SERRE TES
Sans faire d'étude critique, nous retiendrons deux méthodes qui auraient semblé devoir rendre de grands services : la suture et la plaque de Lambotte. Nous estimons que ces deux moyens de contention doivent être rejetés.
La suture osseuse, dès le début de la guerre, avait la faveur des chirurgiens. Les résultats n’ont pas été heureux. Nous publions quelques observations avec des résultats défectueux. Loin de nous l’idée d’incriminer les chirurgiens qui l’ont pratiquée. Au début, il était souvent difficile de faire mieux. Mais nous
sommes en droit de dire que la contention est généralement insuffisante et même, si l’on opère à froid, il se produit de l’ostéite raréfiante, les fils se relâchent. Une pseudarthrose s’établit et, fréquemment après les suppurations interminables, un séquestre est éliminé entraînant avec lui le fil de la suture. D'où longueur du traitement, perte de substance et nécessité d’un traite ment ultérieur complet. Pourquoi done s’y attarder ?
Quant à la plaque de Lambotte, M. Pont n’en est pas partisan pour les maxillaires, Par ce moyen, on peut obtenir une très bonne ostéosynthèse 1l est vrai. Mais, ou bien il y a perte de substance, et alors la consolidation obtenue, on s’aperçoit que l’articulation den— taire est défectueuse : ou bien 1l n’y a pas de perte de substance et, dans ce cas, la consolidation peut s’obtenir par des moyens plus simples et, en tout cas, moins dangereux par le bloquage, par exemple.
D'autre part, la plaque de Lambotte, pour être mise en place, demande un chirurgien rompu à la chirurgie osseuse.
LCR ue
Nous ne croyons pas qu’on doive être étonné des résultats obtenus avec la plaque de Lambotte. Ils sont inférieurs à ceux obtenus dans le traitement des fractures en général. Nous avons vu des ostéosynthèses des os de l’avant-bras ou de Phumérus parfaites par cette méthode, en particulier dans le service de M. le professeur Tixier pendant notre internat, mais le traitement par la plaque de Lambotte, l’auteur le dit lui-même, demande une asepsie rigoureuse. Nous trouvons donc un peu naturel que ce traitement parfait, dans les cas aseptiques, soit moins heureux dans les cas où le trait de fracture communique avec un millieu septique.
Il nous paraît done qu’en réalité il n’existait aucun appareil d’urgence pour le traitement des fractures des maxillaires, et c’est pourquoi M. Pont a recherché à remédier à cette lacune. Il a songé à utiliser, au point de vue chirurgical, un appareil basé sur les mêmes principes que l’appareil d’Angle, dont on se sert en orthodontie depuis de nombreuses années. Ce mode de traitement, innové par Angle (de Saint- Louis), a d’ailleurs été adopté par de nombreux denüstes et, en particulier, par Sauer, qui a utilisé la méthode d’Angle en la modifiant légèrement. Je citerai également, sur ce sujet, les travaux de Stoppany (Zurich) et d’Egger (Berne).
Cet appareil, en dehors de sa simplicité, présente de nombreux avantages :
Il peut être confectionné à l’avance.
I peut être utilisé pour n’importe quel blessé, pourvu que celui-ci soit porteur de quelques dents solides.