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souvent elle est ovalaire, et le grand axe de l’ulcére est dans une direction parallèle au grand axe de la jambe. Boyer (1) explique la plus grande fréquence de la forme ovale par l’inégal tiraillement des fibres du derme sur les bords de la plaie.
Leur nombre est variable, le plus souvent le malade n’a qu’un seul ulcère plus ou moins étendu. D’autres fois on en observé trois ou même quatre, séparés par une peau de couleur bleuâtre, étant elle-même le siège d’une inflammation chronique.
L'évolution de l’ulcère comprend deux périodes bien distinctes : la première, que l’on pourrait appeler période in= flammatoire, a une durée courte, elle ne s'étend pas au-delà de huit à dix jours. À ce moment la chaleur du membre affecté est toujours plus considérable que celle du membre sain. La température prise dans le creux poplité a toujours fourni à M. Auzillon (2) une élévation de cinq dixièmes de degré, et même de un et deux degrés en faveur de la jambe malade. Dans celte première période, l’ulcère est douloureux, s'accompagne de douleurs lancinantes et desymptômes généraux. |
Au bout d’un certain temps, après huit à dix jours, dans la généralité des cas, les symptômes inflammatoires se calment, une période nouvelle commence. L’ulcère change d’aspect, du pus de bonne nature a remplacé le li= quide sanieux et ichoreux qui s’en écoulait ; sa teinte devient rosée, et son fond est tapissé de bourgeons charnus. La
(1) Boyer. Traité des maladies chirurgicales, t. II, p. 429, 1822. (2) Auzillon. Introduction à l'étude de l’ulcère simple. Paris et Montpellier, 1868.
quantité de pus sécrétée par l’ulcère en un temps donné,est variable selon les individus; chez les uns, la quantité rendue en vingt-quatre heures s’élève à peine à quelques grammes. Chez d'autres, au contraire, elle est très considérable, et les linges qui enveloppent le membre malade doivent être fréquemment renouvelés.
L'aspect de l'ulcération peut être modifié par quelques particularités secondaires, qui avaient conduit les auteurs anciens à établir autant de variétés différentes. C’est ainsi que les bords peuvent être endurcis considérablement, épaissis, formant bourrelet, et recouverts de plaques épidermiques épaisses : cette particularité caractérisait l’ulcère calleux des anciens chirurgiens.
D’autres fois, au contraire, les bords sont minces, taillés en biseau aux dépens de la table interne; il y a dans cecas décollement des bords.
En général, le centre de l’ulcère est insensible, on peut piquer avec une épingle les bourgeons charnus, les cauté— riser sans que le malade en éprouve de la douleur; on observe également une diminution notable de la sensibilité au niveau des bords de l’ulcère, et cette diminution relative s’étend dans un rayon de cinq à six centimètres.
Dans cette seconde période, M. Auzillon a trouvé, dans ses recherches, une température plus basse du côté affecté, dès que les symptômes inflammatoires avaient cessé.
Enfin on doit noter l'influence que toute maladie intercurrente, tout excès ou écart de régime exerce sur la marche de lPulcére: celui-ci dévient alors Saignant, douloureux et la marche de la cicatrisation est retardée.
Pronostic. — Dans la généralité des cas, le pronostic des ulcères variqueux n'offre pas de gravité, les malades s’accoutumant en quelque sorte à leur infirmité; des soins de propreté, consistant en lavages fréquemment répétés, des applications de compressés de toilè maintenues par un bas élastique, léur permettent de vivre de la vie commune.
Le pronostic devient plus grave si l’ulcération est très vaste et très ancienne, si elle s’est étendue considérablement en profondeur, au milieu de tissus altérés; si elle a gagné le bord antérieur et la face interne du tibia, et ya développé une ostéite par propagation ; la guérison dès lors ne S’obtiendra qu’à l’aide d’un traitement longtemps prolongé. On a cité des exemples d’ulcères très étendus, occupant tout le pourtour du membre, et ayant déterminé l'arrêt des phénomènes vitaux dans les parties situées au-dessous, la gangrène du pied, et nécessité l’amputation; mais ces faits sont excessivement rares et doivent être regardés comme tout-à-fait exceptionnels. Ce qui est fréquent, c’est de voir ces vastes ulcères résister aux traitements dirigés contre les autres ulcères variqueux moins étendus et persister indéfiniment malgré la thérapeutique la plus rationnelle, circonstance qui à elle seule suffit pour aggraver le pronostic. C’est contre ces ulcères étendus que sera dirigé avec le plus de chances de succès le traitement par les incisions libératrices ; c’est dans ces cas surtout que se montre la supériorité de ce traitement, comme nous le voyons dans les observations IT et V, où les malades porteurs d’ulcères variqueux ayant envahi à peu près tout le tour de la jambe et détruit presque un cylindre de peau, ont néanmoins
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obtenu une guérison définitive, alors qu’ils avaient été soumis inutilement aux autres modes de traitement.
Une autre circonslance peut encore aggraver le pronos tic des ulcères variqueux. Chez quelques malades, sans que la cause en soit bien connue, l’ulcère donne lieu à une hémorrhagie suffisamment abondante pour mettre en péril la vie de l'individu, ou tout au moins pour être une cause d’affaiblissement notable, surtout lorsqu’elle se renouvelle. Gendrin, dans le Journal.de médecine, tome C et tome CIT, cite de nombreuses observations qui viennent à l'appui de cette assertion.
En résumé, le pronostic des ulcères variqueux des jambes n’est point grave, et il est exceptionnel qu'ils viennent à compromettre les jours du malade. |