INTRODUCTION
Parmi les dermatoses, l’une des plus fréquentes, des plus étudiées, des mieux connues, est assurément le lupus vulgaire ou lupus de Willan. Ses caractères objectifs, son évolution, sa nature même qui jusqu'à ces dernières années avait été le sujet de vives polémiques, ne sont plus guère discutés aujourd’hui. Le lupus a définitivement pris rang parmi les scrofulotuberculoses de la peau : et dans ce groupe, il occupe une place bien à part. Les caractères de l'élément lupique sont : sa couleur jaune rosé, sa transparence, son indolence, la facilité avec laquelle il se laisse dilacérer ; ils suffisent à le différencier des autres formes de tuberculose cutanée : le tubercule anatomique, le lupus érythémateux, la tuberculose verruqueuse de Riehl et Paltauf, etc.
S'il y a entente à peu près parfaite sur la nature du lupus, il n’en est plus de même lorsqu'il s'agit du traïtement. Unanimes à constater la désespérante ténacité de cette affection, les dermatologistes se sont de tout temps ingéniés à lui appliquer les médications les plus diverses, avec des résultats plus ou moins heueux.
Il nous a paru intéressant de passer en revue ces
PE
divers modes de traitements; de constater quels en sont les résultats, les avantages, les défauts ; de Voir dans quel cas spécial chacun d'eux doit être appliqué suivant l'étendue, la marche, le siège du lupus, suivant l'âge et le sexe du lupique, suivant enfin le pays qu'il habite et sa condition sociale.
Notre excellent maitre, M. le docteur Brocq, qui nous a conseillé cette étude, nous a fourni à l'appui de ses opinions personnelles basées sur de longues années d'expérience pratique les nombreuses observations des malades de son service. Nous même, pendant les années d'externat que nous avons passées dansles services de M. Hallopeau, de M. Balzer, de M. Brocgq, nous avons vu et traité par diverses méthodes bon nombre de lupiques.
: Pendant leCongrèsde Dermatologie (août 1900), nous
avons pu examiner les malades guéris présentés par M. Finsen de Copenhague, par M. le professeur Langde Vienne, par les maîtres les plus éminents des hôpitaux de Paris, et nous nous sommes fait une idée personnelle sur les résultats obtenus. Enfin, les savantes communications faites à ce même Congrès par le professeur Lang, par M. Forchammer, par M. Besnier, par notre maître M. Brocq et d’autres encore, ont jeté sur ces questions une lumière nouvelle et mis au point des détails restés jusqu'alors indécis.
C'est a ces sources que nous avons puisé; ce sont ces matCriaux que nous avons essayé de grouper en nous efforçant d'étayer nos conclusions, non sur des théories, mais sur des faits,
Au moment où s'achèvent nos études médicales, qu'il nous soit permis, selon la coutume, de jeter un coup d'œil rétrospectif sur nos cinq années d'externat, nos sept années de médecine si rapidement écoulées. Durant leur cours, nous avons eu le bonheur d’être guidé par des maîtres excellents, et nous sommes heureux de l'occasion qui s'offre à nous de dire publiquement ici tout ce que nous leur devons.
M. le professeur Raymond a bien voulu accepter d’être notre président de thèse ; nous le prions de croire à notre reconnaissance pour le grand honneur quil nous a fait.
C'est M. le docteur Brocq qui a eu l'idée première de ce travail, c'est lui qui en a en partie inspiré les conclusions ; c'est dans son beau service de l'hôpital Broca-Pascal qu'ont été recueillies la plupart des données pratiques utilisées dans cette étude. Nous avons tiré grand profit de ses obligeants conseils et de. son expérience. Qu'il nous permette de lui offrir cet essai comme un imparfait témoignage de notre respectueuse reconnaissance.
De notre premier maître, le professeur Hanot, nous gardons un souvenir ému. Il nous a initié à la pratique de l'auscultation. Sa chaude parole a fait naître en nous le goût de ces recherches cliniques qui le passionnaient.
Notre première année d'externat s’est passée en majeure partie dans le service de M. le docteur Brun. Comme tous ses élèves, nous avons été frappé de son habileté d'opérateur, de son dévouement pour les en-