‹ Traitement hydrothérapique, climatique, et thermal du lymphatisme et de la scrofuleChapitre 29 sur 113 · ENGORGEMENTS GANGLIONNAIRES · texte numérisé non relu

ENGORGEMENTS GANGLIONNAIRES

Les engorgements ganglionnaires symptomatiques du lymphatisme ne sont autre chose que ce qu’on appelait autrefois les écrouelles.

Cette vieille dénomination serait à conserver, ne fûl-ce que pour distinguer l’adénite d’origine lymphatique de la tuberculose ganglionnaire.

Leur siège de beaucoup le 'plus fréquent est la région du.cou, puis l’aisselle et l’aine.

A l’état normal, les ganglions sont à peine appréciables au toucher. Aussi dès qu’on perçoit sous la peau une petite masse arrondie, pisiforme, globuleuse, c’est que la glande est déjà hypertrophiée. Elles peuvent être en nombre plus ou moins grand, généralement en chapelet. Dans cette condition, elles peuvent être ou simplement hypertrophiées ou enflammées.

A l’état d’hypertrophie simple, elles ne sont pas sensibles à la pression, elles sont à peine visibles extérieurement et n’exercent aucun phénomène

de compression sur les organes du voisinage.

A l’état inflammatoire, la pression détermine une douleur tantôt sourde, tantôt vive, aiguë, qui existe sur tous les trajets des ganglions et des vaisseaux enflammés.

La peau est le siège d’une coloration rosée en plaque ou sous forme de traînées correspondant aux vaisseaux lymphatiques enflammés.

Cet état inflammatoire disparaît généralement avec la cause qui l’a produit. Mais dans quelques cas, le ganglion reste volumineux.

Dans certains cas, même, le volume de la glande augmente jusqu’à atteindre la grosseur d’une noix et sans déterminer de la douleur. Le ganglion reste élastique, sa surface est lisse, unie, il roule toujours sous les téguments. Cet état d’hypertrophie peut rester stationnaire. Mais d’autres fois, on constate de la chaleur, de la douleur, de la tuméfaction; le ganglion £u lieu de rouler sous la peau, contracte des adhérences avec les parties voisines, il est le siège de battements, de douleurs pulsatives, la peau devient rouge et bientôt on perçoit de la fluctuation. Si l’on n’y fait pas une incision, l’abcès s’ouvre à l’extérieur et laisse alors après sa guérison ces cicatrices indélébiles qui resteront toute la vie le stigmate de la tare lymphatique qui a existé dans l’enfance.

EAUX SALINES

Balaruc (1), — On fait donner des douches sur

1. planche. — Des boues minérales à Balaruc (Congrès d'hydrologie de Biarritz).

TRAITEMENT DES ADÉNITES. 7.9

l’organe affecté et on prescrit des applications de boües minérales. Dans ce dernier cas, on voit survenir les phénomènes d’une réaction très vive; bientôt la tumeur devient dure, plus petite, roule sous le doigt. Si les ganglions engorgés sont agglomérés pour constituer une tumeur globuleuse et lisse, au bout de quelques jours, le tissu connectif subit un travail de régression, la tumeur devient bosselée et les ganglions diminuent de volume en devenant plus durs.

Bex (Suisse). — On applique localement des compresses imbibées d’eau mère mélangée à deux ou trois parties d’eau douce. Ces applications ont beaucoup plus d’importance à lapériode de suppuration. Sous l’influence excitante de l’eau mère, celle-là est hâtée, les plaies fistuleuses et les ulcérations se détergent et un travail de réparation plus actif accélère la cicatrisation. On voit même souvent disparaître par résorption, pendant là cure ou à sa suite, les ganglions anciens ou indurés.

Bourbon l'Archambault. — On donne surtout des bains chauds de35 à 40 degrés ainsi que des douches chaudes de 38 à 42 degrés.

La Bourboule. — On fait prendre des bains à 35° pendant vingt à trente minutes, suivis d’une douche à 38° de moyenne pression, administrée avec la pomme d’arrosoir pendant cinq à dix minutes en douchant particulièrement la région malade.

Dans certains cas rebelles, on donne la douche alternative-

Bourbonne. — Les eaux produisent la résorption des engorgements ganglionnaires. Elles font quelquefois disparaître spontanément les abcès souscutanés, elles activent toujours leur marche trop lente. Quand le pus est évacué, elles rendent facile la cicatrisation régulière du foyer et des fistules. On fait quelquefois usage pour cela de fomentations ei de cataplasmes de boues.

Dax. —Les adénites, uniques ou massées en nappe, sont toujours très heureusement modifiées par les bains,les douches et les compresses imbibées d’eaux mères que l’on maintient sur les tumeurs ganglionnaires. Après un certain. nombre de bains, les tumeurs de la région cervicale, par exemple, celles qu’on peut suivre plus particulièrement, s’isolent l’une de l’autre, se dissocient au fur et à mesure que leur volume diminue. Elles arrivent même assez souvent à disparaître après une seule saison, mais, nous nous empressons de le dire, cette guérison ne doit pas être toujours considérée comme définitive. Parfois, en effet, les tumeurs peuvent reparaître l’année suivante, moins volumineuses et moins nombreuses, c’est vrai, mais leur présence indique que l’état général du malade n’a pas été assez avantageusement modifié. Toutefois, malgré ses insuccès relatifs, le traitement par les eaux mères de Dax doit encore être prescrit, et grâce à ces cures répétées l’on arrive souvent à obtenir des guérisons inespérées.

Dans, les adénites suppùrées, les eaux mères augmentent, d’abord l’écoulement du pus qui devient ensuite moins abondant et plus louable, puis, les

TRAITEMENT .DES ADÉNITES. 8.1

ulcérations, les trajets fisluleux finissent par être remplis de bourgeons charnus et par s’oblitérer.

lavey (Suisse). — Outre le traitement général, on administre des douches locales en dirigeant un jet tiède sur les glandes engorgées et un jet très chaud sur les extrémités inférieures.

La mer. — Au point de vue du traitement marin il y a à considérer trois périodes :

Hypertrophie et engorgement ;

Inflammation;

Suppuration.

Nous allons donc examiner les résultats et le mode d’action du traitement marin dans ces trois périodes. Les considérations que nous ferons valoir à cet égard seront empruntées aux travaux si remarquables à tous égards de M. Cazin (1) et de M. Van Merris (2). Nous ne ferons à ces auteurs qu’un seul reproche, c’est qu’ils ont englobé, sous la dénomination de scrofuleuses, des formes appartenant manifestement à la tuberculose. Mais.en même temps nous nous empressons de reconnaître qu’à l’époque où ils écrivaient, on n’avait pas encore séparé nettement ce qui appartient à la tuberculose et aux autres états morbides englobés sous le nom de scrofule.

1° Adénites indurées. — Dès que le malade arrive à la mer, non seulement l’empâtement du tissu cellulaire qui englobe les ganglions dans sa masse

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