‹ Traitement du Tétanos: Par les Injections Phéniquées Methode De BracelliChapitre 10 sur 34 · COBAYES TÉMOINS · texte numérisé non relu

COBAYES TÉMOINS

Trois cobayes de 650 grammes. Méme injection de toxine (élanique. Ineubalion : {rente-six heures. L'un meurt le sixième Jour, et les deux autres

meurent le huitième jour de tétanos généralisé.

Il ressort de celte expérience que le traitement du Létanos expérimental par les injections sous-culanées d'acide phénique faites dès l'apparition des contractures ou même dès le début de l'incubalion, est inefficace, À peine pourrait-on noter un relard dans la mort d'un cobaye du deuxième lot {26° jour), mais ces survies se rencontrent parfois chez des cobayes neufs. Par contre, limmunisalion antérieure par l'acide phénique parail avoir notablement accéléré la nort, sans

toutefois raccourcir l'incubation,

Il, LAPINS lrois expériences :

1° Deux lapins de 1800 à 2700 grammes, reçoivent Journellement sous la peau, pendant vingt-huit jours, lun 20 centigrammes, l’autre 40 centigrammes (convulsions passagères, léger amaigrissement) d'acide phénique. Ils sont injectés chacun avec 5 centimètres cubes de toxine létanique. Les premières contractures apparaissent le deuxième jour, et la mort survient les 3° et $° jours. On avait continué les injections d'acide phénique jusqu'à la mort.

> Trois lapins de 2500 grammes reçoivent chacun sous la peau 5 centimètres cubes de toxine; lun (A) est conservé comme témoin, le second (B) est lraité de suite (4o centigrammes par jour) jusqu'à la mort; l’autre (C) n’est traité qu'après les premières contrae- {ures. Incubation uniforme : trente-six heures. Au cmquième jour, C est atteint de létanos généralisé, meurt le onzième jour, À et B ne présentent de télanos sénéralisé que le dixième jour et meurent le dix-neuvième Jour.

3° Un lapin de 1500 grammes reçoit de mème 5 centimètres cubes de toxine, Ineubation : quarante-huit heures. On le traite alors par des injections journabères de 20 centigrammes, Mort Île cinquième Jour,

de tétanos généralisé.

Dans des conditions variées d'expérience, la méthode de Baccellia donc échoué contre le Létanos expérimental

Ro nCe 2

par injection de Loxine, du cobaye et du lapin. L'imprégnation préalable d'acide phénique paraît activer la marche du télanos chez le cobaye. Devant le résultat négalif de leurs expériences personnelles, les auteurs concluent que l'acide phénique n’est pas antitoxique.

Dans le cours de ces dernières années, Francis Evelyn Place et le lieutenant-colonel Henderson appliquèrent avec succès les injections phéniquées au traitement du télanos équin.

Le premier de ces auteurs donne la lechnique suivante : injecter dans le voisinage de la nuque et des épaules 1 drachme ! d'acide phénique toutes les deux heures pendant les (rente-deux premières heures de (railement, puis moins fréquemment, suivant que le besoin s’en fait sentir dans la suite. Dans l’espace d’une heure, 1l se produit au siège de l'injection un gros gonflement qui s’affaisse graduellement pendant la convalescence. La plus large dose employée dans un cas particulier fut 39 drachmes fluides en quatre-vingt quatre heures. Il s'agissait d'un cheval arabe âgé de quatorze ans, qui guérit et put se remettre au travail vingt-deux jours après l'attaque.

L'auteur, dans les cas qui guérirent, n’administra Jamais moins de 16 drachmes : dans deux eas, il vit des chevaux mourir après l'administration par la bouche d'une 1/2 once d'acide phénique dilué donné pour une pneumonie : Francis Evelyn Place en conclut que dans

{ Drachme — 3 cc. 54.

ONCE ER 00 Cr

She le Lélanos 1l y a une lolérance spécifique pour l'acide phénique.

Avant de l’adoptler pour le tétanos humain, Henderson inslilua ce (raitement pour le tétanos équin. Son prenuer cas fut un cheval souffrant d’une allaque grave de tétanos. Il lui injecta dans la jugulaire 10 centimètres cubes d'une solution de sérum anüitoxique. Une aggravalon considérable des symptômes suivit, et le cas parut désespéré. Une dose de 1 drachme d'acide phénique lui fut injectée el, à la suite, la guérison survint,

Au mois d'octobre de cette année, M. Josias a repris l'emploi des injections phéniquées dans le traitement du tétanos expérimental. Ses résultats, qu'il a apportés à l'Académie de médecine de Paris, sont négatifs el viennent, d'accord avec ceux de MM. J. Courmont el Doyon, contre-balancer les résultâts positifs établis par les autres auteurs :

M. Josias a expérimenté sur des chèvres imtoxiquées avec de la loxine lélanique, inoculée à dose mortelle. Dès l'apparition des symplômes du lélanos, ces animaux ont reçu en injeclion » à 12 centunetres cubes d’une solution d'acide phénique à 2 pour 100. Dans aucun cas l'acide phénique n’a exercé une aclion favoable sur le tétanos. Les chèvres qui ont reçu les plus fortes doses d'acide phénique, 24 el 12 centigrammes par Jour, sont mortes plusieurs heures avant le témoin, qui paraissait beaucoup plus malade qu'elles au moment où le traitement à été commencé, C’est la chèvre qui a reçu la plus faible dose d'acide phénique, 6 centigrammes par jour, qui a résisté le plus longtemps.

er,

Bien que la chèvre supporte impunément pendant plusieurs semaines des doses quotidiennes de 40 à 5o centigrammes d'acide phénique pur (Nocard), on pourrait supposer que de meilleurs résultats auraient été obtenus avec des doses plus faibles d'acide phénique. |

Dans une seconde série d'expériences, l'acide phénique a été employé à doses plus faibles; la mort est survenue un peu plus tardivement.

Plus récemment encore, un auteur itahien, Cioffi, encouragé par le succès brillant obtenu par le traitement d’un cas de tétanos grave au moyen des injections phéniquées, a voulu faire des recherches expérimentales sur des lapins rendus tétaniques. La dose d'acide phénique employée dans les diverses expériences à été jusqu’à 42 centigrammes par jour et par lapin. Dans tous les cas, le résultat a été négatif.

Que faut-il retenir de loutes ces expériences négaüives? Il faut, avec Cioffi, donner aux faits expérimentaux leur juste valeur, sans exagérer. Dans le létanos expérimental, on assiste, à proprement parler, comme le fait remarquer l’auteur, à la forme du tétanos, tumultueuse et rapidement mortelle. S'il était possible de provoquer une forme lente du tétanos expérimental, on aurait du succès ; c’est dans les formes lentes, même très graves, que le phénol peut avoir de l'effet, comme la clinique l'enseigne par une large statistique. Il serait dangereux d'établir un parallèle entre la forme expériinentale et la forme du tétanos humain, car elles diffè-

rent en beaucoup de points, comme la période d’incubation et l’évolution des symptômes. Il y a à tenir compte des questions du terrain. Quand la forme expérimentale provoquée se rapproche, par son évolution lente, de Ia forme humaine, ce que Babès a pu faire, on peut avoir aussi des guérisons. Il faut qu'on donne au médicament le temps d'atteindre son action bienfaisante... Cioffi conclut que, dans la majorité des cas, dans la clinique humaine, on peut réussir, et que les médecins ne peuvent se sentir préoccupés de certaines défaites du laboratoire, qui tiennent à des conditions inhérentes à l'animal.

Telles sont les principales données fournies par les injections phéniquées appliquées au traitement du tétanos expérimental. Si les expériences de MM. Muzzio, J. Courmont et Doyon, Josias, Cioffi, sont absolument négatives touchant l'efficacité de la méthode, celles posiuves des autres auteurs, quand même elles n'autorisent pas à poser une conclusion précise au sujet de l'action de l'acide phénique sur l’évolution du tétanos, n'en gardent pas moins une certaine autorité et doivent être prises en considération ; el l’action antitoxique de l'acide phénique contre le tétanos semble être assez suffisamment élablie par Kitasato, Babès et Ieddaens, pour justifier dans une certaine mesure son emploi dans la pathologie humaine.

Nous allons exposer cette méthode appliquée au tétanos humain, nous réservant, par la suite, de la discuter, et de juger si au moins elle est rationnelle, et si les résultats concordent pour la conseiller.

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