RACHITISME SYPHILITIQUE
La syphilis héréditaire peut frapper le squelette du jeune enfant de deux façons :
Tantôt, par suite de la fixation et de la pullulation du tréponème sur le tissus osseux, il y a formation d’ostéochondrite gommeuse.
Tantôt, agissant comme un infection générale, elle crée au niveau du squelette des lésions en tous points comparables à celles que l’on peut voir survenir après des intoxications intestinales, des broncho-pneumonies prolongées, des pyodermites interminables, etc.
L'hérédo-syphilis peut déterminer toutes les formes du rachitisme ; cependant, dans la majorité des cas, celui-c: revêt une forme spéciale qui permet au clinicien de la distinguer assez facilement.
Comme l’a fort bien montré le Professeur Marfan, le rachitisme syphilitique a un début précoce ; il est congén'tal ou apparaît dans les quatre premiers mois de la vie.
Les lésions prédominent au niveau du crâne (craniotabès).
L'anémie est marquée.
Il y a hypertrophie chronique de la rate.
En plus de ces lésions, on trouve souvent des côtes ramollies et augmentées de volume dans leur moitié anté-
PE EDS rieure, avec selon les cas, présence ou non de chapelet costal.
Au cours des années que nous avons passées à l’'Hôpital des Enfants-Malades, nous avons rencontré plusieurs fois des nourrissons de six à sept mois porteurs : d’une/ part, de lésions crâniennes importantes : bosses frontales saillantes, large fontanelle avec ramollissement des pariétaux ; et d'autre part, de nouures et d’incurvations iaphysaires marquées. Dans tous les cas, l’interrogatoire de la mère nous révéla : ou bien une syphilis connue, ou bien : avortements multiples, accouchement avec fœtus mort et macéré.
Le traitement dé ces petits malades devra à la fois être dirigé :
a) contre le rachitisme
b) contre la syphilis héréditaire.
Contre les lésions rachitiques selon l’âge auquel on verra le malade, selon la nature, l'amplitude de ses déformations : on emploiera les traitements que nous avons indiqués dans les chapitres précédents.
C'est-à-dire, s’il s’agit par exemple d'un enfant atteint de crânio-tabès avec anémie, mégalo-splénie chronique, nous ferons un traitement par les rayons ultra-violets.
Si le crânio-tabès se complique de lésions épiphysaires et diaphysaires, le traitement par les rayons ultra-violets sera dans la règle, encore suffisant.
Les plâtres correctfs n'auront leur raison d'intervenir
que si l’enfant n’a pas été traité dans son jeune âge, et si,