EXAMEN PRÉALABLE DU RHUMATISANT
Lorsqu'on veut soumettre un rhumatisant articulaire chronique au traitement par les agents physiques, il y a lieu de diriger l'examen d’une façon un peu spéciale, afin d'établir nettement les indications à remplir dans chaque cas.
1° L'étude des antécédents héréditaires et des antécédents personnels nous renseigne déjà sur l’ancienneté et la profondeur de l’arthritisme du sujet, les eauses prochaines et éloignées de son état actuel.
2° L'interrogatoire doit porter sur la profession, le climat ou le pays, l'habitation, les vêtements du malade; on doit insister sur ses habitudes au point de vue alimentation, exercice, hygiène générale. Cette enquête nous montre les fautes qui ont pu entraîner des troubles nutritifs dont les manifestations articulaires ne sont qu’un symptôme.
3° L'examen de l’état général nous indique la façon dont s'exécutent les grandes fonctions. Il faut surtout déterminer avec soin :
u) l'état des poumons, du cœur et des vaisseaux au point de vue de l'application des agents physiques.
b) l'état de l'appareil gastro-entéro hépatique et de l'élimination rénale afin de régler le régime.
c) l’état d'usure, de faiblesse générale, de maigreur ou d’obésité du sujet, de façon à prévoir la façon dont il réagira au traitement.
4° L'examen local comprendra l’étude de toutes les articulations au point de vue.
a) de l'esthétique (troubles trophiques, gonflement, déformations; il faut déterminer si ces modifications portent sur les os ou les tissus périarticulaires, et dans quelles limites.)
b) de la nature des douleurs : au mouvement ou au repos, avec maximum la nuit ou le jour (insomnies dues aux douleurs), se produisant à l’articulation ou loin d'elle. Ainsi, au début, certaines arthrites sèches de la hanche se traduisent par une sciatique, et on fait une erreur de diagnostic si on oublie d'examiner l’articulation ; de même, certaines arthrites de l'épaule provoquent une douleur au point d'insertion du deltoïde.
c) de l'étendue des mouvements articulaires. Dans quelles limites, le mouvement est-il possible; provoque-t-il des craquements ou de la douleur?
d)de l'état des muscles et des tendons correspondant à chaque articulation malade (atrophies, surtout des
muscles extenseurs, parésies, contractures, rétracticne entraînant des positions articulairés défectueuses.
I1 faut se rappeler que, même si le. malade ne $e
plaint que d'une articulation, il est utile de les examiner toutes, spécialement celles des mains. Un coup d'œil rapide, un ou deux mouvements renseignent sur l'état de chaque articulation. Souvent, on constate qu'un mouvement est limité ou qu'il est douloureux alors que le malade ne s'en doutait nullement. Une radiographie peut être utile dans bien des cas en nous montrant l'absence où l'existence de’ lésions -éartilagineuses: et osseuses et en nous permettant de porter un pronostic plus:ôn moins favorable.
L'examen que nous venons ‘de déérire prend moins de temps qu'on pourrait le croîre au premier abord. Ï] doit toujours être fait avec soin pour qu'il soit possible d'approprier le traitement à chaque cas.
., Une Surveillance très Simple au cours de Ja cure, permet de lui faire subir les modifications nécessaires suivant la facon dont le sujet réagit.
Il est bien entendu que le traitement que nous étudions ne peut S'appliquer qu'aux cas chroniques, c'estàa-dire lorsque les accidents aigus sont passés.
Cela ne veut pas dire qu'on doive attendre que tout phénomène douloureux ait disparu (ce qui serait souvent trop tard).
Il faut seulement que le malade n'ait plus de fièvre, aue les douleurs soient modérées et ne subissent aucune amélioration spontanée depuis un certain temps.