CHAPITRE PREMIER
Toutes les théories imaginées depuis Rollo pour expliquer le diabète sucré se ramènent en dernière analyse à ces deux termes fondamentaux : excès de formation ou insuffisance de destruction du sucre dans l’organisme. Nous n’avons pas l’intention de passer en revue ces théories; cela ne serait d’aucune utilité dans un travail consacré uniquement à l’étude thérapeutique du diabète; car, quelles qu’aient été les variations théoriques des pathologistes, ces variations n’ont jamais modifié en rien ni le fond, ni même les détails du traitement. Et la préoccupation des auteurs a toujours été bien plutôt d’adapter leurs idées pathogéniques au traitement traditionnel que de faire de leurs théories la base de médications nouvelles.
Mais les expériences de Mering et de Minkowski ont introduit dans l’histoire du diabète un élément dont il est impossible de ne pas tenir compte: ce fait nouveau, c’est le rôle du pancréas, soupçonné depuis longtemps par les cliniciens et indiqué déjà dès 1852 par von Sie-
TKAITEMENÏ du diabète sucbé
bert. Les résultats si remarquables obtenus à la suite de l’extirpation du pancréas ne sauraient cependant ni faire oublier, ni annihiler les faits démontrés par Claude Bernard au sujet des fonctions glycogéniques du foie.
II importe donc de rechercher comment les expériences de Mering et de Minkowski peuvent se concilier avec les faits antérieurement acquis et en quoi elles modifient l’idée générale que nous nous faisions de la formation et de la destruction du sucre dans l’économie.
Pour cela, nous rappellerons d’abord brièvement le rôle physiologique du foie et les déductions qu’on en peut tirer au point de vue de l’interprétation du diabète. Nous étudierons ensuite les effets de l’extirpation du pancréas et le rôle probable de cet organe.
A. — Rôle du Foie
Tout animal vivant fabrique du sucre qui sert avec la graisse à entretenir la chaleur animale en se décomposant en eau, en acide carbonique et en acide lactique.
A l’état normal, le sangne contient qu’une faible quantité de sucre, 1 gramme environ pour 1000; la proportion ne varie que dans des limites très étroites, entre 0,40 et 1,20 pour 1000; ce qui, pour un homme du poids moyen de 65 kilos, la masse du sang étant estimée au treizième du poids du corps, ne donne, comme quantité totale de sucre en circulation, que 5 à 6 grammes pour 5 kilogrammes de sang. D’après Claude Bernard, dès que la