‹ Traitement du cancer de l'utérusChapitre 6 sur 7 · CENTENAIRE DE L’INTERNAT · texte numérisé non relu

CENTENAIRE DE L’INTERNAT

Le samedi, 13 avril, le Comité constitué à l’occasion du Centenaire de l’Internat en médecine des hôpitaux de Marseille procédait à la remise à l’Administration des hôpitaux et hospices civils d’une plaque de marbre placée dans le grand escalier d’honneur de l’Hôtel-Dieu pour commémorer la fondation de l’Internat.

Autour de M. Chanot, maire de Marseille, et à ce titre président-né de la Commission Administrative des hôpitaux et hospices civils, s’étaient rangés non seulement les administrateurs en exercice mais encore M. Thierry, député, M. Estier, président du Conseil général, MM. Barbaroux, Roche, Dr Fayol, anciens administrateurs, etc.

Le docteur Pluyette, président du Comité, dans un discours ému et spirituel, a retracé les diverses phases qu’a traversées l’Internat, depuis sa réglementation, en 1807, par décret de Napoléon Ier, jusqu’à l’époque actuelle. Il a rappelé les joies et les peines qui attendent l’interne à la salle de garde ou au chevet des malades, et surtout il a insisté sur la nécessité maintes fois établie de laisser à l’Internat son véritable rôle et ses véritables fonctions en logeant les internes à l’hôpital. Tous les essais d’extériorisation donnèrent de si mauvais résultats que les administrations qui les avaient tentés durent revenir sur leur décision ; il ne semble pas que l’essai actuellement en cours doive avoir une autre issue et M. Pluyette a terminé en demandant aux administrateurs de reprendre bientôt l’étude de cette question.

M. Chanot, comme maire et président de la Commission Administrative, a répondu par le discours suivant i

« Monsieur le Docteur, Messieurs, il n’est pas de peuple qui n’aime à glorifier ses origines ; il n’est pas d’institution qui ne rappelle avec orgueil ses débuts, ses luttes et ses succès ; chaque famille, même la plus humble, parle avec joie de sa demeure première et de son premier ancêtre. C’est la somme de tous ces souvenirs, c’est leur transmission continue à travers les générations et à travers les âges qui créent la race et engendrent la patrie,

CENTENAIRE DE LANTERNAT

<( Le Corps médical a jeté un regard vers le passé ; obéissant à un sentiment de filiale piété, il nous a conviés, au moment où le jour tombe et où le labeur finit, dans ce lieu qui résonne de la plainte ininterrompue de la douleur humaine, pour assister à la pose de cette modeste plaque de marbre et pour exprimer notre reconnaissance à ceux qui, les premiers, vinrent là se blottir tout auprès du malheur.

» Elle était grande et généreuse l’idée qui plaçait à côté des malades, à côté des mourants, avec mission de les consoler et de les secourir, des jeunes gens pleins de santé et pleins de vie. L’Internat ! Que de joyeux souvenirs il éveille et évoque ; avec quelle joie en parlent ceux qui le conquirent ; quel titre ils s’en firent et s’en font encore aujourd’hui ceux qu’il mena à la considération et parfois à la fortune ! Que de plaques de médecins célèbres portent encore le mot significatif : ancien interne des hôpitaux ! Ce mot semble dire pour celui qui l’invoque : il était du combat des Trente.

« Et c’est justice. Que de peines, que de tranquille courage, que de patience inlassable il résume et signifie.

« On jalonne nos sites et nos routes de colonnes de marbre ; on perpétue le souvenir d’un tournoi, d’une bataille, d’une catastrophe ou d’un acte de courage. Il était équitable, comme vous l’avez pensé, de consacrer au moins une simple plaque au souvenir d’une institution qui fut une semence de bons et grands citoyens, mais qui eut aussi ses récoltes de martyrs.

<( Ils sont nombreux ceux qui tombèrent ici ou dans d’autres hôpitaux, obscurément, sans une plainte. Beaucoup sont oubliés et aucune évocation amie ne trouble leur éternel sommeil. Votre initiative, Messieurs, sera une réparation.

<( Vous aviez raison de le dire, il y a un instant, Monsieur le Docteur, notre ville, depuis un siècle, a subi de cruelles épreuves ; elle a payé de cette façon la rançon de sa prospérité et de sa grandeur qu’on jalouse ; dans ces moments d’angoissante tristesse, et nous les avons connus récemment, les internes ont toujours été à leur poste sans défaillance. Vous le constatiez avec une légitime fierté et je veux joindre, de tout mon cœur, mon témoignage au vôtre. Et c’est en invoquant leur fidélité au devoir que vous demandiez de renouer en leur faveur la tradition et de les rendre à nouveau de véritables internes, des internes logés. Je suis de votre avis ; le mot ne peut aller sans la chose. L’interne doit être dans l’hôpital ; il est le compagnon du malade, il est la figure amie qui apporte ses soins et aussi son sourire, il fait partie intégrante de cette famille que groupe le hasard.

(<■ Doit-on se souvenir toujours de quelques légèretés isolées, d’écarts de conduite passagers et oublier les services rendus et l’abnégation largement prodiguée ? L’interne n’est-il point à l’âge où la sève déborde, où, comme dit le poète, la joie chante dans les cœurs de vingt ans ; les nôtres ont-ils refoulé les défauts d’une race qui a tant de qualités ? Il faut juger humainement les choses humaines.

« Dans sa dernière séance, et pour marquer cette journée

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d’une pierre blanche, la Commission a levé un interdit qui frappait des internes depuis plusieurs mois. Cela me fait bien augurer de ses dispositions. Elle entendra votre voix et rendra à ceux que vous aimez, parce que vous fûtes jeune, gai et bon comme eux, leurs chansons, leur somme et aussi leurs cent écus.

« Il restera ainsi de cette inauguration autre chose qu’une plaque de marbre, un souvenir de joie sans mélange et de sincère reconnaissance.

<( Je vous remercie, Messieurs, du plus profond de mon cœur, de m’avoir convié à cette fête intime. Elle est de celles qui ne laissent point de fatigue au corps et qui donnent à l’âme une jouissance infinie. »

Après les discours et les applaudissements qui les accueillirent, il fallait songer aux choses matérielles.

Un lunch, offert par la Commission Administrative, réunissait d’abord tous les assistants autour des tables de la salle des Concours peu habituées à porter un poids si léger de soucis. On se séparait à 7 heures, après maints toasts intimes et cordiaux.

Le soir, à 8 heures, on se retrouvait, en famille, plus d’une centaine, tous internes et anciens internes, dont quelques-uns exerçant loin de Marseille, autour des tables de Linder. Menu spirituellement illustré par la plume fertile du maître animalier Vimar ; cordialité charmante d’un bout à l’autre de la salle ; digestion facilitée par la musique et les chants. A la séparation, sur les minuit, on ne regrettait qu’une chose : qu’on ait si peu d’occasions de se réunir aussi agréablement. A quand le banquet annuel ou bisannuel de l’Internat ?

Le matin, à 7 h. 1/2, de nombreux confrères avaient assisté, en l’église Saint-Charles, à une messe que la qualité de l’officiant rendait particulièrement touchante. L’abbé Jean Bonnifay, professeur de philosophie au Grand Séminaire de Marseille, qui était à l’autel, est en effet un confrère, qui a vécu quatre ans d’internat dans nos hôpitaux, et que ses maîtres et ses camarades n’ont point encore oublié. R.

Nouvelles et Informations

Nécrologie. - — M. le docteur Joseph-Marcellin Juvenal, médecin principal de la marine en retraite, officier de la Légion d’honneur (d’Aix-en-Provence) .

NOUVELLES ET INFORMATIONS

Service de santé militaire. — Les candidats à l’Ecole du

Service de santé militaire sont informés qu’ils pourront se faire inscrire à la Préfecture (bureau militaire) du 1er au 18 mai prochain, pour prendre part au Concours qui doit s’ouvrir pour l’admission à cette école. Le même délai est accordé pour le dépôt des demandes de bourses.

Hospices civils de Marseille. — Concours pour une place de chirurgien-adjoint. — Le lundi 23 septembre 1907, à 3 heures du soir, un concours public sera ouvert à l’Hôtel-Dieu pour une place de chirurgien-adjoint des hôpitaux.

Les candidats devront avoir deux années de pratique comme docteurs de l’une des Facultés de France, et être de nationalité française. Les anciens internes des hôpitaux de villes où siège une Faculté et les anciens internes des hôpitaux de Marseille pourront concourir dès qu’ils seront munis de leur diplôme de docteur.

Epreuves du Concours : 1° Question orale d’ Anatomie topographique, avec une application chirurgicale ; 2° Question écrite de Pathologie chirurgicale ; 3° Une épreuve de médecine opératoire comportant deux opérations à pratiquer sur le cadavre ; 4° Examen clinique de trois malades atteints de maladies chirurgicales choisis parmi ceux entrés dans les hôpitaux, à partir du jour où l’accès des salles des malades aura été interdit aux candidats ; 5° Epreuve résultant de l’examen des titres.

Les chirurgiens-adjoints doivent assurer le service des consultations gratuites et celui du traitement d’urgence de jour et de nuit à tour de rôle. De plus ils sont appelés, en cas d’absence ou de congé, à suppléer les chirurgiens chefs de service, auxquels ils succèdent suivant les conditions du règlement.

Les candidats qui désirent prendre part au concours doivent se présenter au Secrétariat pour obtenir leur inscription, en déposant leurs pièces et signer un registre ouvert à cet eîfet un mois à l’avance et clos quinze jours avant la date iixée pour l’ouverture du concours,, Les candidats absents de Maiseille ou empêchés doivent demander leur inscription par lettie recommandée. Aucune demande d’inscription faite après 1 époque fixée pour la clôture des listes, ne pourra plus être accueillie. Ils auront à produire : 1° leur acte de naissance ;

leur diplôme de docteur ; 3° s’ils ne sont pas domiciliés à

NOUVELLES ET INFORMATIONS

Marseille, un certificat de moralité, récemment délivré par le maire de leur résidence ; 4° s’ils ont été internes, ils devront, en outre, déposer un certificat de bonne conduite délivré par l’Administration des divers hôpitaux où ils auront fait leur service d’interne ; 5° les candidats pourront déposer leurs titres scientifiques, manuscrits, imprimés, et s’il y a lieu, une note de leurs services. Ces documents seront soumis au jury.

Pour tous autres renseignements sur les conditions de ce concours, s’adresser au Secrétariat, à l’Hôtel-Dieu.

Etat-civil de la ville de Marseille

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