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Traitement des trypanasomiases par les "couleurs de benzidine." Seconde partie, Étude expérimentale

Un des problèmes qui intéressent le plus l'expansion colo: niale, et de la facon la plus urgente, c’est la lutte contre les trypanosomiases. La presque totalité des trypanosomes passant par un hôte mvertébré, l'idéal consisterait évidemment à détruire celui-ci. On sait quelles difficultés présente déjà le problème quand il s’agit des Culicides, accessibles cependant durant la phase larvaire; pour les Glossines etles Tabanides, ce que l’on connaît des conditions de leur reproduction ne laisse guère espérer une réussite durant cette phase. Quant aux adultes, comment les éliminer? Certaines tsétsés s’éliminent, il est vrai, d’elles-mêmes en disparaissant avec le gros gibier africain, mais il n’est nullement démontré que pareille chose ait lieu dans le cas de la Gossina palpalis, qui transmet Île trypanosome humain. Reste donc la protection de l’homme et des animaux sensibles contre les piqüres des Insectes dangereux ; on sent tout ce qu'une telle prophylaxie offre d’ardu.

On a cherché, cela va sans dire, à rendre les animaux réfrataires, en les vaccinant, mais rien ne prouve l'efficacité du procédé de Koch-Schilling (pour les Bovidés) ; il reste tout au moins incertain et Koch l’a d’ailleurs abandonné.

Quant à la mesure radicale, par excellence, l’abatage global des sujets infectés, elle n’est de mise que dans les régions bien limitées, les îles notamment. Appliqué d’une façon précoce et sévère, on peut affirmer qu'il eût enrayé l'épidémie de Maurice, car 1l a pleimement réussi à Java.

La sérothérapie n’ayant conduit, jusqu'ici, à aucun résultat pratique, on a dû s'adresser, en fin de compte, aux composés chimiques. Les observations anciennes, concernant les propriétés médicamenteuses des arsenicaux, ont sûrement contribué à cette nouvelle orientation de la lutte contre les trypanosomes.

Supposons, pour le moment, le problème résolu, grâce à la médication chimique; il convient de nous demander (ainsi que Laveran l’a fait justement remarquer) s’il est possible d’escompter comme corollaire la disparition des trypanosomiases. Dans une certaine mesure seulement, puisque nous savons que les sujets guéris ne possèdent pas l’immunité. C’est à une cireonstance très défavorable en ce qui concerne le Nagana, dont l'agent de transmission paraît exister toute l’année; mais linconvient s’atténue beaucoup si nous envisageons les maladies convovées par les Tabanides, lesquels ne se rencontrent que durant une saison, parfois durant quelques semaines simplement (études des Sergent sur la trypanosomiase des dromadaires d'Algérie). On a donc alors tout le temps nécessaire pour détruire les parasites dans le corps des mammifères infectés. Ce faisant, on réalise non seulement la thérapeutique de lindividu atteint, mais encore la prophylaxie de toute la collectivité puisque l’on supprime, pendant une période plus ou moms longue, voire indéfinie, les parasites du sang circulant. Même pour ce qui regarde les trypanosomiases à tsétsés, on a le droit de prévoir, à la suite de l'emploi des moyens chimiques, un abaissement progressif de la morbidité, car ce traitement permettra de tarir de plus en plus le « réservoir de virus » actuellement existant. |

Ajoutons, en terminant, que la majorité des médicaments efficaces manifestent un pouvoir préventif très net; celui-ci sera utilisé avec fruit quand il s'agira de faire traverser aux animaux une zone à tsétsés, ou de les rendre réfractaires lors de la saison des taons.

La thérapeutique chimique nous paraît done appelée, tout

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misen balance, à rendre d’incontestables services dans la lutte contre les trypanosomiases.

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