‹ Traitement du rhumatisme de la goutte aiguë et chronique et de diverses affections du système nerveux par le salicylate de soudeChapitre 8 sur 8 · IX. Douleurs viscérales · texte numérisé non relu

IX. Douleurs viscérales

Au point de vue des affections de l’estomac et des intestins, je n’ai jamais observé de résultats notables ; je ne citerai pour terminer qu’un cas de colique hépatique, qui cessa en deux heures sous l’influence de la médication salicylique.

Résumé thérapeutique.

1 ® Comme médicament antizymotique externe, l’acide salicylique a une action incontestable, mais qui ne dépasse pas celle de l’acide phénique, et n’a d’autre avantage que d’être dépourvu d’odeur. Comme antiseptique interne, l’acide salicylique ne présente aucun effet appréciable ni dans les affections purulentes, ni dans les maladies contagieuses et parasitaires, comme la diphthérie, le muguet, ni dans les gangrènes, ni enfin dans les diabètes, où l’on fait intervenir à tort ou à raison l’action d’un ferment.

2“ Comme médicament antipyrétique, le salicylate et l’acide salicylique jouissent de propriétés transitoires et douteuses, même lorsqu’il s’agit de fièvres spécifiques, miasmatiques, virulentes, etc. ; ainsi il n’a pas de supériorité marquée sur le sulfate de quinine ; le salicylate de quinine lui-même ne saurait encore prendre un rang définitif dans la thérapeutique des fièvres palustres. Impuissant dans la curation de la variole, le salicylate de soude n’a pas fait ses preuves dans le traitement de la fièvre typhoïde ; son pouvoir fébrifuge est des plus limités.

3® C’est dans le rhumatisme articulaire aigu qu’on observe les effets les plus sûrs, les plus prompts, si bien qu’on peut affirmer presque à coup sûr la guérison du rhumatisme aigu, fébrile ou apyrétique dans l’espace de deux à quatre jours : 54 cas en font foi.

4° Dans le rhumatisme chronique simple, les essais que j’ai institués sont des plus satisfaisants ; il en est de même dans les crises aiguës qui se manifestent de temps à autre, soit dans le rhumatisme simple, soit même dans l’arthrite noueuse ; les attaques douloureuses cessent aussi vite que dans le rhumatisme aigu. Il y a plus, les engorgements articulaires diminuent considérablement, et les mouvements peuvent devenir libres, même après des années de douleurs, de rigidité et d’immobilité, à condition que les lésions osseuses ne soient pas trop profondes, trop avancées (douze observations de rhumatisme chronique guéri ou amélioré).

5® Mais c’est dans la goutte aiguë et chronique que les résultats sont le plus remarquables; dès mes premières expériences, je fus frappé de la promptitude avec laquelle les accès aigus

les plus douloureux furent enrayés; dans l’espace de deux à trois jours, les douleurs, la fluxion articulaire, la rougeur de la peau, la sensibilité au toucher, tout avait disparu.

La goutte chronique ne se prête pas moins bien aux applications de la médication salicylique. Par cette méthode de traitement continué, même à doses modérées, les malades sont absolument à l’abri de tout accès aigu.

D’une autre part, les engorgements chroniques péri-arliculaires disparaissent avec facilité ; les tophi des articulations diminuent et cessent de s’enflammer ; en un mot, la guérison peut être complète, sans qu’il se produise aucune métastase sur le cœur, l’estomac, les organes respiratoires ou le cerveau ; il ne m’a pas été donné une seule fois, dans les 21 cas que j’ai pu suivre, de constater la moindre rétrocession de la goutte vers les organes internes.

Il n’y a eu d’autre inconvénient que le développement des troubles de l’ouïe, et parfois d’un certain degré de faiblesse ou de narcotisme; ces deux derniers phénomènes disparaissent dès qu’on diminue la dose ; les perturbations de l’audition sont bien plus persistantes.

Parmi les affections qui sont souvent de nature goutteuse, il faut citer la gravelle, qui se modifie très-favorablement ou * plutôt s’élimine plus facilementà l’aide du salicylate de soude, qui a en outre l’avantage de calmer les douleurs néphrétiques.

6“ La inédication salicylique a paru modifier avantageusement certaines névralgies faciales ; mais cette action n’est pas définitivement établie ; il en est de même pour le traitement de la sciatique par ce moyen.

7“ Dans les maladies douloureuses de la moelle épinière, le salicylate de soude produit les effets calmants les plus nettement appréciables ; mais, par la continuité du traitement, il peut en résulter un certain degré de faiblesse.

t-ABIS. — IMPRIMERIE DE E. MARTINET, RDE MIGNON, ï

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