RESULTATS
Nous classons les résultats en très bons ou excellents et en bons ou satisfaisants, nous basant sur la durée moyenne de l'affection. Nos recherches sur les différents cas: de staphylococcies mineures observées à Sainte-Anne ces cinq dernières années, avant l'introduction de la thérapeutique iodo- sulfamidienne, nous ont permis de constater que la guérison était obtenue en moyenne dans les délais suivants
37 % des cas en 12 jours.
22 %, des cas en 15 jours.
13 % des cas en 20 jours:
28 %, des cas en plus de 25 jours.
En ce qui concerne nos observations
81,5 % des cas en 12 OS 8,5 %, des cas en 15 jours.
-8 % des cas en 20 jours.
1 % des cas en plus de 25 jours.
Incontestables progrès sur les traitements antérieurs, puisque nous si dans 90 % des cas, la guérison en 15 jours contre 59 % par les autres procédés. Cette efficacité apparait mieux encore, quand on voit qu'il n’y a plus d'évolution traînante, une seule fois, le 25: jour a été dépassé, encore le résultat aurait-il pu être considéré comme acquis alors, au contraire 28 % des cas dépassaient auparavant cette date. D’une façon gé-
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nérale, 12 à 15 jours semblent suffisants pour obtenir une guérison définitive, jusqu’à présent nous n’avons observé aucune récidive et pourtant ‘certains de nos malades présentaient des staphylococcies cutanées évoluant parfois depuis 10 à 15 ans, avec manifestations répétées témoignant d’une. sensibilité profonde et Flan rable au staphylocoque.
Les différences dans la aute d'évolution doivent être mises au compte des hésitations éprouvées au début de l'application de la méthode, tâtonnefnents in-
dispensables à une heure où l’on ne pouvait prévoir le
comportement de l’organisme vis-à-vis du traitement iodo-sulfamidien. :
Les résultats les plus brillants sont observés dans les
cas où l’on a frappé vite, fort et d’une manière conti-.
nue, à ce titre le traitement 2 apparaît le plus efficace, associant à de fortes doses de 1162-F (50 gr.) des quantités suffisantes d’iode (au moins 5 gr.). Or, ces quantités d’iode nous apparaissent insuffisantes maintenant que l’on tend à atteindre quotidiennement 1,50 à 3 gr. (Pervès et Pirot) et jusqu’à 3 et 6 gr. (Legroux).
La guérison a paru toujours plus rapide en donnant séparément l’iodo-protide et le 1162-F, qu’en utilisant des comprimés mixtes d’iodo-septoplix. Si cette forme d’iodo-septoplix est acceptable et très pratique pour les furonculoses banales, les pyodermites courantes, nous donnons la préférence en tous cas d’ authrax sévère. et d’anthrax de la face, à l'administration des deux médicaments séparés. Le traitement type pour un-anthrax peut se shématiser ainsi chez l'adulte :
Par jour : du 1” au 3 jour inclus : 1,50 gr. d’iode et 8 gr. 1162-F.
Du 4 au 7° jour inclus : 1 gr. d’iode et 4 gr. 1162-F.
Du 8 au 12° jour inclus : 0,50 gr. d’iode et 2 gr. 1162-F., à
Au total pour 12 jours inclus : 11 gr. d’iode et 50 gr. 1162-F. ;
On se souviendra qu’il est des cas dans lesquels on est autorisé à frapper très fort d'emblée : il n’y a pas à redouter, en milieu hospitalier, de commencer avec des doses de 2 gr. d’iode et de 10 gr de 1162-F par 24 heures, au moins pendant 4 à 5 jours.
- Au cours de l’évolution nous pouvons remarquer la rarété sinon l'absence de toute intervention chirurgicale, traitement systématiquement employé jusqu’alors à l’hôpital maritime Sainte-Anne avant l’application de la -méthode iodo-sulfamidienne. Sans insister sur les inconvénients de la chirurgie; au cours du traitement iodosulfamidé qui ne crée pas de délabrement, nous remarquons .que la réparation se fait rapidement, on n’observe plus les cicatrices disgracieuses dues aux larges incisions ; les risques d’infection secondaire sont diminués par suite de la rareté des pansements.
La chirurgie ne vise que la lésion à résoudre, elle est inopérante sur lé germe qui peut avoir éssaimé dans l’organisme, elle est inäpplicable dans les cas d'anthrax de la lèvre supérieure, tandis que l’iodosulfamidothérapie, médication interne, s’attaque directement au germe, dont elle empêche la pullulation par suite de l’afflux sanguin local, elle permet la mise en jeu active des processus de défense de l’organisme qui réalisent rapidement la stérilisation du foyer microbien. Cette action directe a été observée dans le cas de M. P..., N° 14, en 48 heures, le très gros abcès furonculeux du sillon naso-génien est circonscrit, on extirpe à la
pince un gros bourbillon dont l’ensemencement mon-
trera la stérilité. Est-ce à dire que l’on doive renoncer à la chirurgie ? Nous pensons qu’il faut y recourir pour vider les grosses collections suppurées, inciser les furoncles à maturité : de tels gestes soulageant immédia-
tement te malade, et Hétant. 1e guérison mais ces ne cations sont très limitées. Chaque fois que Von aur: choisir entre les 2 modes ‘de: traitement, nous conseil | Jons, dans tous lés cas, la méthode iodo-sulfamidienne = parce que plus ‘efficace et ne. présentant que très peu de risques. À ce jour nous n ‘avons observé aucune récidive sur une clientèle qui a, à la fois confiance dans l'hôpital et toutes facilités ne s'y faire admettre, parfois trop souvent. Je : ee Localement, les poussées inflammatoires qui semis 2 blaient devoir aboutir à la suppuration sont jugulées. É Dans les cas très bons, on voit Panthrax se vider très rapidement (ce phénomène s ’est produit plus d'une fois # et en quelques heures) laissant un cratère amicrobien au niveau duquel les processus de réparation vont agir. RESTE ‘dans des délais très raccourcis. Chose remarquable, les 2 tissus reprennent au fur et à mesure leur souplesse pri- PTE mitive, la peau revêt son aspect antérieur, la cicatrice petite ne laissant jamais de chéloïdes. En ce qui con- : cerne les furoncles, ils avortent ou se vident rapide- = ment sans rétour offensif. Les hydrosadénites ont une évolution un peu plus prolongée nécessitant parfois l’incision a minima qui amène une disparition des phénomènes locaux en 48 heures et une rapide guérison. Les pyodermites réagissent remarquablement au traifement ainsi que le prouvent nos observations. Les abcès du sein, manifestations glandulaires superficielles du staphylocoque se sont montrés plus résistants à la thérapeutique, néanmoins 1és résultats ont été satisfai- — sants et nous ont encouragé à persévérer dans cette voie + ss mais en augmentant les quantités d’iode ; un cas récemment traité s’est montré particulièrement sensible à …. cette nouvelle posologie. :
Cette médication s'adressant souvent à des malades truffés de cicatrices d’incisions a été particulièrement
| évolution net de I faut noter l'amélioration subjective se manifesant souvent dès les 24 premières heures, la plupart du temps en 48, ne tardant jamais au-delà A 5e jour ; elle est caractérisée par une impression de détente au ni- | veau des foyers, et une amélioration très nette des phénomènes généraux. Tel malade, entré avec une attitude .soudée, est revu le lendemain, avec intégrité de tous les mouvements. de la région atteinte. L’ioduré de sodium, entrant dans la composition de l’iodo-protide, joue un rôle analgésique très vraisemblable, on connaît en effet — action sédative de ce produit et son utilisation possible comme succédané des antialgiques couramment emn- .ployés. Du point de vue général, la médication iodosulfamidienne est remarquablement bien supportée, les nombreuses formules sanguines systématiquement pratiquées chez tous nos malades n’ont jamais montré de 4Z perturbations hématologiques importantes : on note une diminution légère des hématies, laquelle peut tout aussi bien être expliquée par l'importance de l’affection, la polynucléose disparaît après la cessation des phénomènes inflammatoires, nous n’avons jamais noté d’éosinophilies qui auraient pu être révélatrices d’une intoxication par les iodures. Les taux de sulfadémie ont toujours été satisfaisants ainsi que les éliminations urinaïres en harmonie avec les doses ingérées. De même Vélimination iodée a été bonne (200 mmgrs 0/00), pour une diurèse normale dans tous les cas.
Pas d'accidents observés, quelques incidents : un . état de cyanose transitoire avec obnubilation sans modification appréciable de la formule sanguine, le tout évoluant avec une bonne élimination sulfamidée (300 mmgrs 0/00). Deux cas d’iodisme léger en fin de traitement n’ayant nullement empêché la guérison. Chez
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un vieillard de 74 ans, indocile, qui a continué à mener une vie active, nous avons noté de l'intolérance, le traitement momentanément interrompu a pu être DES et mené dès lors à bonne fin. |
Les différents travaux parus à ce jour sur la question sont unanimes à reconnaître et vanter -les hautes qualités du traitement qui doit devenir la thérapeutique de choix des staphylococcies. Chez nous, marins, directement intéressés à tout ce qui touche aux suppurations à staphylocoques, il s’est imposé par son efficacité, et aujourd’hui l’iodosulfamidothérapie est systématiquement employée à l’hôpital maritime Sainte- Anne en pareil cas, avec des résultats nettement supérieurs à ceux de ces dernières années. En raison de son application facile, de son coefficient thérapeutique très élevé, il peut être couramment employé dans les infirmeries de la Marine. 4