‹ Traitement du rachitisme d'après les modalités cliniques de cette affectionChapitre 6 sur 36 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Au cours de ces trois dernières années nous avons pu observer à l'Hôpital des Enfants-Malades, dans le service de notre Maître Monsieur le Professeur OMBRÉDANNE, un grand nombre de rachitiques.

D'autre part, en étudiant les fiches de cette consultation pour rachitiques que le Professeur Broca avait créée dans son service, nous avons pu connaître l’histoire clinique et les antécédents de plusieurs autres centaines de petits malades.

De létude de ces nombreux cas de rachitisme, un fait se dégage nettement : « Avant la venue de l'enfant à l'hôpital, la thérapeutique a été le plus souvent insuffisante, parfois inadéquate ».

Aussi, nous a-t-il paru utile de reprendre dans un travail d'ensemble, le traitement du rachitisme, et de montrer, en tenant compte des acquisitions thérapeutiques de ces dernières années : quels sont les cas qui sont justiciables d’un

traitement médica}, orthopédique où chirurgical.

GENERALITES

Avant d'aborder le traitement du rachitisne, il nous faut

d’après les conceptions

rappeler brièvement quel en est modernes — l’étiologie et la pathogénie. |

Pour M. le professeur Marfan, c’est : « une maladie chronique de l'enfance caractérisée par du gonflement, du ramollissement et des déformations des os. Les déformations sont, en général, multiples et symétriques. »

Du point de vue histologique les lésions sont constituées par une altération du squelette, localisée tout d’abord aux zones d’ossification. Îl se produit là, plus ou moins rapidement, une transformation fibroide de la moelle osseuse, la calcification se ralentit, s'arrête ; des travées osseuses se décalcifient.

Dans le rachitisme, les déformations osseuses ne constituent pas à elles seules toute la maladie. On trouve en effet des muscles minces, mous, sans tension. Cette hypotonie musculaire : myopathie de Bing et Barnu, contribue à donner au petit malade son aspect clinique spécial.

L’anémie est plus ou moins marquée, elle semble être en rapport étroit avec la période d'activité du rachitisme. L'examen clinique du sang montre de plus une hypocalcémie très fréquente et d’une manière constante une hypophosphatémie. |

Quelle est la cause du rachitisme ?

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Jadis avec J. L. Petit, on en attribuat l’origine à la pri-

vation du sein maternel.

Plus tard ,avec Parrot, on fit jouer un rôle presque exclusif à la syphilis.

Depuis, les théories se sont multiphiées, et de nos jours, les idées sont encore loin d’être univoques. Toutefois la majorité des pédiatres voient à l’origine du rachitisme une infection ou une intoxication chronique agissant à la période acve de l’ossification : c'est ainsi qu’il faut faire une large part aux troubles digestifs prolongés de la première enfance

et aux erreurs de régimes qui sont souvent à leurs bases.

Pour MM. Lesné, de Gennes, Vagliano, ces intoxications chroniques créeraient une carence d’assimilation intesünale du phosphore et ainsi s’expliquerait l'hypophosphatémie des rachitiques.

Quant aux infections : syphilis, tuberculose, bronchopneumonies subaiguës avec rechutes multiples, pyodermites. interminables, elles semblent jouer un rôle moins important. Cependant il faut faire une place à part à la syphilis que l’on rencontre encore assez fréquemment et qui peut don-

ner au rachitisme une évolution particulière.

Certaines causes invoquées comme pouvant produire cette affection : vie dans une habitation obscure où l’air ne se renouvelle pas, défaut de mouvement, insuffisance des glandes endocrines, ne doivent être considérés que comme

des facteurs auxiliaires, comme des causes prédisposantes.

Telles sont les conceptions les plus généralement admises

sur l’étiologie et la pathogénie du rachitisme. Sans avoir la

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prétention d'établir un parallélisme entre les diverses Opi-" nions des grands Maîtres et notre Jeune expérience, qu’il nous soit toutefois permis de dire qu'après avoir étudié avec soin, près d’un millier d'enfants rachitiques, c’est aux con-

ceptions sus décrites que nous avons abouti.

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Supposons deux rachitiques : l’un âgé de quelques mois avec déformations squelettiques à peine marquées, anémie et hypotonie; l’autre un enfant de trois ou quatre ans avec des membres inférieurs aux diaphyses coudées à près de 90°.

Il est évident, bien qu'il s'agisse de la même maladie, que la thérapeutique proposée sera différente.

En effet, dans le rachitisme, maladie de longue durée, dont l'évolution porte sur les premières années de l'enfance, il faut, si l’on veut faire un traitement convenable, distinguer plusieurs stades. C’est avec cette idée pour guide que nous allons essayer de schématiser le traitement de cette

affection.

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