EAU DE MER
faction. C’est ce qui empêche de transporter l’eau de mer.
2° Densité. — La densité varie comme la concentration de l’eau, c’est-à-dire qu’elle va en augmentant du pôle à l’équateur. Elle est de :
1025 dans la Manche,
1028 dans l’Océan,
•1032 dans la Méditerranée.
L’augmentation de la densité a pour résultat de rendre moins prompt réchauffement des parties de ce liquide en contact avec le corps. Il en résulte que les individus plongés dans l’eau de mer supportent le froid plus longtemps que ceux qui se baignent dans l’eau douce à une égale température et que la réaction est plus forte et plus rapide chez les premiers.
3° Température. — On sait en physique que plus un liquide est dense, plus il lui faudra de calories pour que sa température s’élève de 0 à 10 degrés, mais en revanche il conserve la chaleur acquise beaucoup plus longtemps. Aussi, en hiver, l’eau de mer est-elle plus chaude que l’air, et en été plus fraîche, et sa température annuelle est supérieure à celle de l’air.
En été, la température est de :
26 degrés dans l’Adriatique;
24 — — la Méditerranée;
23 — — le golfe de Gascogne;
22 — — la Manche;
19 — — la mer du Nord;
16 — — la Baltique.
. Le D r Yan Merris (1) a fait, au sujet de la température, les observations suivantes dont tout le
monde appréciera le côté pratique.
1° La température de l’eau de la mer s élève et s’abaisse avec la température de l’air du rivage, mais ses oscillations sont beaucoup plus lentes et beaucoup moins étendues. Il en résulte que si, à la suite d’un orage, d’une pluie ou d’une saute de vent, un coup de froid frappe soudain la côte, l’air se refroidit beaucoup plus vite et plus considérablement que l’eau, et la température de celle-ci reste alors supérieure d’un ou de plusieurs degrés, Les baigneurs se rendent bien compte de ce phénomène et sentent que les parties de leurs corps immergées restent dans un milieu plus chaud que celles qui se trouvent au-dessus de l’eau; et, pour le dire en passant, c’est ce refroidissement par l’air et non pas par l’eau qui constitue un des inconvénients des bains de mer. De même par les chaudes journées d’été, quand l’air de la plage monte à des degrés exceptionnels, il est rare que la température de la mer dépasse de beaucoup sa moyenne habituelle. C’est pour la même raison que les variations diverses y sont bien moins appréciables que sur terre. De même que l’eau se réchauffe moins pendant le jour, de même elle se refroidit moins pendant la nuit. Lorsque les baigneurs se figurent que l’eau est plus chaude le soir ou le matin de bonne heure qu’en plein jour, ils font doublement erreur. L’eau et l’air se sont refroidis simultanément, mais l’eau moins que l’air. Leurs
1. Van Merris. — La scrofule et les bains ■de mer, 'Paris, 1880.