‹ Traitement des Staphylococcies Mineures par la Méthode Iodo-SulfamidienneChapitre 7 sur 26 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Nous nous proposons, dans ce travail, d'apporter une contribution à l'étude d’une méthode nouvelle de traitement des affections à staphylocoques, méthode . qui associe les propriétés de l’iode comme fondant et résolutif des manifestations nodulaires, aux propriétés bactériostatiques de la sulfamide.

Cette thérapeutique est d'application récente : la première publication sur le sujet, par MM. Legroux et Lenormant, remonte seulement au 7 mai 1941. Le principe en a été posé par M. R. Legroux, frappé par le fait que, si, in vitro, le 1162-F empêche le développement du staphylocoque, il ne possède par contre. aucune propriété antiseptique in vivo. Il estime que les lésions staphylococciques ont pour caractère d’être des lésions nodulaires, mal vascularisées ; ainsi s’expliquerait l'échec de la sulfamidothéräpie, le produit actif circulant dans le sang n'étant pas amené à doses suffisantes au contact des foyers où végéte le microbe. Or, la thérapeutique iodée est réputée faire fondre les formations nodulaires ; elle les remante, les revascularise dans une certaine mesure : elle permet la pénétration des néocapillaires dans des tissus en voie de modification continuelle ; d’où l'idée d’adjoindre l’iode, comme modifi-

cateur local du Pratt à. lachon de Ta sulfamide, de Re façon à amener celle-ci, par voie sanguine, à une À centration suffisante au niveau du foyer infecté. Mais

il restait à mettre au point un dérivé iodé, stable, bien

assimilé par l'organisme, ne provoquant pas d'intolérance (iodisme), et suffisamment actif. L'iodo-protide * de M. Legroux répond à ces exigences. Ainsi est née la thérapeutique iodo-sulfamidienne, qui, selon l'expression de Truffert « représente un énorme progrès, et ajoute encore au rôle prépondérant de l’école médicale française du vingtième siècle dans la lutte contre les infections ». ï Vo ue.

Une telle découverte ne pouvait laisser: indifférent le milieu médical maritime parce que les déterminations staphylococciques sont très fréquentes chez les marins et spécialement graves. Aussi MM. les Médecins en Chef Pervès et Pirot, collaborant avec MM. Legroux et Lenor- mant, essayèrent-ils très rapidement les nouveaux pro-

duits, tant au Laboratoire de bactériologie que dans les …

Services chirurgicaux de rHcole d'Application du Service de Santé de la Marine à Toulon. Après un an d'expérimentation, ils ont tiré des résultats obtenus les conclusions les plus favorables qui ont fait l'objet de communications à l'Académie de Chirurgie les 7 et 14 avril

En ce qui nous concerne, nous sommes en mesure, grâce à eux, de présenter les. faits observés dans les déterminations mineures dues au staphylocoque (furoncles, abcès, anthrax, hydrosadénites). Nous exposons la méthode utilisée : d'une part un produit iodo-peptoné sec, en pilules, connu sous le nom d’iodo-protide, et, d'autre part, comme sulfamide, le 1162-F, les deux produits administrés per os. Nous n’envisageons pas ici les essais entrepris pas d’autres cliniciens de l'Hôpital Maritime, donnant l’iode soit en injections (naiodine intra-veineuse

pe) VEUX

par de), soit ie os sous forme de solution de Lugol. -

Les résultats, très brillants dans l’ensemble, que nous apportons à propos des observations, valent par euxmêmes plus que par les commentaires dont on les alourdirait. Nous nous efforcerons de situer la méthode iodosulfamidienne à la place qu'elle doit occuper dans la lutte contre le staphylocoque : elle nous apparaît comme destinée à supplanter les autres modes de traitement qui ne joueront plus que le rôle de thérapeutique de complément.

Pour permettre une comparaison utile, il nous faudra donc, en un bref apercu, rappeler les. méthodes employées classiquement contre le staphylocoque, avant l'introduction de la thérapeutique sulfamidienne:.

Nous essaierons enfin de fixer une ligne de conduite du traitement nouveau tenant compte, à chaque pas, du rôle prépondérant du terrain, pour déterminer les doses, leur espacement, etc. Nous résumerons finalement les grands traits qui se dégagent des cas observés.

Si nous avons pu atteindre le but poursuivi, nous le cevont à MM. le Médecins en Chef J. Pervès et R. Ptrot, qui nous ont aidé de leurs conseils éclairés, auprès de qui nous avons trouvé une sollicitude et une compréhension de tous les instants : qu’il nous soit permis de les remercier ici.

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