‹ Traitement du Lupus Vulgaire Suivant les IndicationsChapitre 37 sur 42 · II. — INDICATIONS TIRÉES DES CONDITIONS INDIVIDUELLES DU MALADE · texte numérisé non relu

II. — INDICATIONS TIRÉES DES CONDITIONS INDIVIDUELLES DU MALADE

Les lupiques ne se trouvent pas tous dans des conditions identiques: les uns sont jeunes, les autres âgés ; les uns habitent la campagne, les autres de . grandes villes ; s'ilen est de riches, il en est aussi beaucoup de pauvres. Ces différences, on le conçoit, peuvent avoir une importance capitale pour le choix d'une médication pratique : le médecin doit en tenir compte lorsqu'il veut instituer un traitement approprié a l’âge, au sexe, à l'habitat, à la condition et à la richesse de son malade.

1° Traitement d'après l’âge et le sexe.

Chez les enfants atteints de lupus, le traitement visera un but légèrement différent suivant qu'il s'agit d'un garçon ou d'une fille.

a) Le desideratum pour une jeune fille, c'est d'obtenir une cicatrice parfaite ct très peu visible. Elle préférera attendre la guérison un peu plus longtemps pour garder de sa maladie le moins de traces possible.

Toutes les médications qui agissent rapidement en produisant des cicatrices imparfaites, doivent donc être reléguées au second plan : et, parmi elles, les caustiques, ‘la cautérisation ignée, et même l'ablation chirurgicale.

Au contraire, la scarification et la méthode de Finsen sont nettement indiquées : elles constituent le traitement qu'il convient de proposer avant tout autre.

b) Pour les garçons, la perfection de la cicatrice a bien aussi son importance : mais elle est moins nécessaire que chez les filles : la cicatrice linéaire due à l'ablation chirurgicale suivie: de la réunion par première intention, est pour un homme fort acceptable, surtout si elle siège sur la joue, en un point qui plus tard pourra être caché par la barbe.

Les scarifications et la méthode Finsen sont peutêtre ici encore préférables aux autres traitements; mais l’ablation chirurgicale: l'ignipuucture combinée avec la scarification, sont également très recommandables.

Dans les cas très étendus, on pourrait même avoir recours au grattage, mais comme pis-aller.

c) Les indications sont à peu près les mêmes chez la femme adulle; signalons seulement cette légère différence: Pour une jeune femme, le point essentiel sera de conserver autant que possible l'agrément

de son visage ; pour une mère de famille ayant déjà un certain âge, c'est une affaire de second ordre. La première tiendra essentiellement à une guérison parfaite, l’autre voudra avant tout guérir vite. A celle-ci, nous conseillons l'ablation chirurgicale et les greffes autoplastiques, à celle-là les scarificationset la méthode Finsen.

d) L'homme adulte s'accommodera surtout des traitements qui agissent vite et donnent une cicatrice physiologiquement suffisante, c'est-à-dire ne génanten rien ses fonctions ou ses mouvements.

En général, pour lui, les scarifications agissent trop lentement: on leur préférera les rayons lumineux, l'ablation chirurgicale, l'ignipuncture et la scarification combinées, ic grattage.

e) Chez le wieillard, le lupus évolue ordinairement avec une lenteur remarquable ; si cette évolution lente est constatée, ne vaudra-t-il pas mieux renoncer à l'espoir d'une guérison complète, que soumettre un malade qui n'a que peu d'années à vivre, a un traitement toujours douloureux et astreignant, où à une opération qui peut lui être fatale, puisqu'elle exige le sommeil chloroformique ?

Le mieux serait en ce cas de faire aussi peu de traitement que possible : pas de chirurgie, quelques rares séances d'ignipuncture, de temps à autres quelques attouchements avec une solution caustique, d'acide lactique, de chlorure de zinc ou de nitrate d'argent,

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