 1906) il applique, pour les sinusites frontales doubles, son procédé qui consiste en une incision commençant à l'extrémité externe du sourcil et finissant perpendi-
cukairement à l'extrémité inférieure de los nasal, au