ORDRE D’APPARITION DES MANIFESTATIONS LYMPHATIQUES
Les manifestations du lymphatisme suivent une évolution assez bien déterminée. C’est ce que Razin décrivait sous le nom Ae scrofule primitive.
Entre la première et la seconde dentition le lymphatisme peut débuter de deux façons :
1° Soit par une dermatose sécrétante telle que l’eczéma impétigineux, s’accompagnant d’engorgements ganglionnaires qui disparaissent avec la cause qui leur a donné naissance ;
2° Soit par une dermatose sèche telle que l’engelure, l’érythème induré, l’acné rosacée.
Plus tard, et quelquefois en même temps que ces dermatoses, apparaissent les manifestations catarrhales ou éruptives des muqueuses, telles que ophtalmies, coryza, olorrhée,. etc. Par sa longue persistance et par sa nature spéciale, l’inflammation chronique des muqueuses amène la tuméfaction de ces membranes, l’épaississement du tissu cellulaire sous-muqueux; de là l’hypertrophie des amygdales, le rétrécissement et l’oblitération de la trompe d’Eustache, des voies lacrymales, du canal nasal, ainsi que des voies urinaires, et, comme conséquences de ces dernières affections, les tumeurs et fistules lacrymales et urinaires.
Tous ces différents états morbides peuvent donner lieu à des engorgements ganglionnaires de siège variable ( écrouelles ). Cependant ceux-ci peuvent s’observer aussi comme phénomène de transition du lymphatisme à la tuberculose.
LYMPHATIDES CUTANÉES.
LYMPHATIDES CUTANÉES ou DERMATOSES LYMPHATIQUES
Nous comprenons dans ce groupe un certain nombre d’affections cutanées que Bazin a décrites sous le nom de scrofulides. Cette dénomination se trouvant tombée en désuétude, puisque la scrofule a été rayée du cadre nosologique nous l’avons remplacée par celle de lymphcUide qui répond au même ordre d’idée.
l'o Les engelures, dont la symptomatologie est connue de tout le monde.
2 “ L’érythème induré. — On l’observe surtout chez les jeunes filles lymphatiques. Il est caractérisé par de largesplaques d’infiltration, occupant lesjambes, d’un rouge vif ou livide, et qui semble être en relation avec la fatigue et le surmenage. Ces plaques deviennent parfois de vérilables nodosités, semblables à celles de l’érythème ' noueux, qui persistent fort longtemps (Brocq).
3° Acné rosacée (couperose scrofuleuse de Bazin). — Elle est caractérisée essentiellement par deux éléments : 1° une congestion chronique du visage, d’où résultent des dilatations vasculaires; 2°par une altération des glandes cutanées, d’où production de séborrhée, d’acné inflammatoire et de toutes les conséquences de ces lésions chroniques.
4° Eczéma impétigineux. [Gourmes.) — C’est une variété d’eczéma qui présente un aspect spécial en raison du terrain lymphatique sur lequel il se déve-
Ioppe. Ses caractères sont les suivants : le derme est rouge et tuméfié, fa réaction inflammatoire est assez vive; les ganglions sont engorgés et plus ou moins douloureux; les vésicules sont volumineuses, le suintement est abondant et donne lieu a la formation de croûtes jaunâtres, épaisses, molles.
On peut faire rentrer également dans ce groupe ce que Unna appelle eczémas tuberculeux des nourrissons. Il est caractérisé par sa localisation aux orifices muqueux de l’œil, du nez, de la bouche et des oreilles; par la coexistence soit de kératite phlycténulaire, soit de rhinite, soit d’otorrhée; par la formation de grosses vésicules avec œdèmes et engorgements ganglionnaires, enfin par l’absence presque constante de prurit (Brocq).
5° Lichen polymorphe. ÇPrurigo d’Hébra.) — C’est une affection du jeune âge qui est constituée par des papules assez volumineuses d’un blanc rosé, ayant parfois une aréole rose, souvent excoriées au sommet, et par de petites papules rouges à sommet recouvert d’une croûtelle noirâtre (peau ansérine). L’affection subit des poussées aiguës pendantl’hiver, et, vers le printemps, elle est extrêmemént prurigineuse. Les sièges de prédilection sont la face externe des membres, le visage, rarement le tronc. L’éruption est. symétrique. Elle est parfois limitée au tronc ou à l’abdomen.
6° Acné des scrofuleux.—Chezles lymphatiques, on observe, aux points d’élection, c’est-à-dire à la face et à la partie postérieure du thorax, là réunion de plusieurs variétés d’acné. Les formes indurées, tuberculeuses et surtout phIeginone,uses, produisent
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dans ces cas des altérations profondes des glandes et des tissus voisins. Elles laissent après elles des pigmentations brunâtres puis des dépressions, des cicatrices blanches groupées ou irrégulières, quelquefois kéloïdiennes. Les lésions sont parfois tellement abondantes qu’il n’y a plus un pouce de tissu sain .Tout cet ensemble d’éléments éruptifs composés d’acné ponctuée ou comédons, d’acné simplex,‘d’acné pustuleuse, d’acné indurée, d’acné phlegmoneuse, de cicatrices à toutes les périodes de leur évolution, constitue une éruption vraiment spéciale et caractéristique à laquelle on a donné le nom d ’aèné polymorphe des scrofuleux.