‹ Traitement du Tétanos: Par les Injections Phéniquées Methode De BracelliChapitre 32 sur 34 · C. Montebelli. Supplemento al Policlinico, 1901, VII, n · texte numérisé non relu

C. Montebelli. Supplemento al Policlinico, 1901, VII, n

F... Lucia, âgée de vingt-quatre ans, se blesse au pied gauche, le 3 juin, avec une écharde qui pénètre de plusieurs centimètres dans les parties molles du talon. L'écharde est retirée par elle, une hémorragie assez abondante se produit, qu'on arrête avec peine, on ne fait aucune désinfection de la plaie; la malade continue à vaquer à ses occupations, souffrant peu où pas de sa blessure.

Le 14 juin au matin, elle est prise d'un accès de fièvre ; en même temps, elle remarque qu'elle éprouve une certaine difficulté à écarter les mâchoires par suite d'une forte sensation de tiraillement des muscles masséters.

À partir de ce jour, la blessure devient plus douloureuse et les phénomènes que nous venons de signaler vont toujours en s'aggravant. £

Le 18 juin, cinquième jour depuis le commencement des symptômes, elle entre à l'hôpital.

Le 19 juin, on est frappé, en examinant la malade, de l'état d'hypertonicité musculaire, spécialement des muscles de la moitié supérieure du corps. La têle est en hyperextension, grâce à la contracture des muscles de la nuque ; ses mouvements de latéralité sont empêchés par la contracture des sternocléido-mastoïdiens ; le facies sardonique est caractéristique ; le trismus est si prononcé qu'on ne peut pas écarter les mâchoires de plus de 1 centimètre 1/2.

Les muscles de l'abdomen sont fortement tendus. La malade présente de temps à autre des secousses convulsives de brève durée, mais très violentes, pendant lesquelles l'opisthotonos el le trismus sont exagérés.

Rien d’anormal du côté des différents viscères, Le pouls est régulier. Les urines sont normales,

On pensa qu'il était nécessaire de traiter chirurgicalement la

no) —

blessure, aussi fit-on une incision profonde qui permit de retirer les corps étrangers, on cautérisa ensuite au thermocautère, et on fit tout autour de la plaie des injections d'une solution phéniquée à 3 pour 100.

On isola la malade et on commenca le traitement de Baccelli. On débuta avec une solution d'acide phénique à 3 pour 100 et on fit une injection loutes les quatre heures, de façon à pouvoir injecter 18 centigrammes d'acide phénique par Jour.

Pendant les deux premiers jours, on ne constala aucune amélioration et même l'opisthotonos et le trismus avaient tendance à s'accentuer. On porta le titre de la solution phéniquée à 5 pour 100, afin de pouvoir injecter 3o centigrammes en vingt-quatre heures.

Il se passa trois jours pendant lesquels les symptômes ne s'amendèrent pas; on fil alors une injection toutes les deux heures, soit 6o centigrammes d'acide phénique par jour au lieu de 30 centigrammes.

Ce traitement fut continué jusqu'au 8 juillet, avec une interruplion de deux jours (1° el 2 juillet) nécessitée par une courte apparition d’albumine.

Une première amélioration fut notée le septième jour du traitement. La malade avait reposé presque toute la nuit et présentait une diminution notable de la rigidité des muscles, spécialement de ceux de l'abdomen et de la nuque. A partir du 24 juin, l'amélioration progressa lentement d'une façon ininterrompue,

Le 7 juillet, la malade se leva pour la première fois: elle quitta l'hôpital, guérie, le 0 juillet.

Pendant toute la durée du traitement, la malade avait pris

25 grammes de sulfate de soude par jour.

Page 1