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AIR CHAUD

Les cautérisations par l'air chaud constituent un traitement de date récente.

Il y a quelques années, Hollœnder de Berlin (1) fit des recherches curieuses touchant l’action de l'air chaud sur les néoplasies et notamment le lupus.

Instruments. — L'instrument qu'il employa se com-

(1) Presse médicale. — 30 octobre 1897.

Es

pose d’une tige métallique creuse : un des bouts est terminé par une pointe percée d'un orifice central ; à l'autre extrémité s’abouche un tube qui aboutit à une soufflerie. On chauffe la tige; l'air qu'on y insuffle s'échauffe et sort par la pointe à une température qui peut atteindre 300°.

L'appareil, on le voit, est simple: mais il est peu pratique, car il est fort difficile d'apprécier la température de l'air à sa sortie. et par conséquent de nuancer ses effets.

Unna a modifié cet appareil en se servant d’un thermo-cautère construit de façon à faire passer un courant d'air au contact du fer rouge.

M. Balzer (1) emploie un instrument construit par Luër et dont voici brièvement la description : Une anse galvanique en forme de spirale est mise en communication avec une batterie d'accumulateurs. Cette anse est entourée d'un tube de verre conique dans lequel on fait arriver de l'air par le manche de l'instrument, au moyen d'une poire en caoutchouc. L'air s'échauffe au contact de la spirale portée au rouge et sort par l'extrémité effilée du tube en verre. La température maxima de l'air à la sortie était de 150° environ avec les premiers appareils. On en construit actuellement qui donneront beaucoup plus de chaleur.

Voici comment on doit procéder, selon M. Balzer :

io Avec un galvano-cautère ordinaire, on pratique tout d'abord des pointes de feu sur la surface à traiter ;

(1) Annales. Socièlé de Dermatologie el de Syphiligraphie. AYril 1900, p.533.

2° On la recouvre ensuite d'une compresse ou de coton hydrophile imbibé d'une solution de cocaïne au 1/5°. Au bout de quelques minutes l'anesthésie est suffisante ;

3° C’est alors, qu'avec la soufflerie, on dirige un jet d'air chaud sur les points qu'on veut cautériser. On s'arrête quand les téguments blanchissent.

Sur les points isolés, la cautérisation est faite d’une manière intensive: elle a des effets destructifs profonds. Une seule séance suffit souvent pour détruire le mal radicalement. Sur les surfaces étendues, la cautérisation sera plus superficielle, et répétée deux ou trois fois par semaine.

Lorsque la partie à traiter est de très faible étendue et qu'on veut limiter la cautérisation, on applique sur la peau des plaques métalliques percées comme la filière de Charrière. La cautérisation est ainsi limitée a. l'étendue de l’orifice choisi.

L'opération terminée, on fera un pansement humide boriqué.

Résultats. — Le nombre des malades traités par ce procédé récent est encore restreint jusqu'à ce jour. Mais les résultats obtenus sont encourageants. Les points isolés, profondément détruits, ont été généralement guéris en une séance. La cicatrice est bonne, lisse et souple. Les lésions plus étendues sont naturellement plus lentes à guérir, mais sont rapidement améliorées. Leur cicatrisation se fait dans de bonnes conditions sans rétractions ni coutures.

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