‹ Traitement des tumeurs malignesChapitre 7 sur 10 · INDICATIONS DE CE MODE DE TRAITEMENT · texte numérisé non relu

INDICATIONS DE CE MODE DE TRAITEMENT

Quoiqu'il en soit du mode craction de la quinine, nous devrons nous servir quelquefois de cet agent thérapeutique. Il nous faut préciser dans quelles limites.

C'est au cancer inopérable d'abord que cette méthode pourra s'adresser. Quand nous avons l'heureuse fortune de dépister un cancer au début de son évolution, bien limité, sans retentissement gangHonnaire, ni général, qui rende une tentative d'intervention illusoire, c'est à l'opération sanglante seule qu'il faut avoir recours. L'ablation large de la néoplasie, du territoire lymphatique et ganglionnaire sous sa dépendance nous donnera seule quelque chance de succès. Il n'en est pas malheureusement toujours ainsi, le médecin n'a plus souvent pour rôle que de soulager les douleurs chez ces malades à qui la morphine seule donne quelque repos. C'est dans ces cas inopérables, dit M. Quénu, qu'on peut tenter les différents procédés palliatifs ; sérum de Wlaef, sel de quinine, etc., mais jamais

• ft» S.S,

• t> tl b >i

nous ne devons être empêchés par ces agents thérapeutiques mis à notre disposition, de saisir le moment propice d'une intervention.

M. Poirier fait observer très justement à propos du cas de Launois que la malade après un mois de traitement, était plus opérable qu'au début. « Il y a un mois, dit-il, j'aurais hésité en présence de Taspect rougeâlre des noyaux de généralisation et de l'œdème des tissus. Actuellement, j'opérerais. L'état général est meilleur, l'état local aussi; il n'a pas été perdu de temps. » Ce sera peut-être un bénéfice de la méthode d'amener ces cas inopérables à la portée du chirurgien.

Enfin, nous pouvons nous demander avec FéHzet si lorsqu'on a enlevé une tumeur cancéreuse, il ne serait pas bon et utile de faire des injections de sels de quinine pour se mettre à l'abri des récidives, msis seulement lorsque la région a été chirurgicalement bien déblayée par l'art opératoire.

Observations.

Observation I (inédite).

Recueillie dans le service de M. Tuffier)

Sarcome du plancher de la bouche.

Jeune homme de 24 ans. Il y a 3 ans, constate une petite tumeur siégeant à la partie antérieure et supérieure du cou, immédiatement au-dessous de la mâchoire. Cette tumeur d'abord mobile, volumineuse, a progressivement augmenté, faisant saillie du côté du plancher de la bouche, sans provoquer ni douleurs, ni troubles de la santé générale.

Il y a pas de ganglions.

Quand le malade consulte M. le docteur Tuffier, il est porteur d'une tumeur siégeant dans la région sus-hyoïdienne médiane, dure, indolente, adhérente au maxillaire inférieur et immobilisable, faisant saillie dans la bouche et à Textérieur.

Il n'existe pas d'ulcération ni de ganglions.

L'évolution rapide, l'adhérence de la tumeur, font penser à une tumeur maligne.

Opération pratiquée au mois de juin dernier. Ablation large de la tumeur par la voie sus-hyoïdienne.

Trois mois après la sortie du malade, récidive sur place, avec amaigrissement considérable, douleurs intolérables.

On soumet le malade depuis trois mois au traitement quoti-

dien de quinine prise à la dose de un gramme, soit en injection soit par la voie digestive.

Les douleurs ont considérablement diminué. L*état général est devenu satisfaisant. Le malade a repris des forces et de l'appétit.

Au point de vue local il n*y a pas de régression dans la matche des accidents. Mais les lésions progressent peu et ont peu de tendance à envahir.

Observation IL (Inédite).

(Recueillie dans le service de M. Tuffler).

Epithélioma utérin,

T..., blanchi8seuse.*Entréele4 mai 1901.

Antécédents héréditaires : Nuls.

Antécédents personnels : Réglée à 18 ans.

Quatre enfants à terme. Accouchements normaux.

Jamais de pertes blanches. Aucun trouble du côté de l'utérus ou des annexes.

Depuis deux ans, elle a commencé à avoir de l'avance dans ses règles, avance de 5 à 6 jours. Elles deviennent plus abondantes et durent de 10 à 13 jours au lieu de 4 à 5.

Depuis le mois de janvier dernier, la malade accuse un retard de règles de 6 jours et une perte plus abondante.

Elle souffre de douleurs localisées à gauche, s'irradiant vers la cuisse, de pesanteurs dans le bassin. Pertes blanches, puis jaune verdâtres. Depuis janvier, la malade perd Tappétit et commence à maigrir. Pollakiurie. Constipation opiniâtre dès son bas âge. En allant à la selle, elle sent quelques douleurs vagues dans la région périnéale.

A son entrée à l'hôpital : amaigrissement général très prononcé, teinte jaune.

Au toucher, le col est gros, dur et enir'ouvert, couvert de végétations dures qui font saillie dans la cavité et saignent facilement. Dans les culs-de-sac droit et gauche^ on sent des lames dures dans lesquelles le col est enclavé et immobile.

Les parois du vagin sont souple^'. Les ligaments larges sont pris dans une gangue dure.

Le 14 avril, première injection de sels de quinine, puis un9 autre le 17, une troisième le 21. La malade se plaint d'une violente migraine. Vomissements de matières verdâtres pendant 24 heures.

Le 26, 29avril, le 2 mai, on continue les injections. Lesdouleurs sont devenues moins fortes, mais demeurent continues. L'appétit est presque nul, comme à son entrée à Thôpitai. La malade devient excitable.

Nouvelles injections. L'insomnie est complète. Agitation. Douleur après la miction. Anorexie.

La malade a quitté l'hôpital ; les phénomènes s'accentuaiit, il lui est devenu impossible de se rendre à l'hôpital pour y recevoir les injections.

Pronostic fatal, à bref délai.

Observation III (Inédite).

(Recueillie dans le service de M. le docteur Guinard).

Cancer de l'œsophage,

C..., 50 ans. Entré le 23 mars. Cancer siégeant à la partie moyenne, très serré, le cathétérisme ne peut être pratiqué qu'avec une sonde filiforme. On se dispose à faire une gastrotomie quand le malade prend une bronchite. On diffère l'opération et on fait le traitement par les sels de quinine.

Dix jours après, nouveaux essais de cathétérisme, on peut passer une sonde n'' 20 de Nélaton qu'on laisse à demeure.

Depuis ce temps on alimente ce malade qui a repris du poids et dont Tétat général s'améliore. Au 15 juin, le malade a engraissé de 5kilogs depuis le passage de la sonde. Il a continué le traitement par la quinine 5 jours sur 7. Tous lès 15 jours en m'oyenne on change la sonde et on la remet très facilement.

11 semble que la lumière de l'œsophage soit plus grande car on la passe chaque fois avec plus de facilité.

Observation IV (Inédite).

(Recueillie dans le service de M. le docteur Guinard'

Récidive de cancer du sein.

R.... 46 ans. Opérée le 5 mai 1900, récidive au mois de novembre au niveau de toute la cicatrice qui s'ulcère, devient fongueuse, s'étend de l'aisselle au sternum,

Douleurs lombaires. Douleurs en ceinture. Quelques douleurs dans les jambes dénotant une généralisation probable au rachis.

Le 10 mars traitement par la quinine gv^néral et local, diminution rapide des ulcérations. Au 1^^ juin cicatrisation des plaies. Mauvais état général. La malade supporte la quinine depuis trois mois avec intervalle de deux jours sur sept.

Observation V (inédite) (Recueillie dans le service de M. le docteur Guinard).

(\xncer du rectum

M..., 53 ans, opéré le 3 janvier. On pratique un anus iliaque pour obstruction intestinale. A ce moment, le cancer était

étendu à Tampoule rectale; on pouvait toucher la masse néoplasique.

Le malade sort le 5 février et revient lel<^' mai. A ce moment le cancer est propagé à la peau et il est impossible de pratiquer le toucher rectal. On administre 1 gramme de sulfate de quinine par jour par la voie stomacale. Tous les 2 jours on lave le bout inférieur avec une solution de sulfate de quinine à 1/40, et on met sur les bourgeons de Tanus qui menacent de s'ulcérer des pansements humides au sulfate de quinine. Une huitaine de jours après, le bout inférieur est devenu perméable et le toucher peut alors être pratiqué. Le 15 juinle rectum estresté perméable, la propagation cutanée n'a pas régressé mais n'a pas augmenté.

Observation VI (Inédite) (recueillie dans le service de M. Guinard)

Cancer de la langue,

M..., 43 ans, entré le? mars 1901. La langue entière est prise avec retentissement ganglionnaire cervical, qui s'est déjà ouvert à plusieurs reprises. Application d'un pansement humide à la quinine.

Etat général lamentable. Mort le 26 avril 1901.

Observation VII (Inédite) (Recueillie dans le service de M. Guinard)

Ccncroïde de la peau du dos,

T..., 70 ans. Entré le 21 mai 1901.

Dure depuis 5 ans, au niveau de l'omoplate gauche. Ulcération d'une dimension de la paume de la main, saignant facilement, mauvais aspect.

Application du traitement par la quinine.

Le 15 juin, l'ulcération ne saigne plus, a meilleur aspect et comme une tendance à la cicatrisation.

Observation VIII (Inédite) (Recueillie dans le service de M. Guinard)

C anéroïde de la peau du dos

B..., 60 ans. Entré le 24 mai 1901 ; début il y a dix ans ; actuellement, cancroïde ayant plus de 20 cent, carrés avec aspect saignant.

On a essayé tous les modes de pansement.

On donne 1 gramme de sulfate de quinine à Tintérieur, on fait un pansement humide au sulfate de quinine. Au bout de 3 semaines, très grande amélioration, la vaste surface n^est plus saignante et la plaie présente un meilleur aspect.

Observation IX (Inédite) (Recueillie dans le service de M. Guinard)

Cancer de la vessie,

Page 1