‹ Traitement des Staphylococcies Mineures par la Méthode Iodo-SulfamidienneChapitre 11 sur 26 · MODE D'ACTION ET CONDUITE DU TRAITEMENT · texte numérisé non relu

MODE D'ACTION ET CONDUITE DU TRAITEMENT

Nos observations ont été relevées soit en milieu hospitalier, soit sur une collectivité médicalement surveillée et suivie de très près, soit, pour quelques cas, en clientèle civile. Elles concernent des malades âgés de 7 à 7/4 ans ; elles nous permettent de préciser les modalités d’application et la posologie en une matière où, trop souvent, les observations précises et suivies sont difficiles à obtenir du fait de la négligence et de Pinattention des malades.

La base du traitement est la suivante : « Certaines

. manifestations pathologiques de la staphylococcie, de

la tuberculose ganglionnaire et cutanée, de même que les gommes sporotrichosiques sont justiciables du traitement iodé ; du point de vue histologique, ces différentes. réactions sont superposables, elles sont toutes, à des degrés divers, les lésions nodulaires, le centre du nodule est dépourvu de vaisseaux sanguins, la périphérie est vascularisée par de petits capillaires qui sont oblitérés ou épaissis. Le pourtour du nodule est entouré d’une zone ligneuse de réaction iñflammatoire chronique, malgré cet isolement du reste de l’organisme, la médication iodée permet très souvent de faire fondre - les formations nodulaires infestées par les microbes, on. peut utiliser cette propriété de l’iode en l’associant aux sulfamides, pour atteindre le staphylocoque au sein mé-

me de son foyer nécrosé. Le traitement consiste donc dans l'administration simultanée, et à fortes doses, d’une solution iodo-peptonée et de sulfamides ». à L’iode a été donnée sous forme de piles contenant 0,22 gr. d’iodo-protide sec, correspondant à 0,10 gr. d’iode métallique, la sulfamide HQE : de le tout per os. :

La nine a été dominée par la nécessité de maintenir un taux bactériostatique suffisant, et pour cela, s’inspire des 4 règles suivantes :

a) Fortes doses d'emblée : pour ne pas créer d’accoutumance au médicament.

b) Dose quotidienne suffisante.

c) Fractionnement des doses : en raison de la vitesse d'élimination, d’où l'intérêt des doses répétées tout au long de la journée. |

d) Traitement court et d’une it ace avec, dans les cas graves, instauration d’une cure de consolidation, après un repos de quelques jours.

Le schéma général du traitement était, pour les cas les plus courants, de 12 jours en 3 échelons. 4 types de traitement ont été employés plus particulièrement.

1, 2, æ jours : 6 à 8 Iodo-protide one 1 : à 6 . grammes de 1162-F,

4,59, 6, 7 jours : 3 à 4 Iodo-protide (pilules); 3 grammes de 1162-F.

&, 9%, 10, 11°, 12° jours : 2 Iodo-protide (pilules); 2 grammes de 1162-F:. Le

Dans le premier type, on donnait : : 4 grammes d'iode, 40 grammes de 1162-F.

Dans le second type, on donnait : 5 grammes dite 40 grammes de 1162-F,

Dans le troisième type, on donnait : 5 grammes d’iode, 34 grammes de 1162-F. | PRE

Dans le quatrième type, on donnait : 4,5 grammes d’iode, 34 grammes de 1162-F.

. Les prises sont réparties dans la journée (sommeil respecté). L’iodoprotide est absorbé soit en même temps, soit une heure-avant la dose de 1162-F, Les cas les plus récents ont été traités avec des comprimés mixtes (1) associant le 1162-F à une dose double de celle de l’iodo-

-protide.

On prescrit le repos à la chambre pendant les 3 pre- “ miers jours, Correspondant aux doses fortes ; régime alcalinisant, riche en légumes, eaux minérales alcalines ou bicarbonate de soude per os (1 gr. pour 0,50 gr. de 1162-F). Eviter les aliments riches en soufre ; champignons, œufs, viande, chou.

Assurer une hydratation suffisante, sans tomber dans lPexcès qui risque d’abaisser la sulfamidémie et d’entraîner une élimination trop rapide du médicament. La diurèse à obtenir doit être de 1 litre 500 en moyenne.

- Tenir compte des incompatibilités médicamenteuses. Si l’état général est touché, recourir à: l’opothérapie hépatique ou à la vitaminothérapie C qui jouent un rôle certain dans la prévention des accidents toxiques.

(1) Iodo septolix (Théraplix) 0,40 gr, en 1162-F ; 0,22 gr. en iodo-protide sec.

Lanta

nr

| Observation Ne Te

C... Robert, agent civil chef de 2° classe, arrimeur, 30 ans. | Date d’entrée à l’hôpital le 17 décembre 19417.

Depuis 1930, à la suite d’un séjour en Syrie, aurait de fréquentes atteintes de furonculose. Il'y à trois semaines à la suite d’un furoncle de la nuque, apparition d’une réaction ganglionnaire susclaviculaire droite, : ,

A l'heure actuelle les furoncles sont guéris, mais tout le creux sous-claviculaire est occupé par une tuméfaction rouge, dure, douloureuse. La partie centrale est œdématiée ,.et un abcès paraît déjà presque formé, Température entre 37°8 et 38°8. = Formule sanguine de suppuration, 88 polynucléaires, 8.800 globules blancs, glycémie normale,

Devant l'allure sérieuse de l'affection staphylococcique on associe aux traitements locaux le traitement iodo-protide et 1162-F.

Soit du 1° au 4° jour, 8 cm® d’iodo-protide en solution et 8 grammes de 1162-F.

Du 5° au 7° jour, 6 cm? d’iodo-protide en solution et 6 gram-

- mes de 1162-F.

Du 8° au 10° jour, 4 cm® d’iodo-protide en solution et 2 grammes de 1162-F.

On observe une régression rapide des phénomènes inflammatoires. Même la petite Zone centrale ramollie, qu’on croyait devoir au moins fonctionner au bistouri disparaît,

Le 29 décembre, le æhiffre des polynucléaires neutrophiles est tombé à 54, celui des leucocytes à 9.440. Le malade sort guéri le 31 décembre.

NOTA. — Le malade à remarqué qu’un adénofibrome du mamelon gauche existant depuis 1934 au moins a beaucoup diminué én cours de traitement,

Très brillant résultat,

Observation N° 2.

- M, Capitaine de vaisseau, 53 ans. :

Anthrax de la nuque incisé le 30 juillet 1042. Mise en œuvre du traitement par iodo-protide tyrosine (128! comprimés) en 16 jours. Pas d'amélioration par le traitement dans les 24 premières heures, Nouvelle incision. Chute de la température le 3 août seulement au 6° jour. Le 5 août, amélioration nette,

Echec.

Observation N°3.

P... Robert, matelot mécanicien, «-Impétueuse », 20 ans. Entre le 31 juillet 1942 pour anthrax de la nuque, Début il y a trois semaines par furonculose, depuis cinq jours localisation au niveau de la nuque, = Institution du traitement le 1° août 1942.

ler

1° au 4° jour : 6 pilules iodo-protide, 8 grammes de 1162-F.

5° au 7° jour : 4 pilules iodo-protide, 6 grammes de 1162-F. 8° au 10° jour : 2 pilules iodo-protide, 2 grammes de 1162-F.

Dès le premier jour, le malade accuse une nette amélioration, en particulier en ce qui concerne les mouvements, disparition de l’attitude voûtée, nette atténuation des douleurs. Dans la nuit du 1° au 2 août, diminution. notable du volume de l’anthrax, qui ne se présente plus que comme une légère surélévation. :

Le 7 août, disparition totale de f’anthrax, plus de suppuration. Exeat le 11 août au 12° jour après guérison complète, comblement de la région atteinte, La formule sanguine est normale, Le malade

Che ie

a absorbé 4 gr. 20 d’iode métallique et 56 grammes de 1162-F. Aucun incident à signaler. .

Très bon résultat.

Observation N° 4.

M. D... Médecin en chef, 41 ans.

Gros anthrax de la nuque. Mise en œuvre du traitement le 3 août 1942... |

1° jour : 3 pilules [.P., 4 grammes de 1162-F,

2° au 4° jour : 6-pilules I.P., 8 grammes de 1162-F.

5° jour : 4 pilules I.P., 6 grammes de 1162-F,

Soit 2 gr. 50 d’iode métallique et 34 gr. de 1162-F.

Dès le 5 août (2° jour) très bel état local, bourbillon en voie d'élimination, Evolution nette vers la guérison dès le 4° jour. Traitement interrompu au 5° jour par excès d’optimisme, À fait une -toute petite poussée furonculeuse vite apaisée vers le 12° jour.

Très bon résultat.

M. F.., Médecin de 1° classe, 30 ans.

En 1937, staphylococcémie traînante, aucune hémoculture ne fut faite, — Depuis un mois (24 août 1942) à présenté trois panañis, les deux premiers à forme torpide avoftant sans collection suppurée nette. Institution du traitement le 24 août 1942 de type ambulatoire Jéger, 4 jours à 3 pilules d’iodo-protide et 2 gr. de 1162-F du 5° au 15° jour, 2 de chaque.

Le 2 septembre, le dernier panaris a été rapidement guéri ; pas

d’autres manifestations.

PO

Le malade accuse des sensations de fatigue, asthénie, difficulté d’assurer son service, même pour des doses de 2 gr. de 1162-F,

Revu le 2 octobre. Excellent état général, aucune autre détermination staphylococcique depuis lors. Le malade à absorbé 3 gr. 40 d’iode métallique et 30 gr. de 1162-F,

Revu le 12 décembre 1942. Plus aucune manifestation staphylococcique. $ “

Excellent résultat,

Observation N° 6.

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