‹ Traitement Local de la Douleur Rhumatismale Par Les Injections Anesthésiantes Sulfo-IodéesChapitre 8 sur 38 · EL À LOS · texte numérisé non relu

EL À LOS

brachiales, constate que cette méthode thérapeutique entraîne la guérison dans un très grand nombre de cas.

CoSTE insiste particulièrement, sur les résultats que l'on obtient au moyen d’une telle thérapeutique, quel que soit le siège de la névralgie en cours, qu'il s'agisse de sciatique, de lombalgie ou de névralgies cervico-brachiales. Dans tous ces types d’algies, dit-il, «c’est très certainement à l'infiltration iodée locale des muscles douloureux qu'il faut demander la guérison ».

& II. — Essai D'INTERPRÉTATION PATHOGÉNIQUE.

Les heureux effets des injections locales iodées dans les divers types de douleur rhumatismale, sont sans doute sous la dépendance d’une double action : action générale, d'une part, action locale d'autre part.

1° Action générale de l’iode.

Il nous faut reconnaître que celle-ci est encore bien mystérieuse. Nous ne faisons guère qu’en entrevoir toute la complexité. C'est un fait dûment constaté, que l’iode améliore le terrain rhumatismal : mais les recherches qui ont été faites pour expliquer les raisons de cette action thérapeutique n’ont encore abouti qu'à des hypothèses.

Faut-il voir, dans les modifications apportées au terrain rhumatismal, l'effet d’une action endocrinique mono ou pluri glandulaire comme le prétendent THIROLOIX, Mme BRACE-GILLOT et HERME- LIN ? Faut-il voir l'effet d’une action modificatrice portant sur le corps thyroïde, comme le voudraient RATHERY et LACAPERE ? Mais l'existence d’une disthyroïdie est loin d’être encore prouvée dans l’ensemble des manifestations du rhumatisme chronique, et l'augmentation du métabolisme des bases, constatée parfois au cours de cette affection, ne dépasse que rarement la limite des causes d’erreur.

Le pouvoir antirhumatismal de l’iode doit-il être rapporté au pouvoir antiscléreux de cette substance ?

Quel compte faut-il tenir de l’action de l’iode sur l’activité des processus de nutrition ? Joue-t-il un rôle dans le drainage des tissus, comme le pense LAUMONNIER. Favorise-t-il les processus de désassimilation, de lipolyse et d’excrétion urique, ainsi que le signale HEN- RIJEAN. Exerce-t-il une action sur l’activité du tissu lymphoïde et du système réticulo-endothélial, ainsi que le suggèrent WEISSENBACH et FRANÇON.

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Autant de questions auxquelles il est encore actuellement bien difficile de répondre.

2° Action locale de l’iode.

Il n’est guère plus facile de préciser quelle est au juste l'action locale exercée par l’iode sur les tissus dans lesquels il est injecté. Cependant, en vertu des propriétés que possède l’iode sur la circulation et en particulier sur la leucopoièse, nous pouvons supposer que cette substance est capable de produire localement des modifications importantes.

LORTAT-JACOB, puis LAUMONNIER, reconnaissent à l'iode une action stimulante sur la vascularisation des tissus articulaires.

THiroLoix, Mme BRACE-GILLOT, HERMELIN, reconnaissent que l'iode, à côté de son action favorisante sur la nutrition des tissus articulaires, possède une action leucopoïétique qui intervient sans doute pour activer le processus de régression des lésions, leur disparition, et le retour des tissus à l’état normal. à

Les modifications sanguines locales apportées par l'injection locale d'iode, sont-elles à la base de l'amélioration constatée ?

Il faut reconnaître qu'ici encore les raisons de l’action thérapeutique de l’iode nous échappent en grande partie : sans doute l’iode modifie favorablement la nutrition et la vascularisation des tissus au contact desquels 1l est injecté, mais ces modifications sont encore insuffisamment connues.

Quel que soit exactement le mécanisme de son action, retenons que les solutions iodées, injectées au contact des tissus frappés par l’inflammation rhumatismale, exercent sur la douleur, une action sédative manifeste.

J. À. SIcARD, FORESTIER, FARNELL, BoïRAC, CosTE, FiL- DERMAN, etc., ont insisté sur ce pouvoir anti-algique des injections locales iodées. « L’injection locale d’huile iodée est susceptible d’amener sinon une guérison complète, du moins une sédation notable des douleurs » (SICARD). «L'iode est un antialgique ; l’injection locale d'huile iodée, répartie tout autour de certaines articulations atteintes d’arthrites douloureuses, de façon à encercler l’article malade, entraîne le plus souvent une sédation rapide de la douleur (J. A. SICARD et FORESTIER). Il est juste d'ajouter que SICARD voyait dans cette action sédative, non seulement une propriété de la substance iodée elle-même, mais aussi un effet mécanique de l'injection, qui agissait, d’après lui, en dissociant, en élongeant soit les faisceaux musculaires, soit les plaques neuro-motrices.

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& III. —— CHoix D’UNE SOLUTION IODÉE.

Utilisée en injection locale, la thérapeutique iodée s’est adressée d'abord à l’huile iodée, dont la plus classique est obtenue par la réaction de l’acide iodhydrique sur l'huile d'œillette. C’est à celle-ci que la majorité des auteurs, notamment SICARD et ses élèves, ont donné leur préférence ; d’autres auteurs dont MAYER préfèrent une combinaison analogue, obtenue avec de l'huile de sesame.

L'opacité radiologique, de ces préparations, grave inconvénient sur lequel nous allons venir dans un instant, a conduit certains auteurs à utiliser des solutions aqueuses d’iodure de sodium.

Malheureusement, celles-ci se montrèrent en général si peu efficaces que la plupart des auteurs restèrent fidèles, en définitive, aux injections d'huiles iodées, malgré l'inconvénient grave que représente l’opacité radiologique de ces huiles.

Il est de fait que la persistance des ombres radiologiques opaques à la suite des injections d'huile iodée est toujours très longue et ces images radiologiques persistent des mois et même des années, rendant impossible l'interprétation de tout cliché radiologique fait ultérieurement ; d'où les précautions préalables sur lesquelles SICARD et FORES- TIER ont particulièrement insisté dès le début de leurs travaux : ils recommandent la prise préalable de bonnes vues radiographiques de la région à injecter, et l’utilisation de ce traitement, uniquement « dans les cas chroniques, invétérés, alors que les moyens externes ou généraux ont échoués ».

J. DECOURT a souligné, dans un travail récent, cette longue persistance de l’ombre radiologique du lipiodol injecté dans les tissus douloureux : cette ombre rend impossible la lecture des clichés radiographiques qui pourraient être jugées nécessaires ultérieurement. Il y a là, conclut-il, un grave inconvénient, qui doit limiter l'emploi de cette méthode.

Nous dirons plus loin pourquoi, recherchant un corps iodé qui fut à la fois doué de propriétés thérapeutiques actives, et incapable de laisser des opacités radiologiques persistances, nous avons fixé notre choix sur un corps nouvellement introduit dans la thérapeutique, le dnodo méthylate de diméthyl-diéthylène-diamine.

Auparavant, nous allons examiner les raisons qui nous ont amené à introduire dans notre solution injectable, une substance soufrée.

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