‹ Traitement des Suppurations Cérébro-Méningées Post-Traumatiques par les Corps SulfamidésChapitre 7 sur 21 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'introduction, dans la pharmacologie, des corps sulfamidés, a modifié du tout au “ le pronostic de la plupart des maladies mierobiennes. Certes, les dérivés successivement vantés à la suite des travaux de Domagk ne- constituent pas une panacée universelle. Leur efficacité plus ou moins grande tient :

a) aux germes en cause : le pneumocoque, le gonocoque, le méninsocoque, le streptocoque étant plus sensibles que le staphylocoque. Certains bacilles, comme le colibacille, sont heureusement influencés ; l’Eberth et les paratyphiques ne le sont pas;

b) le rôle du terrain n’est pas négligeable non plus;

ce) enfin, il faut tenir compte du tissu dans lequel se développe l’infection : tissu plus ou moins favorable au développement microbien, tissu surtout, où le sulfamide pénétrera plus où moins facilement et se retrouvera à l’état libre ou combiné.

Dans le service de notre maître, le professeur Clovis Vincent, nous avons pu juger de l’action des dérivés sulfamidés (693 et 1162 K) dans les infections et suppurations cérébrales post traumatiques, notamment par projectiles de guerre. Notre maître, heureusement impressionné par les résultats obtenus, a bien voulu nous confier la mission de rapporter les plus démonstratifs. Nous l’en remercions bien sincèrement. Notre gratitude va également à notre collègue, Mile H. Aubin, qui nous a remis des observations minutieuses, antérieures à notre démobilisation.

Notre but sera, d’une part, de montrer l'efficacité de la sulfamidothérapie sur les encéphalites suppurées diffuses et son rôle protecteur vis-à-vis des méninges : ce qui à permis l’intervention chirurgicale sans courir le risque de dissémination méningée.

D'autre part, les doses employées apparaissent considérables ; nous n'avons cependant pas eu à déplorer d'accidents sérieux, ni même d'incidents ayant entraîné l'interruption ou l'arrêt définitif du iruitement. Certes, nos blessés étaient tous des sujets jeunes, inais Jà n’est pas la ae raison. Ayant parcouru une grande partie de la littérature concernant les complications de la notée sulfamidée, nous nous sommes aperçus que l1 plus grande partie des accidents graves, dont la pensée pouvait nous ie hésiter devant

une posologie élevée, sont survenus dans des conditions si spéciales : qu'il vaut mieux parler d’intolérance que d’intoxication véritable.

Enfin, nous plaçant à un point de vue purement pratique, nous estimons que, d'ordinaire, 1l n’est pas utile d’avoir recours au dosage des sulfamides dans les liquides biologiques. Mais dans les cas où cette thérapeutique paraît échouer, de telles recherches deviennent nécessaires. C’est ainsi qu’on trouvera sinon le remède, du moins l'explication d’échees d'autant plus déconcertants qu'ils contrastent

avec toute une série de succès brillants.

REP SAISTORIQUE

La chimiothérapie des maladies infectieuses n'existait pas en 19354. Certes, les expérimentateurs vantaient l’action vis-à-vis du staphylocoque et du streptocoque, de l’Optochine et d’un composé auro-soufré : lFaurodétoxine, mais les essais cliniques se montrèrent décévants.

La chimiothérapie naquit en 1935, quand Domagk, grâce aux recherches chimiques de Æôrleïn, Mietsch et Klarer, peut annoncer que la chimiothéraphie antimicrobienne voyait s'ouvrir devant elle des perspectives insoupçconnées, à la suite de la découverte d’un azoïque sulfamidé, le 4’-sulfamido-2-4-diamino-azobenzène ,(Prontosil flavum et Rubiazol, 1 manière.) Non seulement, il protège l’animal contre des doses mortelles de culture de streptocoque hémolytique, mais surtout, la même année, Schreus, Gmelin, Klée et Roemer notent son effet thérapeutique remarquable dans l’éryripèle, certains phlegmons, les infections puerpérales ; bref, dans les différents processus d’origine streptococcique,

Dès lors, les chimistes français, allemands, anglais, américains puisent à cette mine et découvrent des corps voisins dont l’activité paraît de plus en plus grande. Les cliniciens du monde entier essaient ces dérivés dans toutes les maladies infectieuses. Les résultats ne sont pas tous heureux ; on signale des accidents, les uns bénins, les autres dramatiques, mais rarissimes. À l'heure actuelle, la sulfamidothéraphie a modifié le pronostic de la plupart des infections.

RECHERCHES CHIMIQUES : l'réfouel, Nitti, Boret (1935) montrent que l'élément actif du corps découvert par Domagk est le para-amimo-

phényl-sulfamide (1162 F).

En 1936, indépendamment les uns des autres, Zuttle, Stephenson, Smidt, Dewing et Foster (en Angleterre), Fourneau, Tréfouël, Natti et Bovet (en France) découvrent les propriétés antiseptiques de la para-diamino-phényl-sulfone et de ses dérivés.

Dès lors, existent deux catégories de corps soufrés : les phénylsulfamides, les sulfones.

Parmi les sulfones, un seul médicament est employé : le di (para - acétylaminophényl - sulfone). C’est le Rodilone ou 1399 F. [1 faut aussi signaler le para-acéto-para-amino-diphényl-sulfoxide au Corps 62 de Girard.

EST Pree

Parmi les phénylsulfamides, l’élément de base est sans contredit le para-amino-phényl-sulfamide ou 1162 F, spécialisé sous une cinquantaine de noms parmi lesquels les plus connus sont : en France, Septoplix, Néo-coccyl, Lysococcine ; en Belgique : Astripsine ; en Angleterre : Sulfonamide P ; en Allemagne : Prontosil Album ;

CRE PE SE MUC ET 1 CDR en Amérique : Sulfanilamide ; en Hongrie : Deseptyl.

Ce corps est chimiquement composé par un noyau benzénique sur lequel se greffent : une fonction amine, en position para, et une fonctions sulfamide. Des modifications ont porté sur l’une ou l’autre de ces fonctions et ainsi sont nés:

a) par modification de la fonction amine (NH?) outre le Prontosil- Flarum et le Rubiazol I (sulfamido-chrysoïdine) : 1) Le Rubiazol c : carboxy - sulfamido - chrysoïdine; 2) Prontosil soluble : sulfamido - naphtalène - disulfonique ; 3) la Septazine (para - benzyl - amino - phényl sulfamide) ; 4) la Soluseptazine; 5) le R.124, dérivé de l’acide suceinique ; 6) Le Pulmorex (38 RP) dérivé méthylé sulfoxylique. b) par modifications de la fonction sulfamide (SON H°): 1) l’'Uliron (para - amino - benzène - sulfonylamino - diméthyl sulfamide : aminophényl sulfamide), DB.99. 2) l’Albucide (amino - phényl - acétyl sulfamide) ; 3) Dagénan, découvert simultanément en France et en Angle-

terre, c’est le 693 MB on Sulfamido-pyridine (aminobenzène - sulfamido - pyridine).

RECHERCHES CLINIQUES. — Les premiers résultats heureux furent obtenus :

dans les streptococcies : erysipèle, phlegmons, infections puerpérales (Schreus, Gmelin, Klée et Rœmer), 1956;

dans les pneumococcies (Colebrock, 1936).

dans les colibacilloses (Kenny, juillet 1937).

dans les gonococcies (Dees, Reuter, Durel, 1937).

dans les méningococcies (Schwenther 1937, Neal, Weill, Hallé, À. Delille, Willien, 1938). ù

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