‹ Traitement Local de la Douleur Rhumatismale Par Les Injections Anesthésiantes Sulfo-IodéesChapitre 31 sur 38 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

M... Jean (38 ans), cultivateur.

Le malade est vu à la consultation le 15 octobre, pour une névralgie du bras droit, entraînant une incapacité fonctionnelle prononcée du membre, et dont le début remonte à 8 mois.

Antécédents. — Le malade insiste sur l’absence totale de douleurs de cette nature dans les antécédents, qui sont par ailleurs excellents.

Divers traitements essayés (analgésiques, frictions, repos), n’ont donné que des accalmies très limitées.

Examen. — L'incapacité fonctionnelle du bras, s'avère presque complète. Tout mouvement actif réveille des douleurs intolérables.

Les mouvements de la tête sont gênés, et le sujet effectue difficilement des mouvements de rotation du côté opposé à celui dont il souffre.

Les mouvements passifs que l’on essaye d'imprimer à l'articulation de l'épaule, sont douloureux et très limités, l’abduction n'’atteint pas l'angle droit, la rétropulsion du bras est rapidement limitée par la douleur et la contracture.

Traitement. — Nous pratiquons ce jour des injections locales de solution anesthésiante et sulfo-iodée, tout autour de l'articulation de l'épaule.

Le 19 octobre, l'amélioration est nette, l'amplitude des mouvements effectués activement et passivement par l'épaule est plus importante. La douleur, le long des faces latérales du cou, persiste.

Nous pratiquons deux injections étagées, le long des lames vertébrales cervicales, et une injection à la face antérieure de la tête humérale où persiste un point douloureux.

Le 23 octobre, le malade est revu. — Il tourne la tête sans difficulté, l’abduction du bras dépasse l'angle droit, la rétropulsion est bien moins limitée.

Une nouvelle injection est pratiquée contre les lames vertébrales.

Le 27 octobre, l'amélioration non seulement s’est maintenue, mais a encore fait de réels progrès. Les mouvements de la tête et des bras sont libres. Une douleur persiste encore à la face antérieure de la tête humérale, qui nécessite une nouvelle injection.

Le 31 octobre, le traitement est interrompu. Le malade a pu reprendre

ses occupations.

DEN, F... Jules (46 ans), manutentionnaire.

Le malade se présente à la consultation le 5 décembre, pour une incapacité fonctionnelle presque complète de son épaule droite, accompagnée d'une douleur sus-scapulaire, remontant de l'épaule jusqu'à la face latérale du cou, du côté droit.

Antécédents. — Rien à signaler dans ses antécédents personnels ni collatéraux. Le début de cette affection remonte à un mois, pendant lequel des frictions aux liniments divers, des applications de chaleur, non seulement n’ont amené aucune sédation, mais encore n’ont pas empêché les douleurs et l’impotence d'aller progressivement en augmentant.

Examen. — Les tentatives de mobilisation passive de l'épaule nous montrent :

1° Une limitation extrême des mouvements.

2° Des douleurs très vives.

3° Des craquements nettement perçus par une main posée à plat sur l'articulation, pendant les tentatives de mobilisation.

La pression, au niveau de la partie exterme de la fosse sus-épineuse, réveille une douleur violente.

Traitement. — Nous pratiquons des injections de solution anesthésiante et sulfo-iodée dans la région sus-scapulaire, au contact du plexus brachial, le long de la face latérale de la colonne cervicale.

Le 9 décembre. — L'’épaule semble plus libre, les douleurs sont nettement atténuées.

On injecte 20 cc. au contact de la tête humérale. — Le résultat est immédiat. L'articulation est complètement libre; les mouvements deviennent symétriques à droite et à gauche. — Tous les mouvements sont devenus

ossibles, alors qu'auparavant, ainsi que nous l’avions constaté lors de É première consultation, l'articulation était pratiquement bloquée.

Le 13 décembre. — Les mouvements de l'épaule sont aisés. Les douleurs cervicales et sus-scapulaires ont entièrement disparu, et qui plus est, la main qui donnait auparavant l'impression de main morte, a retrouvé sa sensibilité normale.

Un seul point douloureux persistant, localisé très exactement à la face externe de la tête humérale, nécessite une 3° injection.

Le 17 décembre. — La guérison est pratiquement obtenue. Les mouvements de l'épaule s'exécutent avec autant de facilité à droite qu’à gauche, il ne persiste qu'une très légère douleur dans la région parotidienne.

Le malade reprend son travail sans être gêné en aucune manière.

Mile V... (66 ans).

Vient consulter le 15 septembre pour des douleurs bilatérales en ceinture, siégeant dans la région lombo-dorsale, exagérées par la toux.

Antécédents. — Début de ces douleurs il y a 3 ans. De siège d'abord bas, lombaires, elles ont progressivement gagné en hauteur.

Des séries de radiothérapie, altenées avec des séries d’injections intramusculaires d’iodure de sodium, dont elle a reçu une dernière série un mois auparavant, n'ont donné aucun résultat appréciable.

Examen. — Douleur bilatérale au niveau des masses musculaires sacro-

lombaires de L. 1 à L. 3.

= Contracture nette dans les masses musculaires. La mobilisation de la colonne vertébrale est vivement douloureuse.

Traitement. — 10 cc. de solution anesthésiante sulfo-iodée sont déposés à droite.

1° Dans l'espace iléo-sacro-vertébro-transversaire, selon la technique de Barré.

2° Dans la région paravertébrale, au niveau de la 3° lombaire.

La malade est revue le lendemain, où l’on peut constater l'absence presque absolue de manifestations douloureuses, du côté droit seulement. La position assise est presque indolore.

On pratique alors des injections identiques du côté gauche.

Le lendemain, nous avons la surprise de constater une amélioration considérable. La contracture musculaire est insignifiante, les masses musculaires infiniment moins douloureuses.

La malade est revue tous les deux jours ensuite, jusqu’au 2 octobre, où la guérison s'avère obtenue. La mobilisation et la palpation de la colonne vertébrale est à peine sensible.

Le traitement est arrêté.

M. B... Joseph (30 ans), tapissier.

Le malade est vu pour la première fois le 16 octobre, se plaignant de douleurs à type de névralgie sciatique droite.

Antécédents. — Aucune affection à signaler dans le passé du malade, dont la famille est d’ailleurs très bien portante.

Le début de l'affection remonte à une semaine, pendant laquelle les analgésiques habituels, les applications de liniments, n’ont amené que des atténuations passagères, sans arrêter le processus douloureux qui atteint actuellement son maximum.

Examen. — Station debout, gênée, le malade prend la position hanchée. La marche se fait en boitant. Le malade est obligé de s’aider d’une canne.

A la palpation, les points douloureux sont nets à mettre en évidence sur le trajet du sciatique, le point est particulièrement intense à la pression.

La manœuvre de LASÈGUE entraîne une douleur très vive.

Traitement. — Le traitement est entrepris le même jour, nous pratiquons une injection épidurale de 20 cc. de la solution anesthésiante et sulfo-iodée, associée à une injection intramusculaire, dans la gouttière 1achio trochantérienne.

Le résultat est immédiat ; le malade ne souffre plus, il peut repartir non seulement sans canne, mais également sans boiter.

Le 23 octobre. — Une semaine après, le malade est revu. L'’amélioration a persisté, la marche s’est maintenue très aisée. Deux injections identiques sont pratiquées de nouveau, car une douleur, moins intense cependant, a reparu dans les trois jours suivant les premières injections.

Le 30 octobre. — L'amélioration est encore plus marquée. Le malade se croit guéri. Deux injections identiques sont cependant pratiquées.

Le 6 novembre. — Une quatrième et dernière application du traitement est pratiquée. te ous Revue depuis. — Le résultat est demeuré durable, et l’état du sujet n'a

pas nécessité d’autres injections semblables.

M. V... (38 ans), plombier.

Vient consulter le 30 janvier 1936, pour une douleur lombaire siégeant à droite, irradiant dans la partie haute du sciatique, et exagérée par la fatigue.

Antécédents. — Le malade n’a jamais souffert avant un effort survenu il y a 4 ans, suivi d'une douleur vive dans la région dont il se plaint actuellement et qui depuis, en dépit du traitement qu'il a suivi (électricité, rayons infra rouges, injection de solutions iodurées alternant avec les traitements précédents), ne l’a pas quitté.

Examen. — Une douleur très vive peut être mise en évidence par la palpation en un point précis qui siège à droite de la ligne médiane, au niveau de la 5° vertèbre lombaire.

Les réflexes achillien et rotulien sont normaux; un examen neurologique ne révèle aucun symptôme de maladie organique. Une radiographie montre l'intégrité, tant de la colonne lombaire que du sacrum.

Traitement. — Le 30 janvier, 15 cc. de la solution anesthésique et sulfo-iodée sont injectés dans la masse musculaire, à droite de la ligne médiane, en pleine masse sacro-lombaire, au niveau de la 5° vertèbre lombaire.

Le soulagement est instantané, et le malade, revu le 5 février, accuse une amélioration persistante.

Dans les 2 semaines qui suivent, on renouvelle à raison d’une injection par semaine, le traitement commencé.

Dès la 4° injection, le malade est définitivement guéri (on ne réveille même plus le point douloureux à la pression si net lors de sa première visite); on peut interrompre le traitement.

Mme A... (54 ans).

La malade consulte pour des douleurs articulaires, siégeant au niveau de l'articulation scapulo-humérale gauche.

Antécédents. — Le début de ses douleurs remonte à un an. Les traitements électriques ont momentanément soulagé la malade.

Cependant, depuis 3 semaines, les douleurs ont subi une recrudescence contre laquelle les traitements habituels n’ont rien donné.

Examen. — L'atrophie du deltoïde et des muscles péri-articulaires postérieurs est assez marquée. La pression, à la partie postérieure de l’articulation, réveille des points douloureux violents.

Les mouvements actifs sont très limités. La malade ne peut soulever le bras jusqu'à l'horizontale, et éprouve de grosses difficultés pour porter e membre en haut et en arrière.

Les mouvements passifs sont douloureux.

Traitement. — À 3 jours d'intervalle, les 15, 18, 21, 24 octobre, 4 injections périarticulaires sont pratiquées avec la solution anesthésiante et sulfo-iodée, à la dose, chaque fois, de 15 à 20 cc.

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L'amélioration instantanée, à la suite de chaque séance, persiste dans l'intervalle des injections dès la 2° séance. A la 4° séance, devant la disparition complète des douleurs, et le retour à la normale de la fonction articulaire, le traitement est arrêté.

Nous avons reçu Mme A... le 5 décembre. La guérison s’est maintenue.

Mme X..... (52 ans), infirmière.

Vient nous consulter le 1° octobre 1935, pour des douleurs articulaires siégeant au niveau de l'épaule droite.

Antécédents. — Elle est soignée depuis plusieurs années, pour des troubles digestifs et des migraines au moment de ses règles. Depuis une année, elle a présenté des irrégularités menstruelles qui ont précédé la cessation complète de celles-ci, survenue il y a 6 mois.

Les migraines ont été remplacées par des douleurs articulaires assez fugaces à gauche, beaucoup plus tenaces à droite.

En juillet, les douleurs ont été intolérables; se sont calmées un peu en août, ont repris aussi violentes en septembre.

Examen. — Tous les mouvements de l'épaule droite sont limités, mais l’adduction est particulièrement douloureuse.

Malgré l’embonpoint, on remarque l’atrophie du deltoide et des muscles sous et sus-épineux. La palpation révèle un point particulièrement net à la pression, au niveau de la partie antérieure et supérieure de l’interligne articulaire.

Traitement. — À 3 jours d'intervalle, des injections locales de solution anesthésique et sulfo-iodée sont pratiquées, au niveau des points douloureux, dans la région deltoïdienne. Les doses sont, chaque fois de 10 cc. à 15 cc. de la solution.

Dès la 4° injection, Mme X...…. peut s'occuper de ses malades et renonce au rendez-vous.

Un mois après, la malade est revue. La guérison persiste au niveau de l'épaule. Mais elle se plaint de douleur dans la région sacro-iliaque et lombaire, au niveau de l'articulation sacro-illiaque droite.

4 injections pratiquées dans les mêmes conditions, entraînant la supression de tout phénomène douloureux et permettent à la malade de reprendre son service et d'interrompre le traitement.

Mme D... (49 ans).

La malade vient consulter pour impotence fonctionnelle de son épaule droite, accompagnée de douleurs spontanées à paroxysme nocturne, particulièrement intolérables, et de douleurs provoquées par toute tentative de mobilisation forcée de l'épaule.

Antécédents. — Le malade présente un mauvais état général depuis quelques années; un examen radiocopique des poumons pratiqué, s’est montré négatif. Depuis deux ans, ses règles sont très irrégulières. Le début de l'affection actuelle remonte à deux mois. Il a été marqué par une douleur excessivement violente, siégeant dans la fosse sus-épineuse, à droite.

Examinée six semaines après le début, on aurait constaté une ankylose

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