A TRAITEMENT DU CROUP
mombranc, puis la rendent frialjlc au point qu'elle se réduit en- poussière sous l'influenee du moindre contact.
Ce phénomène de désagrégation moléculaire, le brome seul peut le produire. Le bichromate de potasse, il est vrai, durcit légèrement la pseudo-membrane, mais sans la rendre friable. L'iode la durcit et la brunit au point dè la faire ressembler à un morceau de cuir tanné, mais elle n'en est que plus ferme. Le brome seul détruit la force coercitive, sépare les éléments ; son action se montre même sur les pseudo-membranes d'abord traitées par l'iode, qui perdent alors leur couleur brune et leur ténacité pour redevenir friables.
Action du brome sur les fausses membranes. — Une fausse membrane longue de 1 centimètre de long sur un demi de large, ferme, élastique, fut plongée dans un verre rempli d'eau bromurée, elle y resta douze heures. Au bout de ce temps, elle n'avait point perdu sa couleur nacrée, et tranchait sur la teinte brune du liquide, elle paraissait même plus dure; mais en la touchant avec un bâton de verre, elle tomba tout à coup en poussière extrêmement fine, qui s'écrasait de plus en plus complètement. Au microscope, par un grossissement de 500 diamètres, on trouvait les éléments de la fausse membrane; mais la force coercitive qui organisait ces éléments avait été détruite, en sorte qu'ils étaient complètement dissociés et réduits en un amas de granulations amorphes. Ce phénomène se reproduisit à chaque expérience nouvelle, c'était une désagrégation moléculaire.
Le brome en solution ne rend point la fausse membrane transparente ; il n'agit point comme fluidifiant, mais il modifie la force vitale dans son acte organisateur patho-
THA1TEMENT DU CRÛUr. •U-'J
gcnique, cl tlclcniiino lu dcsagrcgalion de la i'aussc membrane. Le brome doit donc guérir cl arrêter les affections pseudo-membraneuses.
Action du bromure de poiassium. — Trois plaques diphthériliques blanches, fermes, nacrées, recueillies sur les amygdales, sont plongées dans une solution concentrée de bromure de potassium. Au bout de douze heures elles sont complètement transparentes, molles et déjà diflluentes, laissant, quand on les soulève, de longs tractus opahns évidemment formés par les éléments fluidifiés de la fausse membrane. Au bout de trois jours, on n'aperçoit plus aucun vestige de la fausse membrane, mais un dépôt blanchâtre, granuleux, qui par le repos gagne le fond du vase, et qui est formé par quelques granulations amorphes encore existantes, par des cristaux de bromure de potassium, et par les fdamenis nombreux de YOidium albicans, mucédinée parasite décrite par M. Ch. Robin dans le muguet, retrouvée constamment dans les fausses membranes de l'angine et du croup, et dont les innombrables sporules disséminés dans l'atmosphère à chaque expiration, expliquent la contagion des affections diphthériliques (1).
Le bromure de potassium possédant le pouvoir fluidifiant de la potasse, et la faculté de désagrégation parlicuhère au brome, doit arrêter et guérir les affections diphthériliques.
Encouragé par ces résultats, M. Ozanam essaya le brome au ht du malade.
Suivant ce médecin, le meilleur excipient du brome est
(1) Bien oiilciidu iiue nous ne luisons que rei)rocluirc ici les iisscrlioiis (le iVI. Ozuiium.