HISTORIQUE
Les premiers travaux de MM. Legroux et Lenormant, présentés à l’Académie de Chirurgie, datent de Mai 1941 ; ils concernaient deux anthrax (dont un chez un sujet glycosurique), traité par une solution iodo-iodurée associée à la chimiothérapie sulfamidienne.
- En juillet 1942, MM. Lenormant et Calvet rapportent des résultats obtenus dans huit cas d’ostéomyélite.
En décembre 1942, MM. Mondon, Pirot, André et Blein publient deux cas de guérison brillante dans des cas de septico-pyhoémie à nn. pAchebNere ment graves.
:.n mars 1943, M. Truffert rapporte à l’Académie de Chirurgie un cas de septicémie à point de départ narinaire droit, avéc complications phlébitiques faciale, orbitaire et sinusale, guéri par la sulfamidothérapie 10dée, résultat d’autant plus marquant que, dans une statistique récente, Zoltan de Bucarest ne signale, en 1939, qu’une seule guérison dans des cas analogues (cas de Barany).
Le 7 avril 1943, M. Legroux expose, à la tribune de PAcadémie de Chirurgie les bases de la méthode iodosulfamidienne, et dit les espoirs qu’elle autorise dans le traitement des staphylococcies.
A la même séance, MM. J. Pervès et R. Pirot présentent des résultats obtenus à l'Hôpital Maritime de Sainte-
Anne dans le traitement des affections graves à staphylocoques, par la méthode de Legroux : 4 septicémies à localisations multiples, à des stades différents ; une septicémie à localisation périnéphrétique ; une septicémie grave avec ostéomyélite ; 3 ostéomyélites aiguës dont deux chez l'enfant. Dans sa thèse inaugurale, notre camarade Louis Polier apporte des précisions intéressantes dans la comparaison des différents modes de traitement des septicémies à staphylocoques.
Nous mêmes, avec MM. Pervès et Pirot avons pu rapporter à l’Académie de Chirurgie (séance du 14’avril 1943) les prémiers résultats du traitement iodo-sulfamidien dans les déterminations mineures du staphylocéque, comprenant’notamment 6 hydrosadénités, 6 anthrax, 3 abcès du sein, 1 phlegmon ligneux, 13 furonculoses à répétition et maniféstations eee 1 abcès furonculeux: |
A cette même séance, MM. Huet et Hugier fotritesent leurs résultats dans les staphylococcies locales soumises au traitement par iode'et sulfamide.
GENERALITES
Nous comprendrons sous le nom de « déterminations mineures » staphylococciques, les’ manifestations cutanées ou sous-cutanées, ou glandulaires superficielles des staphylocoques, manifestations banales mais parfois fort graves : furoncles, abcès, phlegmons, hydrosadénites, pyodermites, abcès du sein. :
Ces staphylococcies sont souvent d'apparence primitivement bénignes, et, à ce titre, souvent négligées. C’est à cette négligence et à l’inattention des malades à suivre un traitement qui leur apparaît hors de proportions avec l'intensité de leur affection, que sont dues la plupart des complications.
Certaines de ces complications ‘sont aiguës :
Septicémies avec une mortalité de 80 à 90 % Phlébites des sinus veineux du crâne au cours des furoncles de la face ;
Manifestations métastatiques : ostéomyélites, exanthèmes pustuleux purulents :
Lésions viscérales métastatiques : Phlegmon périnéphrétique, Abcès corticaux rénaux, Abcès du rein, Anthrax du rein, Phlegmons prostatiques, etc…., etc...
D’autres complications affectent un type chronique.
Les staphylococcies se caractérisent par leur ténacité, leur mise en sommeil pendant un laps de temps plus ou moins long (pour réapparaître ensuite sous telle ou
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‘ telle forme). Ce caractère d’insidiosité et de réveils suc- . cessifs dans le temps est la marque la plus redoutable : des manifestations staphylococciques quelles qu’elles soient. Nous avons relevé dans les archives de l'Hôpital Maritime de Sainte-Anne le cas d’un ouvrier aux Constructions Navales, hospitalisé depuis 1937 à dix reprises successives pour diverses déterminations staphylococciques mineures (pyodermites, furoncles multiples, 4 anthrax, 3 hydrosadénites, etc). Ce cas rebelle témoigne, selon nous, d’une immunité très relative, s’établissant mal, à la limite de la « zone efficace », maïs certaine toutefois, puisqu'elle ne permet pas l’établissement de localisations profondes, mais qu’elle tolère, en quelque sorte, une septico-pyohémie larvée, traînante, compatible avec des mois et des années de bonne santé apparente. Voici un sujet qui totalise lens 243 jours d'hôpital en 5 ans, sans tenir compte des convalescences accordées. Nous n’avons pas eu l’occasion de le soigner à sa dernière hospitalisation en janvier 1943 ; nul doute qu'à son prochain passage à l’hôpital nous puissions juger sur ce cas difficile, l’efficacité du traitement iodosulfamidien. Voici, en même temps, un exemple net du retentissement que peuvent avoir de -telles affections en milieux militaires ou industriels, par É fréquentes indisponibilités occasionnées.
ETIOLOGIE DES STAPHYLOCOCCIES,
___ On sait la fréquence des staphylococcies dans notre milieu (150 cas traités en 1939 sur 1.500 entrants dans le service de petite chirurgie), avec leurs complications viscérotropes ou ostéoarticulaires. Dans la marine plus encore que dans l’industrie, il importe de tenir compte des nombreux facteurs favorisants ; malpropreté entretenue par l’ambiance (machines, graisses, humidité, température élevée), le rôle du gas-oil dans la genèse des infections staphylococciques semble de premier plan. (travaux inédits du laboratoire de la Marine à Toulon).
- La fréquence des staphylococcies a été signalée de tout temps par les médecins coloniaux, en particulier par P. Huard et Meyer-May. Ces auteurs montrent que, dans les cas observés par eux en # ans en Indochine, l'infection sévit non seulement chez les asiatiques mais aussi chez les Européens. En dehors du diabète, ils font jouer un rôle important :
1°) A l’hyperglycémie. Chez l'Indochinois, le taux de glycémie serait de 1 gr. 20 par litre, ce qui suffirait à - expliquer la fréquence-des cas. Déjà en 1916, Highmann, Scharwtz, et Makorken, sur 60 cas de sycosis, furonculose ou acné, trouvaient 26 fois une hyperglycémie. Rathery, Froment firent de ces états d’hyperglycémie sans : glycosurie des états prédiabétiques. Binet et Nepveux
étudient, en 1929, lé rôle de l'hypergiycémie dans 2 furonculoses récidivantes.
20) A l'avitaminose. Ce sont les travaux de Yoshio- Osawa, au Japon, sur la polymyosite purulente aigué qui ont attiré l'attention sur ce dernier fait. L’injection -dans l'oreille du lapin, d’une culture plus ou moins diluée de staphylocoque doré, donne naissance à la formation de petits abcès musculaires très nombreux pour une dilution faible chez l’animal privé de vitamine B, alors qu’on ne le constate pas, même avec une suspension. plus riche en germes chez les témoins. L’extrême fréquence des furoncies de la face en Indochine ne:seraient peut-être qu’une myosite des muscles plats-souscutanés, en relation avec l’avitaminose..
Nous regrettons de n’avoir eu l’occasion d’appliquer le traitement iodo-sulfamidien aux régions tropicales, où l’on pourrait logiquement attendre de brillants suc-1
s : le fait est patent que les indigènes ont des réactions locales et générales vis-à-vis du staphylocoque, moins intenses que les Européens, et qu’ils guérissent plus rapidement.
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