AUDE
face et en profondeur se produisent avec une vitesse qui nécessite une intervention prompte et énergique, si on veut éviter des désordres irréparables, comme la destruction des narines, la chute de la cloison, etc.
C'est dans ces cas surtout que réussissent parfaitement la scarification- et la méthode de Finsen.
Après avoir nettoyé les surfaces ulcérées, au moyen de pulvérisations d'eau boriquée tiède, après avoir enlevé les croûtes et lavé les points qui suppurent, afin de réduire au minimum possible les infections secondaires, on commencera sans retard Îles séances de traitement.
Attaqués énergiquement par le scarificateur, les tissus se laissent dilacérer en tous sens ; la petite lame pénètre parfois à une profondeur considérable et un peu effrayante pour l'opérateur qui ne s'y attendrait pas. Bientôt tous les tissus lupiques labourés ne forment plus qu'une masse saignante informe ; devant ce résultat, on a peine à croire que, quelques jours plus tard, ces tissus se seront en partie organisés et auront repris forme satisfaisante. C'est cependant ce qui a lieu : très rapidement l'infiltration disparait, les bourgeons s'affaissent, la suppuration se tarit et la cicatrisation commence; au bout de quelques mois de ce traitement, à la place de l'énorme masse de tissus malades, on a un organe sain recouvert d'une peau lisse, et d'un aspect presque absolument normal.
Les observations de Finsen montrent également que les rayons lumineux agissent sur le lupus vorax
avec une énergie et une rapidité remarquables, donnant des cicatrices excellentes.
Aucune des autres méthodes ne peut être comparée à ces deux modes de traitement qui restent les seuls pratiques et énergiques dans ce cas spécial. Ajoutons seulement, que les injections locales de calomel font diminuer promptement l'éléphantiasis qui accompagne souvent ces formes; mais elles ne donnent que des améliorations, jamais de guérisons durables.