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Pour nous en rendre compte nous avons fait chez M. Leredde l'expérience que voici : |
On prend deux verres de montre qui,se regardant par leur face concave forment une petite boîte à lintérieur de laquelle on glisse un morceau de papier photographique sensible, au gélatino-bromure, placé entre deux grilles de papier noir; puis on soude les bords des deux verres de montre à la cire à cacheter. Après avoir placé à l'intérieur de notre bouche ce petit appareil construit dans la chambre noire, nous nous sommes soumis à l'action des rayons Finsen dirigés sur l'endroit de la joue que seule l'épaisseur des téguments séparait de l'appareil; celui-ci au bout d'uninstant fut retiré de notre bouche dans la chambre noire ; et le papier, développé comme une plaque photographique, donna un cliché formé de raies noires et blanches. Les rayons lumineux concentrés traversent donc l’épaisseur de la joue. Il: suffit d'une minute pour que leur action soit appréciable, à condition qu'au point d'’application de la lumière les téguments soient exsangues, ce qu'on obtient par compression.
Il est donc vraisemblable qu'au cas où la muqueuse des joues est atteinte de lupus, elle bénéficie, elle aussi du traitement fait sur la partie externe des téguments.
Résultats. — Les cicatrices obtenues par le procédé Finsen sont fort belles ; on a pu s’en convaincre par l'examen des malades que M. Forchkammer, sous-directeur de l'Institut Finsen, avait amenés au congrès de dermatologie d'août 1900.
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Les cicatrices sont lisses, souples, d'une plastique remarquable. Les pertes de substances sont très faibles, elles ne sont pas imputables au traitement lui-même qui ne détruit rien, mais ne peut naturellement pas faire repousser ce qui avait été détruit par la néoplasie.
Avantages et inconvénients. — Les avantages de la méthode sont les suivants :
1° Cicatrices excellentes ; seule la scarification donne aussi bien ;
2° Presque tous les cas de lupus peuvent être traités, améliorés et guéris. Les cas iniraitables sont dans la proportion de deux à trois pour cent ;
3° Ce procédé est moins douloureux que les autres traitements.
Voici maintenant ses inconvénients :
1° Le lupus des muqueuses ne peut être traité par ce moyen ;
2° Seuls les gens qui disposent de beaucoup de loisirs peuvent l'employer, puisque tous les jours il faut faire une ou deux séances, de une heure et quart chacune;
3° Ce traitement est fort coûteux.
A Paris, la dépense d'électricité est à peu près de 1 franc par heure et par malade, c'est-à-dire environ de 200 francs au minimum pour un traitement dont la durée moyenne est de cinq mois, à raison d'une séance d'une heure et quart par jour. À cette somme, il faut ajouter le salaire des infirmières préposées à la surveillance des appareils, à raison d'une infirmière pour chaque malade, ainsi que les frais G’amortissement de
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l'installation qui coûte de quatre à cinq mille francs. Somme toute, on peut estimer à 500 francs le prix moyen total déboursé par le médecin pour les seuls frais que nécessitent les séances de traitement d'un seul malade.
De quelle manière peut-on expliquer l'action des rayons lumineux ? |
Selon Finsen, les rayons bleus concentrés ont un double effet :
Ils tuent le bacille lui-même ;
Ils produisent dans les tissus une inflammation qui se traduit par une phagocytose exagérée et une réorganisation due à l’affluence de cellules embryonnaires.
On peut se demander si ces modifications qui s’effectuent si rapidement sous l'action des rayons concentrés, la nature ne les réalise pas spontanément dans les régions où le soleil est particulièrement ardent, mais avec une lenteur progressive qui fait qu’elles échappent à l'examen. De tout temps, en effet, on aconstaté que le lupus était plus commun dans les pays froids, humides et nuageux, que dans les contrées sèches, lumineuses et chaudes. Enfin, chose digne de remarque, les races dont la peau présente au plus haut degré cette pigmentation noire qu'amène infailliblement l’action prolongée des rayons solaires, les races nègres, sont extrêmement rebelles à toute tuberculose cutanée. Le docteur Sélim Fahmy, médecin depuis de longues années dans la Haute Egypte, et le docteur Isidore Dyer de la Nouvelle-Orléans ont bien voulu nous donner sur ce point les renseignements suivants :
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En Egypte et à la Nouvelle-Orléans, les nègres payent un large tribut à la tuberculose viscérale, autant sinon plus que les blancs. Au contraire, la tuberculose cutanée est chez eux une rareté. Elle est exceptionnelle en Egypte; à la Nouvelle-Orléans elle est infiniment plus rare chez le noir que chez le blanc.
D'où vient une si notable différence? La température de ces régions chaudes ne saurait l'expliquer, puisque les blancs et les noirs la subissent également. Ne pourrait-on l’attribuer en parue à l'influence des rayons solaires produisant une action différente et plus ou rnoins puissante suivant le dégré de pigmentation de la peau? Ne faut-il y voir, au contraire, qu'une affaire de prédisposition ancestrale ? Ce sont-là des questions que nous ne ferons que poser sans essayer de les résoudre.
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