‹ Traitement et guérison du croup et de la phthisie par les inspirations anti-microbiques et médicamenteusesChapitre 2 sur 2 · DES INSPIRATIONS · texte numérisé non relu

DES INSPIRATIONS

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ANTI-MICKOBIQUES OU PARASITICIDES

Je viens, tant en mon nom que comme délégué de la Société médicale du Panthéon, vous faire connaitre une série de résultats étonnants obtenus par les inhalations ou inspirations médicamenteuses et parasiticides ou anti- microbiques , — puisque microbes il y a.

Lorsqu’ en 1856 (1) j’ai proposé de faire cesser les névral gies presque instantanément au moyen d’injections de morphine ou de chloroforme pratiquées sur les points douloureux, j’ai rencontré des incrédules .

Lorsqu’en 1867 j’ai appelé l’attention de mes collègues sur le rôle important du phosphore et des phosphates dans l’organisme, tant au point de vue de l’alimentation qu’au point de vue de la constitution et des fonctions du système nerveux, j’ai rencontré des indifférents.

Enfin lorsqu’en 18o9, dans un concours d’agrégation, à propos de la vaccine, j’ai* parlé du rôle des ferments morbides et des cellules pathogéniques, M. le professeur Trousseau est peut-être le seid qui ait paru attacher de l’importance au rôle de ces microbes.

(1) Cours sur les maladies nerveuses, fait à l’Ecole pratique de la Faculté de médecine de Paris, avec l’approbation do M. le ministre de l’instruction publique.

Or, vous savez si présentement on use et on abuse des microbes, des phosphates et des injections de morphine.

Aujourd’hui, je me propose de vous entretenir d’un genre de médication qui, tout bizarre qu’il puisse paraître au premier abord, a donné, donne, et donnera des résultats pour le moins aussi favorables et aussi curieux que les médications précédentes, mais bien entendu à la condition de ne pas en abuser. 11 s’agit tout simplement de faire pénétrer par les voies respiratoires des substances médicamenteuses qui pourront ag’ir de trois manières bien differentes ; savoir :

1° Directement et localement par leur contact immédiat avec les points malades de l’appareil respiratoire.

2° Indirectement , sur le système nerveux et sur l'organisme tout entier, en pénétrant par le poumon dans le torrent circulatoire.

3” En tuant ou en détruisant les parasites végétaux ou animaux qui, sous les noms différents de germes, ferments , microbes , altèrent nos humeurs ou désorganisent nos tissus.

Trois exemples me feront, je l’espère, bien comprendre.

Dans le premier cas, j’aspire fortement de l’air chargé d’essence de térébenthine et de goudron et j’éprouve aussitôt dans la gorge et dans la poitrine une sensation de chaleur et de picotement qui me force d’abord à tousser, mais qui disparaît rapidement, en laissant une sensation de chaleur assez agréable qui persiste pendant un certain temps, comme si on avait un plastron de flanelle à l’intérieur ; ceci prouve que la muqueuse bronchique a été touchée sensiblement et modifiée par le contactde cette vapeur résineuse; donc : actionlocale^\o.% ou moins persistante sur le larynx, la trachée, les bronches, Je poumon et les cellules pulmonaires, action dont nous verrons qu’il est possible de tirer parti au point de vue thérapeutique.

Dans le deuxième cas, je fais de légères et nombreuses aspi-

rations d’air, chargé de ces mêmes substances, et j’éprouve une sensation d’ étourdissement ’&mme à\uiQ évacuation d'urine fortement imprégnée de l’odeur de violette ; donc : actum générale sur le système nerveux et sur tout l’organisme par l’intermédiaire du sang; action dont il est également possible de tirer parti, au point de vue thérapeutique.

3° Enfin, dans les maladies des voies respiratoires, telles que la phllvsie pulmonaire, le croup et V angine couemieuse, il faut de toute nécessité admettre qu’il existe : soi/ des microbes végétaux ou animaux, vivants sur les tissus en les désorganisant; soit une altération simple ou spontanée de ces mêmes tissus.

Eli bien, en présence de ce dilemme, je me suis dit:

1“ S'il g a des microbes ? — qui empêche de les tuer en faisant inspirer, inhaler, aspirer ou respirer (comme on voudra) des substances par asiticides ouanti-microhiques volatiles qui passeront dans l’air que nous respirons, et qui tueront les microbes, sans tuer ï homme qui respire.

2° S'il n'y a pas de microbes ? — s’il n’y a qu’une simple altération de tissu produite par le contact d’un air froid et humide, une irritation ou une ulcération locale, qui donc empêche de faire respirer, inhaler, ou inspirer, des substances volatiles, alcooliques, résineuses, sulfureuses, aromatiques, lesquelles sont journellement employées avec succès sur les plaies extérieures pour en changer la nature et l’aspect? En effet, il n’y a pas de raison pour que ces substances vaporisées et la respiration elle-même sur les plaies intérieures du larynx, des bronches et des poumons ne puisseni modifier avanfageusement la nature et Easpect de ces plaies internes, ainsi que les secrétions morbides qui en sont la conséquence, comme les crachats purulents et fétides.

C’est ainsi que j’avais entrepris, il y a plus de trente ans, alors que j’étais interne à rhôi)ital de Tours et préparateur du cours municipal de chimie, une série d’expériences que je

viens de reprendre, avec mon fils, expériences qui me paraissent devoir fixer très sérieusement l’attention non seulement des mé' decins praticiens, mais encore des savants et des naturalistes, car elles conduiront très probablement à connaître la véritable constitution des virus, et par suite à détruire les germes de plusieurs maladies virulentes ou miasmatiques.

Je crois devoir faire observer, en passant, que mon procédé diffère de celui de M. Pasteur, en ce sens qu’au lieu de chercher à isoler ou à atténuer (1) les microbes et leur vitalité, je cherche à les tuer et à les détruire, ce qui me parait tout aussi utile.

On trouvera peut-être mes appareils et mes explications trop peu compliquées et trop simples, mais cela m’est indifférent, car, avant tout, je cherche la vérité. Or, j’ai l’espérance, je dirai plus, la conviction, qu’il est possible d’arriver à des résultats très importants (sans laboratoire fastueux) en se fondant sur des expériences que chacun peut répéter facilement et sur des explications que tout le monde peut comprendre.

Voici d’abord en quoi consiste l’appareil inspirateur ou inhalateur anti-microbique présenté en mon nom à l’Académie par M. le Doyen de la Faculté de médecine de Paris.

Voir la figure à la dernière page.

1" Un biberon à deux orifices renversé ou retourné contenant un liquide médicamenteux parasiticide, comme benzine, pétrole, goudron, créosote, acide phénique, essence de térébenthine ou autre, camphre, chloroforme, éther, alcools, teintures alcooliques, chlore, iode, brome, sulfures, cyanures (2), etc., etc. '

2" Un tube de Liebig à trois boules dans lequel on introduit

(Ij II les cultive en les atrophiant ou les atrophie en les cultivant, c’està-dire en les nourrissant avec du houillon qui conslüue pour ces cires une nourriture insufpsante ; moi, je les empoisonne et je les tue.

(2) J’ai expéiûmenté sur moi-même deux cents substances environ, y compris les eaux minérales et les eaux distillées.

les microbes et par lequel on aspire, après l’avoir joint au biberon sus-indiqué, au moyen d’un tube de caoutchouc.

L’aspiration peut se faire : soit au moyen de la bouche, soit au moyen d’un écoulement d’eau par un vase de Mariotte. Elle pourrait être remplacée par une insufflation pratiquée au moyen d’un ballon en caoutchouc rempli de gaz, ou au moyen d’un insufflateur fixé à l’orifice d’entrée de l’appareil, comme celui que je vous présente en ce moment. [Yoir la figure à la fin du mémoire.')

Qaelle que soit la disposition préférée, l’air ou le gaz extérieur est forcé de pénétrer dans le biberon, de barboter dans le liquide médicamenteux ou anti-microbique contenu dans le biberon, et de passer sur les microbes contenus dans le tube de Liebig. En faisant l’expérience avec des substances aussi peu dangereuses que l’essence de térébenthine, le goudron et l’acide phénique, j'ai vu mourir, som mes yeux, tous les microbes plongés dans l'air que je respirais, moi, impunément. Or, il est bien évident que si l'air que je respire tue les microbes, sans faire de mal à moi-méme, j’ai trouvé le moyen, ou tout au moins ta voie à suivre pour arriver à guérir des maladies qui sont produites ou aggravées par la présence des microbes, des bacilles, des bactéries, etc., comme il arrive dans la pbthisie pulmonaire, le croup, l’angine couenneuse, etc.

Tous les microbes végétaux ou animaux plongés dans les essences hydro carburées, térébenthine, goudron, pétrole, benzine {\),etc., péiissent rapidement.

Plongés dans l'air d’une cloche placée au-dessus d’un vase contenant ces mêmes substances, ils succombent également, quoique plus lentement, et placés dans mes tubes inspirateurs, ils périssent de la même manière.

(1) Ou u’a pas encore montré de microbes vivant dans ces subslaiic-os qui paraissent éminemment toxiques peureux.

Tous ces faits sont concordants ; aussi j’attends avec une certaine curiosité les contradicteurs (s’il en existe) et les expériences qui pourraient m’être opposées.

Si vous coupez des morceaux de colle de pâte ou de colle de peau, et si vous recouvrez les uns avec de l’eau, et les autres avec du vernis à l’essence, les morceaux recouverts d’essence se conserveront en parfait état, tandis que les autres se couvriront de moisissures et de vermine, se décomposeront et répandront l’infection. Mais ces mêmes moisissures disparaissent et fondent instantanément, si vous les touchez avec de l’essence.

Or, c’est précisément ce que j’ai constaté pour les fausses membranes de l’angine couenneuse et du croup qui sont des moisissures ou des végétations ’&Qdévelo'ppant et vivant de préférence sur tes jeunes tissus où elles trouvent l'air et T huoiidité nécessaires à leur existence. Ce sont des «ëroâims ; quand vous

les placez dans un air saturé d'essence, ils dépérissent et ils meurent.

L’application d’une couche d’essence, ou mieux encore, l’application d’une couche de résine de copale (1) dissoute dans l’essence les désorganise et les tue bien plus vite et bien mieux qu’une application de nitrate d’argent, malgré la causticité bien connue de ce sel.

C’est de la même manière que j'ai tué du virus vaccin en le mêlant avec l’essence de térébenthine et que mon ami le D'' Kaufmann (de Berlin)a tué le virus cbancreux. Il est probable que l'on pourrait tuer et désorganiser de la même manière, et tout aussi bien qu’avec le fer rouge, le virus de la rage.

Il me paraît regrettable que M. Pasteur n’ait pas jugé à propos défaire des expériences dans ce sens; car ces expériences,

(1) Si j’appliquelesoir sur ma langue une couche de vernis copal, je sens parfaitement le lendemain la couche de résine qui subsiste, tandis que si je me contente d’appliquer une couche d’essence simple, elle s’évapore rapidement et la couche de résine qui persiste est imperceptible.

d’ailleurs très simples et très inoffensives, auraient pu être non seulement curieuses, mais encore t7'ès utiles l’humanité.

J’espère que d’autres savants placés dans des conditions favorables n'hésiteront pas à tenter d’entraver la marche et le développement de cette terrible maladie par le procédé que je propose en ce moment.

Vous savez tous que le pétrole et l’essence de térébenthine appliqués sur la peau traversent rapidement l’épiderme et tuent aussi bien la gale que les poux. Vous savez également que, si on plonge son doigt dans un vase d’essence, on rend au bout de peu de temps des urines imprégnées de l’odeur de violette; donc l’essence traverse non seulement la peau, mais encore tous nos tissus très rapidement.

Or, si, d’une part, l’essence a la propriété de tuer les virus en se mêlant avec eux, et si, d’autre part, elle a la propriété de traverser rapidement nos tissus, il ne pai'aît pas hvpossible upi o,r\ plongeant dans un vase rempli d’essence le membre mordu par un chien enragé, l’essence pénètre à travers les tissus, se mêle avec le virus rabique, le désorganise et le tue, comme il arrive pour le virus vaccin.

Aussi, je vous assure bien que s’il m’arrivait d’èlre mordu par un chien enragé, je ne manquerais pas de plonger mon pied ou ma main dans un vase rempli d’essence, et j’aurais plus de confiance dans ce procédé que dans des vaccinations anti- rabiques préventives.

Tout en admettant ce genre de médication comme possible, j’y ferai la même objection qu’aux vaccinations an tisypbili tiques proposées jadis par mes collègues les D’® Kauffmann et Auzias-Turenne. Je ne vois pas l’utilité de se donner à coup sûr la vérole, la rage, le charbon ou toute autre maladie virulente, même légère, quand il y a une très grande probabilité qu’on n’en sera pas atteint, en vivant à la manière ordinaire, et sans se faire intoxiquer par avance.

Mais, je ne veux pas insister davantage sur cette très curieuse et très grave question des virus, et je reviens à la question des inspirations ou inhalations (1) que tanl de personnes croyent connaître , alors qu'elles nen soupçonnent pas l' importance et n en connaissent même pas les effets les plus simples et les plus manifestes»

Ainsi, lors de mes premières communications, j’ai rencontré tantôt X incrédulité^ tantôt l’admiration, tantôt un étonnement qui allait jusqu’à la stupéfaction.

Aujourd’hui, après des centaines d’expériences concordantes, je puis dire que ma conviction est faite; sur 6 enfants atteints d’angine couenneuse et de croup, 3 ont guéri pour avoir respiré fréquemment les vapeurs de goudron et d’essence de téréhenlhine, après avoir subi les badigeonnages et les injections avec l’essence, et 3 sont morts' (dont 2 à l'hôpital et malgré l’opération) pour n’avoir pas pu respirer ces vapeurs.

Ces faits ont été pour moi tellement positifs et saisissants que j'ai osé mettre dans ma. bouche les tubes des biberons inspirateurs qui avaient servi à ces enfants, tandis que, ordinairement, je me garde bien de me servir de leurs cuillères.

Quant à la phthisie pulmonaire, voici ce que je puis dire : des malades avaient été obligés de suspendre leurs travaux; ils avaient craché du sang, toussaient, avaient des sueurs nocturnes, dépérissaient. Ils ont cessé de tousser, de cracher, de transpirer, de maigrir ; ils ont repris leurs travaux sans les suspendre un seul jour pendant cet hiver, et ils ont gagné 6, 8, 10, 12, 15, 16 et 22 livres en poids.

Eh bien, je dis que, même en admettant des erreurs de diagnostic possibles, quoique peu probables, il y a là quelque chose de très remarquable. Il y a ou une destruction du

(1) Les effets produits par les pulvérisations sont bien moins curieux et bien moins avantageux.

microbe, du bacille, si on admet une phthisie parasitaire, ou une cicatrisation des cavernes, si on admet Tulcération simple du tissu pulmonaire, et ce résultat est certainement dû aux inspirations d'essence et de goudron.

Maintenant, je crois devoir vous citer quelques-unes des observations qui m’ont le plus surpris :

Un de mes anciens clients s’était guéri d’une bronchite chro nique (1) en respirant mon biberon inspirateur chargé de goudron et d’essence de térébenthine; son fils, âgé de 18 ans, qui était souffrant depuis longtemps, mais sans être absolument malade, se mit à* respirer le biberon paternel pour se distraire ; or, au bout de quelques jours, il rendait un magnifique ver solitaire^ dont ni moi, ni personne n’avions soupçonné l’existence, mais que les inspirations térébenlhinées ont bien su faire sortir, en pénétrant par le sang dans les tissus de ce jeune homme.

Il y a quelques jours, un teinturier avait eu l’imprudence

(1) Un effet des plus connus et des plus remarquables de l’essence de térébenthine est son action dessiccative ou desséchante : or, les catarrheux, en aspirant régulièrement des vapeurs essentielles, finissent par voir leur sécrétion bronchique diminuer petit à petit : ils ne ronchonnent plus, ils ne toussent plus, ils dorment, et laissent dormir leurs voisins.

En appliquant sur mes mains des couches d’essence, je me dessèche la peau au poiut de la rendre rugueuse, cassante et fendillée, mais ce qui pour moi devient un état pathologique curieux, a rendu un très réel service à de charmantes jeunes filles atteintes de transpirations abondantes des mains et des pieds.

Une légère application d’essence de térébenthine, faite tous les soirs au moyen d’un pinceau, a promptement modifié la vitalité, la structure et la secrétion de la peau, de telle sorte qu’elles ne tachent plus leurs gants, ne rouillent plus leurs aiguilles et peuvent exécuter de petits ouvrages en satin sans les abîmer.

J’ajoute que, dans ce cas, il n’y a pas à craindreles répercussions terribles qui suivent souvent les immersions dans l’eau froide, parce qu’il n’y a pas de cessation et suppression brusque d’une fonction, mais une diminution progressive par suite d’une modification de la vitalité et de la sécrétion d’uii tissu.

de verser sur de la baryte une quantité relativement considérable d’acide chlorhydrique et il en était résulté un dégagement de vapeurs cbioriques extrêmement abondantes. Le malheureux toussait, suffoquait, larmoyait. Un pharmacien du voisinage lui fit boire du lait ; un médecin lui fit respirer un peu d’en U ammoniacale et boire de l’eau de Vichy ; il en était résulté un peu d’adoucissement et de fraîcheur dans la gorge ; mais cela ne diminuait ni l’oppression de la poitrine, ni l’irritation des bronches. Appelé, sur ces entrefaites je fabriquai séance tenante un biberon inhalateur ou inspirateur contenant 120 grammes d’essence de térébenthine et 10 grammes de chloroforme, et après quelques inspirations le malade ne souffrait plus.

Ces inspirations à la fois calmantes et cicatrisantes furent reprises plusieurs fois par jour, pendant quatre jours, et le malade si heureusement guéri a pu se remettre en voyage en parfaite santé.

11 est à remarquer qu’avec ce procédé on peut diluer le chloroforme autant que peuvent l’exiger la sécurité, la susceptibilité et le goût des malades ; il n’est pas besoin de gazomètres embarrassants et dispendieux pour opérer le mélange avec l’air ; l’opérateur peut régler le courant à volonté.

U E homme atteint de gastmlgie très pénible, et qu’aucun médecin n’avait pu soulager, étant venu me consulter, se mit un jour à respirer un biberon chargé d’essence et de chloroforme, pendant que je transcrivais son ordonnance, et ses douleurs disparurent comme par enchantement, si bien qu’au lieu de suivre mes prescriptions, il emporta le biberon qui l’avait délivré de ses souffrances et auquel il a recours quand il éprouve quelque douleur.

Nombre de personnes atteintes de laryngite, d’enrouement, de raucité de la voix se sont trouvées débarrassées de leur infirmité après quelques inspirations et je pourrais citer telle

chanteuse qui a toujours soin de pratiquer cette petite opération avant de se faire entendre (1).

J’avais constaté nombre de fois sur des acteurs, des sergents de ville, des employés de l’octroi et sur moi-même, pendant mes services de nuit, qa’en ayant soin de pratiquer un certain nombre d’inspirations, 30 ou 40 avant de sortir d’un local très chaud, on pourrait impunément passer dans un air glacial chargé de brouillard sans ressentir l’impression du froid et de l’humidité, lorsqu’un jour un officier ayant eu connaissance d’une de nos communications à l’Académie crut devoir en faire part à l’un de ses soldats atteint de bronchite ; je transcris ici ses lettres à cause même de leur originalité bien caractéristique.

5 février. — Je suis en ce moment en garnison au fort du Pornant, au sommet d’une montagne, à930 mètres au-dessus du niveaudela mer, à5 kilomètres detoute habitation: c’est un véritable pays de loups, il y a de la neige jusqu’au mois de mai, et où il fait un froid horrible. Aussi un grand nombre de mes camarades sont atteints de rbumes et de bronchites qu’ils ne peuvent guérir. — Votre bonne consultation leur ferait le plus grand bien, car ici nous sommes constamment dans l’humidité et le brouillard ; grâce à vous, nous pourrons éviter les bronchites.

2i février. — J’ai fait l’essai de votre biberon aspirateur avec mes camarades atteints de rhume et, tous, nous avons été d’accord pour dire qu’il produisait un excellent effet. — Cela nous paraissait drôle, dans le commencement, de téter au biberon, mais on s’habitue à tout ; il nous semble maintenant que nous fumons une énorme bouffarde. — Nous suivons exac-

(1) Par contre, les aspirations de teintures alcooliques et de créosote qui, à l’occasion, réchauffent l’interieur de la poitrine, donnent à la voix un timbre rauque et sourd. Les peintres ont la voix claire et les ivrognes üut la voix rauque, etc., etc.

lement le mode d’emploi que vous avez bien voulu nous donner; nous faisons 3 fois par jour à jeun de profondes inspirations, pendant 4 minutes, et nous sentons l’essence et le goudron pénétrerdans les poumons, ce qui nous fait grand bien ; c’est donc une bonne aubaine pour nous que de posséder votre excellent traitement. Je vous en remercie sincèrement, et tous mes camarades se joignentà moi pour vous exprimerleur reconnaissance.

Le capitaine a fait acheter 3 ou 4 biberons, et ces excellentes bouffardes nous préserveront des bronchites, rhumes, etc., qui ont élu domicile depuis longtemps dans ce pays perdu et glacé.

Enfin, s’il m’était permis de parler de moi-même dans un pareil sujet, je dirais qu’à deux époques différentes je me suis enrhumé en revenant de la campagne, le soir, par un temps froid et humide, et que deux fois je me suis guéri en respirant, pendant la nuit, des vapeurs de goudron et de térébenthine. Si l’on s’en étonnait, je ferais observer que de même qu'il suffit d'un simple courant d'air froid et humide pendant quelques minutes pour produire la congestion, l’irritation et l’état morbide de la muqueuse aérienne, de môme il ne faut que le contact, pendant quelques minutes, d’une couche de vapeur résineuse sur cette muqueuse aérienne pour obtenir la cessation des phénomènes morbides survenus si rapidement. Mais c’est à la condition d’agir très peu de temps après l’apparition des premiers symptômes morbides (l).

Mais, me dira- t-on peut-être, il résulte de cette communication, qu'avec un modeste biberon on peut obtenir une quayitité d'effets très différents ; assurément, répondrai-je, puisque part il est possible d’introduire dans cet instrument un grand nombre de substances médicamenteuses produisant des

(1) Une dame me disait : si je ne vous ai pas fait appeler cet hiver, ce n’est pas que mes enfants aient manqué d’attraper des rhumes ; mais, aussitôt j’avais recours aux inspirations, et grâce à votre biberon, les rhumes disparaissaient comme par enchantement.

effets différents, et puisque d'autre pari une seule substance peut produire des effets bien différents.

Il est évident : l" que si vous recouvrez la muqueuse respiratoire d’une couche de vapeur essentielle ou résineuse, rom pourrez empêcher T action de l'air froid et humide sur cette muqueuse, et prévenir les rhumes, les bronchites, les larynrjites, les enrouements (1), etc.

2“ Que cette couche de résine peut exercer une action excitante ou cicatrisante sur une partie malade et empêcher l’entrée des microbes parcelle plaie béante.

3" Que cette essence, en passant dans le sang, peut et doit modi/ier la constitiUion de nos humeurs, tuer les microbes qui s’y trouvent, et troubler plus ou moins les fonctions du système nerveux.

Il est également facile de comprendre qu’un homme atteint de cancer de la bouche et de la gorge peut désinfecter son haleine et calmer ses souffrances en respirant avec ce petit appareil chargé de chloroforme, d’essence et de goudron : qu’une femme en mal d'enfant, peut arriver à calmer ses douleurs, etc. On pourra contester les guérisons de phthisie, de croup et d' angine couenneuse obtenues par les inspirations, mais cela n empêchera pas les faits d' exister, aussi bien que la destruction des microbes ordinaires.

J’ai même construit à l’usage des savants incrédules un petit biberon inspirateur contenant 30 grammes d’eau, 30 gouttes de jus de citron et 1 gramme de cyanure de potassium, et je crois pouvoir affirmer que dès la première aspiration, si mon contradicteur ne tombe pas foudroyé, il sera con-

(Ij C’est l’effet d’une couche de térébenthine qui, appliquée sur uin; muraille, empêche le brouillard et l’humidité de pénétrer le plâtre de cette muraille et de la détériorer.

verti et croira à l’influence puissante des inspirations aussi bien sur l’honinie que sur les microbes.

Je ne veux pas abuser de votre attention, et je me résume en disant : avec ce singulier instrument et précisément à cause de son extrême simplicité, on peut faire non-seulement une quantité d’expériences biologiques sur la respiration, la voix, la sonorité des cordes vocales, l’intoxication du sang et du système nerveux, l’anesthésie, la susceptibilité de la muqueuse respiratoire, la dégustation des arômes, etc., etc., mais encore obtenir des effets préservatifs ou curatifs dans le plus grand nombre des maladies de l’appareil respiratoire, etc.

En effet, si vous faites seulement Ib ou 20 inspirations pendant une minute (l’appareil étant chargé d’essence de térébenthine et de goudron), vous recouvrez toute la muqueuse respiratoire d une très légère couche de résine qui^ d'une part^ empêche l’action de l’air froid et humide, c’est-à-dire prévient les enrouements, les laryngites, les bronchites, etc., Qiopii, d’autre part^ donne à la voix un timbre et une sonorité remarquables. Après huit ou dix inspirations, il est presque toujours possible de constater ce phénomène qui a surpris bien des personnes, orateurs ou chanteurs ; il est alors possible de donner des notes qu’on ne pouvait émettre quelques secondes auparavant (1).

Cette couche de résine hydro-carburée est, en outre, éminemmentou anti-microbique et par conséquent susceptible de détruire les miasmes, les virus, les ferments morbides, germes, bactéries ou bacilles de la phthisie pulmonaire, du croup, etc. (2).

(1) Je crois pouvoir comparer cet effet à celui de la colophane sur la corde du violon.

(2) Lorsqu’on a signalé l’influence favorable exercée, sur la coqueluche par le séjour des enfants dans les usines à gaz, j’ai constaté qu’on pouvait obtenir le même résultat en plaçant près du lit des enfants des vases contenant du goudron, de la benzine et de l’ammoniaque, qui répandent dans l’air des émanations presque identiques.

Si vous augmentez la proportion du goudron avec ou sans addition de créosote de hêtre, d’acide pliénique, etc,, vous l'oquez des quintes de toux par une sorte d’irritation locale passagère, ce qui, dans le croup, force les enfants à expulser des fausses membranes, en quelque sorte à volonté ; mais sans les fatiguer comme les vomitifs.

Si vous ajoutez du chloroforme et de Féther, vous pourrez calmer la toux, suspe?idre les quintes d’asthme et de coqueluche (1), obtenir de puissants effets antispasmodiques et même déterminer V anesthésie aussi bien pendant l’accouchement que pendant lescrises hépatiques, néphrétiques, goutteuses ou rhumatismales et cela sans danger pour les malades, puisque, grâce au mécanisme de l’appareil, l’air arrive toujours en abondance dans les poumons.

Par ce procédé si simple, les médecins modifient la vitalité et la sécrétion de la muqueuse respiratoire , comme les chirurgiens modifient la vitalité et les sécrétions des plaies extérieures, au moyen des alcooliques et des balsamiques.

On peut également modifier l’odeur, l’aspect et la quantité des urines aussi bien que des crachats, purifier Fhaleine, et même introduire dans le torrent circulatoire {sans fatiguer l’estomac) bien des substances qui trop souvent sont rejetées hors de l’organisme après avoir troublé plus ou moins profondément les fonctions digestives.

Enfin, 51 vous croyez, comme moi, que les malades se trouvent souvent fort bien derespirerV air imprégné eles émanations dessapins ou des eaux sulfureuses, j ouvre à la thérapeutique un champ immense ; car la très grande majorité des malades ne peut, faute de moyens matériels suffisants, se rendre à Arcachon ou dans les Pyrénées, mais il n’est pas de malheureux qui ne puisse,

(1) En même temps la muqueuse dénudée se recouvre d’une légère couche de résine impropre au développement de nouvelles fausses membranes.

moyennant quelques sous, respirer pendant long temps dans un biberon (comme celui que je vous présente) de l’air chargé soit des vapeurs balsamiques de la térébenthine, du goudron, du benjoin, du loin, etc., soit des vapeurs d’eaux minérales sulfureuses ou autres, si manifestement efficaces dans le traitement des affections chroniques, des catarrhes, etc., etc.

Ceux qui voudront bien répéter mes expériences avec soin (1 ) obtiendront certuinonent des résultats aussi étonnants et aussi favorables que ceux indiqués dans les mémoires que j’ai eu • l honneur de lire à l’Académie des sciences et à l’Académie de médecine.

Ils ne feront certainement pas repousser les poumons ronges par la phthisie, mais ils guériront des phthisies, des croups et bien d’autres maladies parasitaires ou non parasitaires.

Ayant cherché à connaître les impressions produites par mes communications précédentes, voici ce que j’ai appris de plus intéressant.

L’un a dit : il y a là une révélation et probablement une

A) Je ne saurais trop appeler ratlention dernes collègues surles insuccès auxquels ils s’exposeraient en répétant les expériences absurdes que j’ai vu faire avec des appareils mal construits, mal réglés, mal dosés, mal employés.

Certes, on obtient avec les inlialations des succès bien plus fréquemment et bitn plus facilement qu’avec les pulvérisations, dans la bronchite, le croup et la phthisie, mais, encore ne doit-on pas procéder toujours le la même manière.

Evidemment, dans le croup, le développement des fausses membranes étant très rapide et très dangereux, il faut tâcher de faire 'pénétrer fréquemment dans X arbre aérien des torrents de vapeur antimicrohique ; tandis que dans la phthisie la marche de la maladie étant lente, il faut surtout en faire pénétrer souvent et pendant longtemps. Or, j’ai vu des médecins qui SC contentaient de faire faire quelques aspirations, puis (]ui déclaraient rnaglstralemont que, par ce procédé, ils n’avaient obtenu aucun succès !!

Je le crois sans peine ; c'est comme si, après avoir louché la corde d’un violon, je déclarais qu’avec cet instrument il n’est pas possible d’exécuter un morceau de musique.

révolution dans le traitement des maladies de poitrine, surtout s’il y a des microbes.

L’autre a dit : ce n’est pas sérieux ! ce n’est pas possible ! — Pourquoi ???

Un troisième : c’est aussi cocasse que les vaccinations au bouillon de poulet de M. Pasteur, mais c'est peut-être aussi sérieux et plus pratique.

Un quatrième : il doit y avoir quelque chose d’utile à tir^r d’expériences aussi variées et aussi originales.

Pour celui-ci je n’ai rien inventé, et pour celui-là j’ai fait en médecine ce qu’Edison a fait en électricité, mais le comble, c’est l’appréciation d’un de nos plus célèbres savants : tout cela est possible, mais c'est iroji simple : c’est même tellement simple que tout le monde aurait dû y penser !!!

Quant à moi, j’espèreavoir démontré une fois de plus, que les résultats physiologiques^ patholofiiques et thérapeutiques les plus étonnants et les pjlus favorables (1) peuvent être obtenus par les moyens les plus simples.

(1) Si on ne guérit pas constamment les malades, il convient de rappeler que la médecine est un art rpû i/aéril quelquefois, soulage sonoent, console toujours.

Les inspirations médicamenteuses etparasiticidesou anti-microbiques peuvent être considérées comme constituant la médication la plus ralionnelle, la plus efficace et même la seule véritablement spécifique contre les maladies de l’appareil respiratoire ; mais cela ne m’empêche pas de maintenir que dans la phthisie principalement, il ne faut négliger aucun des moyens adjuvants — aussi bien les calmants, que les révulsifs, aussi bien les toniques que les reconstituants.

11 faut non-seulement tuer les microbes et cicatriser les plaies extérieures, mais encore l éparer l’organisation épuisée et détériorée.

Certes les [diosphates l'huile de foie de morue, l’alimentation abondante ou la snralimention peuvent réparer bien des dégâts ; malheureusement, les pauvres ne peuvent pas se procurer une riche alimentation, et Vélèmenl niisèrc est trop souvent la cause première de V altération, de l'organisa/ùrn cl de Pappard ion (le )n/eroljes dans les tissus de mauraise qualité.

D'- L. SAXDRAS.

LE

Bikron Inspirateur ou Inhalateur Anti-MicroMque

du Docteur SANDRAS

PRÉSENTÉ A l’académie PAR M. LE DOYEN DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE ET AU CONGRÈS DES SOCIÉTÉS SAVANTES, A LA SORBONNE se compose essentiellement des parties suivantes :

{Voir la planche ci-contre)

1° Un ynse ou réapieni contenant lo liquide médicamenteux ou anti-microbique.

2" Un bouchon percé de deux trous, pour le passage des deux tubes ci-après indiqués :

3" Un tude aspirateur nonp/on^eur, jionvsLnt présenter des renflements et contenir des microbes.

4“ Un ta/je plongeur destiné à faire passer l’air extérieur à travers le liquide médicamenteux.

Un insufflateur peut être adapté à ce tube (1).

Cet appareil a reçu une quantité de noms plus ou moins heureux, suivant les usages auxquels il a été employé. Biberon magique, biberon accoucheur, insensibilisateur, aspirateur ou inhalateur parasiti eide, antbmicrobique, anti-miasmatique, an tu catarrhal, broncbopbile, laryngopbile, gare-à-toux, fumigateur anti-asthmatique, purificateur de l’haleine, clarificateur et conservateur de la voix.

Appareil contre le croup et la phthisie pulmonaire.

Pneumomètre, bioscope, dégustateur des vins, des arômes, etc., etc.

(1) On peut adapter des soupapes, un aspirateur, un compteur, pour certaines expériences.

jY. PaPvENT, imprimeur de la Faculté de médecine, A. Davy, successeu»^

vue Madame et rue Monsieur-le-Prince, 14.

INHALATEUR ANTi-MlCROBlQUE c{li 5anc[ras.

cO

Inspirateur Biberon inspirateur Jubé a Microbes

gradué contenant le liquide anh' - niiaobiqr.ie morts et embaumés

en cenli mètres cubes. ou médicarnenleus . pendant Les insq-drations .

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