Van Merris. Loc. cit
ne fait plus de progrès, mais déjà au bout dune quinzaine de jours de traitement, on le voit se résoudre et il finit par s’évanouir. Alors les ganglions apparaissent plus nettement, petits, indurés, mobiles sous la peau, et, à leur tour, ils suivent un mouvement de régression lent et continu. S ils finissent par disparaître complètement ou s’ils persistent en cet état de petites tumeurs à peine perceptibles à la palpation, c’est la guérison. Si, au contraire, les ganglions restent assez volumineux pour êlre appréciables à l’œil, ce n’est qu’une amélioration.
' 2° Adénites suppurées. — Si l’abcès a été ouvert par le bistouri, il marche vers une guérison rapide et régulière. Si son ouverture a été abandonnée à la nature et qu’il y ait des fistules, des décollements, on voit peu à peu le fond des abcès se détergei, le foyer se combler, les bourgeons charnus prendre un bel aspect, et les fistules se rétracter et se cicatriser.
3° Adénites enflammées. — On voit quelquefois, sous l’influence du traitement marin, un ganglion induré subir une poussée inflammatoire et s’abcéder. On aurait tort de s’effrayer de ce processus, car il est des cas qui sont désespérants par leur chronicité et pour lesquels l’inflammation est le seul processus qui puisse amener la guérison. Dans ces cas, la conduite à tenir c’est de régler l’inflammation et de la limiter. Si l’on n’a affaire qu’à un seul foyer, constitué par la glande et.son enveloppe, ou bien on arrive à une inflammation légère qui
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précipite l’évolution de l’adénite ou bien à un abcès circonscrit que l’on peut ouvrir à volonté. Si au contraire les ganglions sont volumineux, disposés sur le trajet des gros vaisseaux du cou, si l’organisme est assez délabré pour qu’on puisse craindre qu’il n’ait pas la force de suffire à la suppuration, alors il vaut mieux s’abstenir, car on risque d’être emporté par la tourmente inflammatoire (Yan Merris).
Dans les deux premières catégories on donnera des bains de mer. Dans la troisième, le médecin seul pourra décider s’il faut se borner à une cure d’air marin ou si l’on doit chercher à provoquer la suppuration en faisant prendre des bains. C’est souvent le moyen d’arriver à la guérison.
Les bains de mer ont une double influence générale et locale.
1° Ils augmentent la vitalité des tissus et par suite la force de résistance.
2 Q Dans la première période, ils arrêtent l’évolution de l’adénite.
Dans la période d’état il n’ont qu’une action faible :
3° Lorsqu’il s’agit de fermer les plaies résultant de la suppuration ils ont alors une efficacité de premier ordre.
Outre les bains de mer, on fait aussi usage de fomentations à l’eau de mer, de compresses d’eaux mères, de cataplasmes faits avec des fucus.
En somme,,on peut dire que le traitement marin appliqué judicieusement produit les meilleurs résultats dans- l’engorgement des ganglions lymphatiques.
Saint-Nectaire. — On emploie, outre les douches générales en pluie, des douches d’eau pulvérisée. Sous cette influence, chaque tumeur formée par un ou plusieurs ganglions engorgés paraît se diviser en deux parties presque égales. Chaque partie né tarde pas à se subdiviser en deux autres portions et ainsi de suite jusqu’à la disparition plus ou moins complète qui n’arrive qu’après la cure.
Si l’adénite affecte un certain nombre de ganglions, si elle est plus ancienne, il faudra ajouter à ce traitement les douches à jets filiformes, à très forte pression. Cette douche est difficile à supporter et assez douloureuse. Aussi on a soin de ne pas doucher pendant longtemps au même point et de promener le jet sur toute la surface de la tumeur.
Si l’adénite est enflammée et s’il y a menace de suppuration, on peut quelquefois la prévenir.
Salins (Jura). — On applique sur les engorgements ganglionnaires des compresses imbibées d’eau mère. Ce moyen contribue puissamment à résoudre les ganglions cervicaux, inguinaux ou autres.
Saxon (Suisse). — Bains de trois heures le matin et d’une heure l’après-midi et dix verres d’eau en boisson, de la façon qui est indiquée à l’article consacré à cette station.
EAUX SULFUREUSES
Barèges. — Lorsque' les ganglions sont simplement engorgés, il ne faut pas adresser les malades à Barèges, car on n’obtient jamais la résolution des glandes.
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Mais lorsque celles-ci suppurent, lorsqu’il reste des ulcères, des plaies, des fistules lents à se fermer, c’est alors que les eaux de Barèges sont utiles en activant la fonte des tissus, en tarissant la suppuration et hâtant la formation des cicatrices. On obtient alors une guérison rapide et définitive.
Cauterets. — Les eaux peuvent résoudre assez rapidement les engorgements ganglionnaires primitifs et de. date récente, mais elles exercent une action moins directe et moins prompte sur les adénopathies secondaires et profondes comme les adénopathies trachéo-bronchiques.
Dans les cas d’adénites suppurées, elles produisent des résultats plus ou moins rapides et satisfaisants suivant les conditions constitutionnelles du sujet et l’étendue des lésions.
Challes. — On fait des applications prolongées de compresses trempées dans l’eau minérale pure ou mitigée, froide ou tiédie, selon les cas et pendant un temps qui varie selon la tolérance des malades et la susceptibilité -du tégument. Pour ralentir l’évaporation et produire une sorte de fomentation, on recouvre la compressé d’un tissu imperméable et le tout est fixé par un bandage approprié. On maintient les compresses en place même la nuit. Il se produit une faible hyperémie et une légère macération des téguments qui demande à être surveillée chez les sujets à peau fine et délicate.
La pulvérisation de l’eau sur les masses ganglionnaires exige une observation plus attentive. La fréquence et la durée des séances, la distance à
laquelle la région doit être frappée par le jet seront graduées et modifiées, selon le résultat obtenu. La faible vitalité de la peau chez les lymphatiques, la tendance aux éruptions impéligineuses obligent à une certaine réserve dans l’emploi de ce. moyen. Ainsi, à une distance moindre que vingt centimètres le jet présente une température assez élevée et ajoute un léger traumatisme à l’action chimique de l’eau. Après la pulvérisation, la peau est comme poudrée d’uni léger dépôt blanchâtre produit par le soufre en nature et assez adhérent pour que les frictions aient peine à l’enlever.
Souvent l’amélioration ne se fait sentir qu’au bout de quelques semaines, quelquefois même ce n’est que quelques mois après le traitement.
Uriage. — Outre le traitement général, on donne dans le bain, des douches locales sur le siège des engorgements ganglionnaires.
Quand ceux-ci ne sont pas trop anciens et ne présentent pas de travail inflammatoire, le traitement les fait disparaître complètement ou par résolution complète ou en les réduisant à de petits noyaux indurés sans importance. Il faut pour cela un traitement de trente à soixante jours, répété deux, trois et même quatre ans de suite dans les cas graves. 1 Dans les cas de moyenne gravité, quarante jours suffisent, en répétant la médication deux ou trois ans de- suite.
Les résultats ne se produisent que dans les deux ou trois premiers mois qui suivent le traitement thermal. Cependant, pendant le traitement, on obtient déjà la résolution de l’engorgement du tissu cellü-
ULCÈRES. — PLAIES 'ÀTONIQUES.
laire ambiant et l’on ne sera autorisé à compter suide bons effets ultérieurs que si l’on a obtenu avant la fin du traitement une diminution très marquée dans le volume des ganglions eux-mêmes.
Si la maladie se présente avec un commencement de travail inflammatoire ou suppuratif, les eaux ne : peuvent qu’activer ce travail, résoudre en partie. 1 engorgement du tissu cellulaire environnant, limiter la suppuration et préparer une cicatrisation plus prompte et plus régulière en général. Mais cette suppuration n’est pas un effet du traitement et il n’y a pas d’avantage à chercher à la produire.