PRÉFACE
On prétend que Newton a trouvé les lois de la gravitation universelle en regardant tomber une pomme ; on dira peutêtre un jour que j’ai trouvé le traitement curatif du croup et de la phthisie en regardant un peintre qui appliquait de l’essence de térébenthine sur du papier moisi.
En effet, les moisissures blanches qui se développaient sur une bordure de papier rouge ressemblaient à s’y méprendre aux fausses membranes de l’angine couenneuse qui se développent dans la gorge — et lorsque j’appliquai, pour la première fois, une couche d’essence de térébenthine sur des plaques diphthéritiques, l’effet m’a paru exactement le même que celui qui avait été produit sur les moisissures de mon papier. Dans les deux cas, ï essence hydro-carburêe tue et détruit des microbes qui vivent sur un terrain spécial avec le concours de l'air et de l'humidité; de plus, dépôt dé une couche résineuse prive ces j)etits êtres des (déments ou aliments nécessaires à leur développement. Mais, comme une découverte en entraîne toujours d’autres à sa suite, on verra par la lecture de ce Mémoire qu’en multipliant les expériences sur moi-même, et sur les malades , j’ai obtenu des résultats très curieux , presque incroyables et auxquels, pour ma part, j’étais loin de m’attendre au début.
Il est probable que des expérimentateurs maladroits ou peu attentifs contesteront ces résultats ; mais en répétant mes expériences convenablement (1), ils finiront par constater que
(1) Le lecteur doit comprendre que dans un travail d’ensemble aussi général que celui-ci, il est impossible de donner des détails minutieux
lous ces faits, si extraordinaires qu’ils puissent paraître au premier abord, sont parfaitement vrais et conformes aux lois si simples qui régissent tous les phénomènes de la nature, aussi bien en patliologie qu’en thérapeutique (1).
sur les différents effets que Ton peut oDteuir par les inspirations fortes ou faibles, longues ou courtes, fréquentes ou rares ; suivant que les liquides volatils sont plus ou moins chauffés, — que l’atmosphère de la chambre est préalablement imprégné, et de substances analogues ; — que les malades sont plus ou moins susceptibles et capables de faire des inspirations plus ou moins profondes, etc.
Un de mes anciens collègues, le D" Girault, celui qui a pratiqué avec succès la fécondation artificielle sur des femmes, me disait un jour ; M. Piorry a eu raison d’appeler les tubercules desphymies; ce sont des végétations ou plutôt des résultats de végétations cryptogamiques. — Vous arriverez certainement, par vos inspirations parasilicides et balsamiques, à tueries germes parasitaires morbides et à cicatriser les cavernes du poumon, mais vous aurez à lutter contre d’autres difficultés pratiques, les unes venant de la part de vos malades, et les autres delà part de vos confrères ; eh bien, ces dernières ne seront pas les moindres. Souvenez-vous que la médecine est à la fois une science, un art et une [U’ofession.
(1) Je crois devoir signaler spécialement deux phénomènes accessoires, mais qui pourront acquérir une véritable importance pratique : 1® la dégustation des arômes par les inspirations ; 2“ la modification avantageuse delà voix à la suite des inspirations de vapeurs essentielles ; mais d faudrait des volumes pour exposer un détail de toutes ces expériences.