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Mode opératoire. — Avant d'opérer, on doit avoir examiné son malade, avoir débarrassé le lupus de ses croûtes et reconnu la position et le nombre des tubercules à détruire. Pour cela, on nettoie la surface du lupus avec de la vaseline, on essuie et on tend la peau sous laquelle les tubercules de couleur sucre d'orge se distinguent alors nettement.
Le patient se tiendra couché ou assis. Dans tous les cas, on aura soin de tenir immobilisée la partie du du corps sur laquelle on va opérer. Un aide est fort utile pour empêcher les mouvements involontaires qui pourraient provoquer un accident.
Le médecin tend alors de la main gauche les téguments, et de la droite il tient le manche du galvanocautère comme un porte-plume. Il pousse le verrou qui sert de contact, et l'anse de platine commence à rougir. C'est au rouge sombre qu'on doit opérer; le platine porté au blanc est moins douloureux à la vérité, mais il occasionne des hémorrhagies et fatigue la vue du médecin. « On doit opérer à sec sans une goutte de sang » a déclaré M. Besnier.
Lorsque les tissus néoplasiques sont infiltrés, turgescents, on les parsèmera d'une série de pointes de feu superficielles, partout, sur toute leur surface. Pour cela, on emploie afin d'aller plus vite les grilles à pointes multiples. Plus tard, les pointes de feu devront pénétrer plus profondément et porter d'abord sur la zone dangereuse du lupus, c'est-à-dire sur les bords au niveau desquels il s'accroît. Le cercle ainsi décrit débordera de quelques millimètres sur la peau saineet
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toute la surface lupique sera criblée de pointes de feu. Ici encore, comme pour la scarification, la profondeur à laquelle on doit pénétrer est indiquée par la sensation de mollesse ou de résistance que la main de l'opérateur perçoit avec beaucoup de netteté : les tissus malades laissent entrer la pointe du cautère sans aucun effort, les tissus sains résistent au contraire. Il arrive que l'anse galvanique pénètre dans de véritables cavernules ; et l'abondance des fongosités peut être telle, qu’elles éteignent en quelque sorte le thermo-cautère : le fil de platine, de rouge qu'il était, devient noirâtre, comme charbonneux ; il faut alors le retirer, attendre un instant qu'il ait de nouveau rougi. et reprendre le cours de l'opération.
Si les pointes de feu doivent être assez profondes, il faut aussi qu'elles soient assez espacées les unes des autres pour ne pas provoquer par leur confluence une large escarre et une perte de substance considérable. C'est en négligeant ces précautions qu'on arrive à créer des rétractions cicatricielles, fâcheuses surtout dans le voisinage de la bouche et des yeux.
La cautérisation terminée, on appliquera sur les téguments traités un tampon d'ouate hydrophile ou une compresse trempée dans une solution d'acide borique ou de sublimé au 1,2000°. Ce contact frais est très agréable aumalade et lui permet d'attendre sans souffrir beaucoup que la douleur due à l'ignipuncture se soit apaisée.
Si la néoplasie demeure rouge et congestionnée, inutile d'appliquer aucun médicament ; mais si elle réagit faiblement, on se trouvera bien de la recouvrir d'em-
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plâtres salicylés, résorcinés, créosotés, d'emplâtre rouge de Vidal, et finalement au bout d'une huitaine de jours d'emplâtre de Vigo. M. Brocq qui procède ainsi, estime que de la sorte on active la guérison et on obtient des cicatrices plus satisfaisantes. On peut aussi boucher les cratères laissés ouverts, avec une poudre médicamenteuse, comme le fait M. Balzer.
Si la plaie se cicatrise mal et prend mauvais aspect, on la touche au nitrate d'argent ou au chlorure de zinc. Généralement au bout de‘quinze jours, les petites escarres sont tombées et la cicatrisation est complète.
Durée du traitement. — Une seule séance n'est jamais suffisante pour assurer la guérison; le malade doit venir se faire soigner par le médecin tous les quinze jours, parfois même tous les huit jours quand son lupus est vaste.
Quand le lupus est tout petit, trois séances peuvent suffire. Quand on a affaire à un lupus non exedens, il faut des mois, souvent des années de soins attentifs pour arriver à un résultat définitif.
Comme à la suite du traitement par la scarification, la néoplasie passe par la période des tubercules isolés que le galvano-cautère détruit avec un succès particulier; puis par la période de perfectionnement, pendant laquelle il est utile de faire une série de scarifications sur les brides et les kéloïdes qui pourraient exister.
Finalement, la cicatrice. est fort acceptable, lisse et régulière, mais moins parfaite, moins souple que celle donnée par les scarifications seules.
si. —
Indications. — Dans le lupus vorax, l'ignipuncture agit certainement avec moins d'eflicacité que les scarifications. De plus, elle expose à des difformités, à cause des pertes de substance qu'elle occasionne.
Au contraire, dans le lupus non exedens, la cautérisation ignée est préférable comme rapidité d'action et même comme résultats, à toutes les méthodes, sauf peut-être celle de Finsen.
S'il s'agit de formes ulcéreuses nes la cicatrice due aux scarifications est plus parfaite, mais la guérison plus longue à obtenir qu'avec l'ignipuncture.
Le lupus de la cavité buccale, des gencives, de la voûte palatine, sera soigné avec avantage par les cautérisations.
Le grand défaut de cette méthode, c'est de produire souvent des cicatrices vicieuses, blanchâtres etapigmentes, saillantes et formant des brides parfois rétractiles.
Nous ne faisons qu'indiquer ici ces résultats sur lesquels nous reviendrons plus longuement dans la dernière partie de ce travail.