TRAITEMENT DES ULCÈRES DES JAMBES
Avant d'exposer le traitement des ulcères variqueux par le procédé des incisions libératrices, il faut savoir si l’on doit toujours tenter la guérison de tous les ulcères variqueux quels qu'ils soient. Les chirurgiens de l’antiquité pensaient qu'il fallait ne pas guérir les vieux ulcères récidivés; on supprimait, d’après leurs théories, une sécrétion devenue une fonction naturelle, et dès lors on avait à redouter les métastases, que la suppression de cette sécrétion pouvait entraîner. Ces opinions, peut-être exagérées, n’étaient cependant pas tout à fait erronées, et Richerand, dans son remarquable article du Dictionnaire des sciences médicales, appuie cette opinion de l’observation suivante que nous résumerons brièvement :
« Un vieux jardinier, âgé de 72 ans, jouissant d’ailleurs « de toutes les apparences de la santé, et plus vert que ne « le comportait son âge, portait depuis plus de vingt années « d'assez larges ulcères à la partieinterne dechaque jambe : c'étaient des ulcères atoniques, compliqués de nombreuses callosités.
« À plusieurs reprises l’inflammation s’en était emparée, « et l'avait forcé de suspendre momentanément ses travaux, mais impatient de les reprendre, il n’attendait pas l’en- « tière cicatrisation. Décidé à l'obtenir, il vint à l'hôpital « Saint-Louis, durant l’hiver de 1806. |
Paù
Le)
eOe « Le repos, la position horizontale, l'usage des amers et « des antiscorbutiques, des pansements convenables pro— « curèrent, une notable diminution dans la largeur des ulcères et dans la quantité de la suppuration. « Nous plaçâmes un cautère à la cuisse droite; nous purgeâmes à plusieurs reprises : les ulcères furent entièrement fermés au bout de trois mois de traitement. * Alors le malade perdit son appétit ét devint morose : tout mouvement lui fut difficile, ses muscles se trouvant pris d’une rigidité universelle. Cet état du tissu cellulaire, bien différent du tétanos, ressemble davantage à la roideur sénile, et provient d’une altération organique indéterminée dans la chair musculaire. » Et l’auteur, après avoir rapporté dans son article l’observation de ce malade, ajoute : « — Lorsqu'un ülcère subsiste depuis plusieurs années, là sécrétion qu’il exerce peut être considérée comme une fonction naturelle, d’après la longue habitude que l’économie en a contractée, et cen’est jamais sans danger qu'on essaie de l’interrompre. On ne saurait donc user de trop dé précautions pour prévenir les mélastasés que sa suppression peut entraîner, etc.»
À À À À À À À ÆÀ