‹ Traitement orthopédique des luxations congénitales de la hanche: Par la méthode de Lorenz modifiéeChapitre 29 sur 35 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Nous donnons les observations, résumées pour la plupart, de quarante-trois cas traités.

Toutes les observations que nous avons recueillies concernent des luxations des deux variétés sus-cotyloïdienne com- Mune et iliaque postérieure, Nous n'avons pas rencontré de Juxations de la variété antérieure. |

Dans ces 43 observations, nous avons trouvé :

28 luxations unilatérales :

19 luxations bilatérales.

Enfin, nous devons faire remarquer que, sur quarante-trois cas recueillis au hasard du recrutement hospitalier, nous n'avons pas observé une seule luxation congénitale de la hanche chez un garçon. Aussi nous nous demandons si la proportion généralement admise (filles : 87,60 p. 100; garçons : 12,40 p. 100, d'après Lannelongue) n’est pas encore trop faible pour les filles.

Obs. I (publiée dans la Presse médicale du 28 juillet 1900). — Zuxation bilatérale ; variété iliaque postérieure à droite ; sus-cotyloïdienne à gauche.

Marie D..., âgée de six ans et demi. |

Rien de particulier à signaler dans ses antécédents. Boite depuis qu'elle marche, et cela en déhanchant beaucoup. Les cuisses sont en adduction, les genoux se touchent et génent la marche. La jambe droite est en légère flexion ; si on cherche à l'étendre, on provoque de l'ensel-

lure. Rotation interne des deux membres inférieurs. Abduction for-

tement limitée. Les têtes fémorales roulent dans la fosse iliaque externe.

La mensuration des deux membres de l’épine iliaque antéro-supérieure à la pointe de la malléole interne donne : à gauche, 47 centimètres, et à droite 46 centimètres, soit À centimètre de raccourcissement.

L'épreuve radiographique montre : 4° à droite, un toit articulaire très oblique et relativement long. La cavité articulaire semble bien mal formée. Le col fémoral est assez long et forme avec la diaphyse un angle moins ouvert qu’à l’état normal. Le grand trochanter est au niveau de l’épine iliaque antéro-inférieure. Le petit trochanter se trouve à mi-chemin entre le cartilage en Ÿ et l'angle supérieur du trou obturateur. Toute la tête fémorale est cachée par l'ombre de l'aile iliaque, la tête étant luxée fortement en arrière. L'épiphyse, qui est entièrement cachée par l'aile iliaque, est assez bien développée, quoique plus petite qu'à l'état normal.

2° À gauche, le toit articulaire est beaucoup mieux développé ; il est bien moins oblique que du côté droit. La cavité cotyloïde paraît plus satisfaisante. La luxation est aussi moins haute. Le col est bien développé; vu l'orientation du fémur, il est difficile d'évaluer l'angle qu'il fait avec la diaphyse. Le grand trochanter est un peu au-dessous du niveau du cartilage en Ÿ, et le petit trochanter à peu près au niveau du bord supérieur du trou obturateur. La tête est ici très visible ; elle est comme apposée au bassin et non cachée par lui; il y a de ce côté luxation moins postérieure que de l'autre. L’épiphyse est bien moins développée qu'à l'état normal. Les conditions anatomiques paraissent, de ce côté, beau- . coup plus favorables qu’elles ne le sont du côté opposé.

TRAITEMENT. — Le 20 novembre 1898, chloroformisation. Pétrissage énergique de l'insertion supérieure des adducteurs. La réduction est assez laborieuse, mais plus facile à gauche, et les phénomènes accompagnant la réduction y sont plus nets que de l'autre côté.

Quelques jours après la réduction, il se produisait une forte ecchymose à la racine des cuisses, avec un œdème des grandes lèvres.

Le radiogramme montre qu’à gauche la tête est beaucoup plus près du fond du cotyle que du côté droit, où elle est beaucoup plus basse et plus éloignée du toit articulaire. Le grand trochanter est à peu près à michemin entre le tubercule de l'ischion et l'angle supérieur dutrou ovale. Le col est dirigé de bas en haut et de dehors en dedans. Le corps du fémur étant à peu près horizontal, l'enfant est placée dans l'appareil plâtré, avec prise simultanée des deux jambes. Cette prise simultanée des deux jambes dans un appareil plâtré est un peu ennuyeuse à cause de la difficulté d'obtenir la propreté de l'enfant qui urine sans cesse dans son bandage.

29 mars 1899. — Chloroforme. L'appareil est enlevé, et la jambe est ramenée à mi-chemin de l'axe du corps. ne

Le radiogramme est pleinement satisfaisant, et cela des deux côtés. La tête se trouve dans la cavité, sous le toit articulaire, qui la couvre entièrement du côté droit ; elle est, comme dans le premier temps, beaucoup plus éloignée que du côté gauche du fond du cotyle. Le membre inférieur est encore en légère rotation externe. Le petit trochanter est à peu près. au niveau du bord inférieur du trou ovale. L'enfant est placée dans un appareil plàtré descendant jusqu'à mi-jambe.

21 juillet. — Chloroforme. On retire l'appareil, et les membres inférieurs sont ramenés à leur position normale.

Le radiogramme est pleinement satisfaisant. La tête, à gauche, offre un aspect normal ; le toit articulaire la recouvre entièrement ; elle se trouve peu éloignée du fond du cotyle. A droite, la tête est également arc-boutée sous le toit articulaire, mais en est plus éloignée que celle de gauche, quoique beaucoup plus rapprochée que dans le deuxième et le premier temps. Nouvel appareil plâtré.

44 septembre . — L'enfant ayant uriné dans son bandage, le plâtre est complètement ramolli et l'on est obligé de refaire l'appareil dans la même position.

16 octobre. — L'appareil est enlevé. L'enfant reste quelque temps au lit. On commence les massages. Les articulations fémorales offrent peu de mouvements. Au bout de quelques jours, ilse présente un gonflement très douloureux au niveau du genou droit, ce qui nous force à immobiliser pendant une quinzaine de jours ce côté. Puis on reprend les massages journaliers et l’on commence à faire marcher l'enfant.

Juillet 1900. — Les mensurations donnent, malgré la conservation de la réduction, 1 centimètre de différence entre les deux membres. L'enfant marche sans déhancher ; elle a refait ses muscles en partie. Mais les articulations coxo-fémorales gardent encore une raideur très notable.

. 22 octobre. — La raideur des articulations persistant, on endort l'enfant et l'on mobilise les deux hanches ; cette mobilisation est difficile. On continue ensuite les massages.

Revue le 26 octobre 1903.'— L'enfant déhanche encore légèrement et 4 boite un peu du côté droit ; ilexiste de ce côté un léger degré de genu-val-

gum. On a obtenu une amélioration considérable ; l'enfant peut marcher

5 heures sans fatigue et la démarche est plus régulière.

Les deux hanches sont partiellement ankylosées ; on ne peut même pas atteindre la flexion à angle droit sans entrainer le bassin. L’abduction est très limitée des deux côtés.

On sent des deux côtés la tête au pli de l'aine, mais très en dehors des vaisseaux fémoraux. On a done obtenu une transposition antérieure bila-

. térale, assez élevée des deux côtés.

La mensuration ne donne aucun raccourcissement. Il ÿ a peu d’atrophie.

Résultat. — Anatomique, transposition des deux côtés ; fonctionnel,

amélioration considérable.

Obs. II. — Luxation unilatérale gauche ; variété iliaque postérieure. Réduction.

le)

Marguerite B..., âgée de 3 ans, entre dans le service de M. Brun le 20 juin 4898. Rien de particulier dans ses antécédents. Nourrie au biberon. Elle a marché à 17 mois, et c'est dès cette époque que l'on s'est aperçu que l'enfant boitait.

Actuellement, l'enfant marche en plongeant assez fortement du côté gauche. La mensuration de l’épine iliaque antéro-supérieure à la pointe de la malléole interne donne : à gauche, 36 centimètres; à droite, 39 centimètres, soit 3 centimètres de raccourcissement. Le grand trochanter est remonté d'environ 4 centimètres au-dessus de la ligne de Nélaton-Roser.

La radiographie montre la tête du fémur immédiatement au-dessus du cotyle; elle est cachée très légèrement par l'aile de l'os iliaque : la luxation est donc un peu postérieure. Le grand trochanter est au niveau de la branche horizontale du cartilage en Y. La tête fémorale est bien développée; le col forme avec la diaphyse un angle voisin de l'angle normal, la cavité cotyloïde est bien excavée; le toit articulaire est aussi développé que celui du côté sain. L

TRAITEMENT. — Le 95 juin 1898, réduction de la luxation sous le chloroforme. Immobilisation sous le plâtre en abduction à 90° et rotation externe.

L'enfant est rendue à ses parents, on la perd de vue.

Elle revient consulter le docteur Brun dans le courant de mars 4900. On constate que l'état est le même qu'avant la tentative de réduction faite deux ans auparavant. La boiterie est encore très marquée. Le raccourcissement atteint + centimètres. L'enfant se fatigue très vite.

Le 19 mars 1900, nouvelle tentative de réduction, sous le chloroforme. Immobilisation en abduction et rotation externe. Laradiographie montre que la réduction a été parfaitement obtenue; la tête occupe bien la cavité cotyloïde, mais cependant est assez éloignée du fond du cotyle.

L'enfant est rendue à ses parents et gardée au lit. Elle est ramené

le 4°* mai, parce qu'il s'est développé des eschares, qui sont pansées .

et guérissent rapidement.

49 juillet. — Chloroformisation. Le membre est amené à mi-chemin de sa position normale. On applique un appareil plâtré HnoPiEant le membre en abduction moyenne.

3 octobre. — Le membre est placé dans la rectitude, et un dernier appareil est appliqué. Celui-ci est laissé en place pendant 2 mois; il est retiré le 10 décembre.

L'examen permit de constater que la tête est bien au pli de l’aine. La radiographie montre que la réduction a bien été obtenue.

14 octobre 1903. — Nous revoyons la fillette. Elle marche d'une façon

absolument parfaite, sans aucune boiterie, sans fatigue. Rien ne la distingue d’un enfant normal. Les mouvements de la hanche traitée sont libres et aussi étendus que du côté sain. On sent la tête fémorale au pli de l’aine, recouverte exactement par les vaisseaux.

La mensuration donne pour les deux membres 60 centimètres. Tout raccourcissement a disparu. Il n’y a pas d'atrophie.

La radiographie montre que l'on a obtenu une réduction parfaite. La tête occupe la cavité cotyloïde parfaitement développée. La tête est aussi volumineuse que du côté sain ; il n'y a aucune différence appréciable entre les deux côtés. lu

Résultats anatomique et fonctionnel absolument partaits. Réduction

vraie.

- Obs. III (publiée dans la Presse médicale du 28 juillet 1900). — Luxation

bilatérale; variété iliaque postérieure.

Marthe C..., àgée de 6 ans. Rien de particulier à signaler dans ses antécédents. Marche à 21 mois et déhanche depuis cette Lépoque Traitée une première fois à 6 ans sans succès.

Etat actuel. — Présente tous les attributs d'une luxation iliaque double, Ensellure très prononcée. Le côté gauche est de 2 centimètres. plus court que le droit. Les têtes fémorales roulent dans les fosses iliaques externes. L'abduction de la cuisse est très rapidement limitée.

Sur le radiogramme, nous voyons que la tête fémorale droite est très. élevée et se trouve au niveau du bord inférieur de l'articulation sacroiliaque. Elle parait bien formée. Elle est entièrement cachée, ainsi qu’une partie du col, par l'aile iliaque; il s'agit, de ce côté, d'une luxation très postérieure. Le col parait bien conformé. Le grand trochanter est à michemin.entre le bord supérieur de l'aile iliaque et l'ischion, mais toutefois plus rapproché du bord superieur de l'aile. Le petit trochanter est au niveau du cartilage en Y. Le toit articulaire est court et très oblique.

À gauche, la tête est bien conformée et placée à mi-chemin entre l’ischion et lé bord supérieur de l'aile iliaque. Le col est bien conformé. Le grand trochanter est au niveau du cartilage en Y, le petit trochanter un peu au-dessus du milieu de la ligne qui unirait Te cartilage en Y au ,

bord supérieur du trou obturateur.

TRAITEMENT. — Le 14 novembre 1898, chloroformisation. La réduction

est obtenue à droite après pétrissage énergique de l'insertion supérieure

des adducteurs.

A gauche, on croit obtenir la réduction, mais le ressaut est peu perceptible, et la tête paraît se trouver au-dessus du milieu du triangle de SCarpa.

La radiographie prouve, en effet, qu’il y a eu échec de ce côté. A droite,

au contraire, la tête est dans le cotyle, sous le toit articulaire, dont elle est cependant un peu éloignée.

Un appareil plâtré est appliqué sur les deux côtés, mais, quelques jours après, il est enlevé du côté gauche. L'enfant est maintenue au lit.

90 mai 4899. — Chloroforme. On enlève l'appareil. La jambe est ramenée à mi-chemin de sa situation normale. Le radiogramme montre que la tête est bien recouverte par le toit articulaire, mais elle en est un peu éloignée. Un appareil descendant à mi-jambe est appliqué. L'enfant est gardée au lit.

30 juillet 4899. — Chloroforme. L'appareil est enlevé et la jambe est amenée à sa position normale et en légère rotation interne. La radiographie est des plus démonstratives. La tête est complètement recouverte par le toit articulaire.

Au commencement d'octobre 1899, l'appareil plâtré est enjevé. La tête est bien à sa place. On commence aussitôt les massages. Quelques jours après avoir enlevé le plâtre, l'enfant souftre du genou ; elle est gardée au lit.

es ufl y à, à ce moment, une différence de longueur de 4 centimètres entre les deux membres.

23 octobre 1899. — On endort l'enfant et on tente de nouveau Ja réduction de la luxation gauche. La réduction est difficile. On sent un très léger ressaut et la tête se décroche avec une extrême facilité. La radiographie, faite séance tenante, montre cependant que la tête est bien visà-vis le cartilage en Ÿ et en rapport avec le cotyle. On applique un appareil plâtré descendant jusqu'à mi-jambe et immobilisant le membre en rotation externe et abduction à 90°. L'enfant est maintenue au lit et l'on continue à masser le membre droit et à mobiliser l'articulation déjà réduite.

23 février 1900. — Chloroforme. On enlève l’appareil plâtré. La réduction s’est bien maintenue. On amène le membre en abduction à 45° et on l'immobilise dans cette position avec rotation interne. L'enfant est maintenue au’lit. $

12 mars.— On enlève ce plâtre. La position du membre paraissant satisfaisante, on n'applique pas de nouvel appareil. On commence aussitôt les massages UE A et, au bout de quelques jours, on fait marcher l'enfant.

Juillet 1900. — On constate que la hanche droite, traitée en premier lieu, est bien mobile ; les muscles sont en partie retenus. La boiterie est encore prononcée. Oh continue les massages.

Octobre 1903. — Nous n'avons pu revoir cette petite malade. Nous ne saurions donc apprécier le résultat anatomique.

Mais, nous avons appris que le traitement a amené une notable amélioration fonctionnelle ; la boiterie existe encore, mais l'enfant se fatigue moins. 11 y a donc amélioration.

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Obs. IV (publiée dans la Presse médicale du 28 juillet 4900). — Luxation unilatérale gauche ; variété iliaque postérieure.

Georgette H..., âgée de Gans et demi. Rien de particulier dans ses antécédents. i

L'enfant marche à 2 ans et, dès cette époque, sa démarche est caractéristique. Elle a été élevée au biberon ; à 9 ans et demi, elle a la scarlatine ; à 4 ans, la rougeole et, à la suite, un abcès mastoïidien guéri par une trépanation.

L'enfant présente tous les signes d'une luxation congénitale gauche. Ensellure légère. L' abduction de la cuisse est très limitée. Les mensurations prises de l’épine iliaque antérieure et supérieure au sommet de la malléole interne montrent une diférence de 2 centimètres et demi entre les deux membres. ;

À l'examen du radiogramme, nous voyons que la partie inférieure de Ja tête est à la hauteur du bord supérieur du toit articulaire, et le bord supérieur du grand trochanter à peu près au niveau du cartilage en Y. Le col parait de longueur normale et semble former avec la diaphyse un angle plus ouvert qu’à l'état normal.

La tête parait plane, l’épiphyse fémorale est au moins quatre fois moins grosse que celle de droite. La tête est du reste cachée par l’ombre du bassin, ce qui n'est pas étonnant puisqu'il s’agit d'une luxation postérieure. Le petit trochanter est un peu au-dessus de l'angle supérieur du trou ovale.

Le cartilage en YŸ est nettement visible et n'offre aucune particularité. Le toit articulaire paraît aussi long qu’à droite, mais il est beaucoup plus incliné. Nous pouvons cependant, de par cela, présumer que l'articulation est bien conformée.

TRAITEMENT. — 98 novembre 1898, chloroforme. Traction sur laiethes au moyen de la vis de Lorenz ; contre-extension avec la planche de Doyen. La réduction, malgré des efiorts réitérés, est impossible à obtenir.

L'enfant est soumise alors à l'extension continue avec 2 kilogrammes, puis 3 kilogrammes.

26 décembre. — Chloroitorme. Pétrissage énergique de l'insertion supérieure des adducteurs.

La réduction est un peu laborieuse, mais elle a lieu cependant. Après: réduction la tête vient faire une saillie très visible dans le triangle de Scarpa. La tête, en franchissant le bord postérieur, produit un ressau; manifeste et l'oreille perçoit nettement le bruit de la réduction.

L'enfant est maintenue dans un appareil plâtré allant jusqu’à mijambe. :

Pour nous assurer de la réalité de la réduction, nous avons pris aussitôt une épreuve radiographique. Nous y voyons la tête non plus au niveau du bord supérieur du cotyle, mais dans la cavité au niveau du cartilage

CAUBET. 7

ne

en Ÿ. Le grand trochanter est à peu près au niveau du bord supérieur du trou obturateur. | Quelques jours après l'opération, l'enfant eut un peu de fièvre et pré- -senta une courbe thermique des plus irrégulières, et cela dura quatre mois environ, à tel point qu'au début vous craignimes l’éclosion d'une infection tuberculeuse (méningite ou tuberculose généralisée); l'enfant

mangeait fort peu et avait beaucoup maigri. Rendue pendant quelque

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temps à sa famille, lorsqu'elle nous revint ces phénomènes alarmants avaient disparu.

4e mai 1899. — Chloroforme. L'appareil est enlevé et la jambe est æamenée à 45° de sa position normale. Nous appliquons un appareil allant jusqu’à mi-jambe.

Le radiogramme, pris avant l'application de l'appareil, nous montre -que la tête est parfaitement bien en place sous le toit articulaire. La tête æst un peu éloignée du fond de la cavité. Le pôle de la tête est à un bon centimètre de distance du cartilage en Y. Le grand trochanter est au #iveau du tubercule de l'ischion. Le bassin est fortement incliné du côté malade.

L'enfant est gardée au lit.

1T juillet 1899. — Nouvelle chloroformisation. |

L'appareil est enlevé et la jambe est ramenée à sa position AOF MOlS et placée un peu en rotation interne. Un appareil descendant jusqu’ au “milieu du mollet la fixe dans cette position.

Le radiogramme de l'enfant pris à cette époque nous montre que la

ÉPOO ER

tête est parfaitement bien à sa place normale ; elle se trouve placée dans le fond du cotyle et se trouve beaucoup plus près du cartilage’ en Y , qu'elle ne l'était dans la radiographie précédente.

L'épiphyse fémorale a beaucoup augmenté de volume, elle semble au moins trois fois aussi grosse que sur le premier radiogramme.

Le col est bien visible, ce qui implique que la jambe n’est pas en rotation externe. Le petit trochanter est au niveau de l'ischion.

L'enfant est gardée au lit.

27 novembre. — L'appareil est enlevé. Les jambes sont de même longueur, mais l'enfant est très maigre et présente une atrophie. musculaire considérable. La hanche offre bien peu de mouvements.

Décembre.— La marche est permiseet l'enfant est massée tFÉguNÈres ment.

Juillet 1900. — Les muscles sont bien revenus. L'enfant marche bien et ne déhanche pasdu tout. Elle garde encore un peude raideur articulaire, mais plie cependant facilement la cuisse sur le bassin à angle droit. Le résultat est excellent, aussi bien au point de vue anatomique que fonctionnel.

Octobre 1903. — La fillette n'a pu être revue. Nous ne pouvons pas dire si la réduction s’est maintenue.

Mais, au point de vue fonctionnel, le résultat est excellent ; la fillette ne boite plus et peut marcher sans fatigue.

Obs. V. — Luxation bilatérale; variété sus-cotyloïdienne.

Alice S.. , âgée de 5 ans et demi, entre dans le service de M. Brun le 3 juin 1898. Elle ne présente rien de <pértioulier dans ses antécédents.

L'enfant marche avec le déhanchement caractéristique des Healione doubles de la hanche. Il n'existe aucun raccourcissement. Ses deux trochanters font une saillie symétrique des deux côtés et sont remontés à environ 4 centimètres au-dessus de la ligne de Nélaton-Roser.

TRAITEMENT. — Le 18 juin 1898, on pratique, sous le chloroforme, la réduction de la luxation du côté gauche ; la réduction est difficile. On immobilise le membre en abduction forcée et rotation externe.

47 octobre. — Chloroformisation. L'appareil est enlevé ; le membre est placé dans la rectitude et immobilisé dans un nouveau plâtre, qui est

laissé en place 3 mois.

L'enfant est ramenée au docteur Brun le 25 septembre 1899, pour le traitement de la luxation du côté droit. La fillette marche en boitant du -côté droit, la marche est assez défectueuse. La mensuration donne 54 centimètres et demi du côté gauche, 53 centimètres et demi du côté aroit. On a donc obtenu un allongement d’un centimètre par la réduction de la luxation du côté gauche.

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