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thérapeutique des rayons qui pénètrent bien plus faci: lement les tissus exsangues que les tissus congestionnés.
Mode opératoire. — Avant de commencer la séance de traitement, chaque malade estexaminé par le médecin traitant qui marque au crayon dermographique l'endroit qui devra être soumis à l’action des rayons lumineux.
Le malade s'assied ensuite sur une chaise à haut dossier, ou, ce qui est préférable, se couche sur une table spéciale recouverte d'un matelas dur et d'une alèze. Il se place dans une position commode et qui ne le fatigue pas, car on va lui demander une immobilité presque absolue pendant plus d'une heure.
Cela fait, l'infirmière qui est spécialement préposée au traitement du malade, règle l'appareil de façon que les rayons lumineux tombent toujours sur la même région et perpendiculairement au verre compresseur que porte le patient.
La séance dure une heure et quart, environ. La surface traitée est un cercle d'environ 2 centimètres de diamètre. Chaque jour le malade est soumis à une ou deux séances, si le lupus a une étendue considérable.
Effets. — Ce traitement n'est pas douloureux, du moins au moment de son application; à peine le malade accuse-t-il une légère sensation de cuisson qui ne l'incommode pas outre mesure. Il peut même arriver que pendant la séance il s'endorme. Cependant lacompression exercée par le cylindre de verre appliqué sur
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la peau finit parfois par devenir difficile à supporter, eurtout s'il repose directement sur une ulcération.
Au moment où la séance prend fin, on ne remarque rien qu'une légère rubéfaction du point traité; cette rubéfaction augmente jusqu'au lendemain et s’accompagne d'une sensation de cuisson plus ou moins intense, jusqu’à ce qu'une bulle se soit formée, ce qui a lieu généralement dans les quarante-huit heures qui suivent. Un simple pansement à l'eau boriquée est appliqué pour empêcher l'infection de la bulle ; celle-ci se crève et se dessèche spontanément sans amener de pertes de substance ; des squames se forment, et, huit jours après le traitement, la région est le siège d'une légère exfoliation superficielle ; l'épidermisation se fait.
Au bout de douze à quinze jours on peut refaire, une nouvelle séance au même emplacement, ce qui est toujours nécessaire pour obtenir un effet thérapeutique durable.
« L'effet de ce traitement, a dit M. Forchkammer, parlant pour Finsen au dernier Congrès d'août 1900, est caractérisé par une rétrocession successive et graduée de l'affection ; les ulcérations diminuent en profondeur el en étendue, puis elles disparaissent tout à fait; les nodosités hypertrophiques s'aplanissent et deviennent plus petites ; les nœuds confluents se transforment en de petits nœuds séparés par une peau saine; enfin, ces derniers disparaissent de même. Ce processus dure plus ou moins longtemps, suivant l'intensité et l'étendue de l'affection: on n'interrompt le traitement que lorsque la maladie n'offre plus de traces distinctes
Toutefois le malade n'est pas encore définitivement guéri. A l'expiration de ce premiertraitement, le sujet est gardé en observation, à l'Institut ou chez son médecin ordinaire. Dans les cas les plus favorables, le malade se conserve en parfait état, sans plus de traitement; mais, le plus souvent, de petits foyers morbides subsistent encore dans les profondeurs de la peau et réapparaissent de nouveau à la surface, sous forme de petites nodosités dispersées çà et là. Un second traitement de courte durée est alors institué.
« Dans les cas nombreux ou nous avons suivi ces principes, nous n'avons jamais observé de récidive. Mais, si le malade néglige ce deuxième traitement, ces légers foyers de la maladie peuvent prendre une extension considérable (1). »
Durée. — [La durée du traitement est naturellement proporuüonnelle à la gravité des cas. En faisant une moyenne sur cent cas, Finsen a trouvé que le traitement principal durait quatre mois et demi. La période d'observation est de un à deux ans.
Ilest intéressant de savoir à quelle profondeur pénètrent les rayons lumineux concentrés : ce fait a son importance, puisque souvent, au lieu d'être absolument superficiels, certains tubercules sont profondément enchassés dans les tissus.
(1) Forchkammer. — Commuünicätion au Congrès de Dermatologie. Août 1900. Trailement du lupus vulgaire par les rayons lumineux concentrés. (Méthode de Finsen).