CONCLUSIONS
1° Les luxations congénitales de la hanche sont susceptibles, dans certaines conditions, de véritable réduction ;
2 La méthode de Lorenz, qui repose sur le principe de la « charge fonctionnelle » par le poids du corps, doit être modifiée, car la marche ne permet pas une immobilisation suffisante et favorise les transpositions et les reluxations ;
3° La luxation sera réduite par le procédé que Lorenz a indiqué : flexion, abduction forcée et rotation externe. Pour rendre possible l'abduction extrême, on pratiquera la rupture manuelle des adducteurs, mais on s’abstiendra d'exercer sur le membre des tractions au moyen d'instruments, tels que la vis de Lorenz ;
4° Le membre sera d'abord immobilisé dans un appareil plâtré, en abduction à go° et rotation externe très marquée ; ce premier appareil sera laissé en place au moins 4 mois. Au bout de ce temps, le membre sera ramené à mi-chemin de sa position normale ; il sera immobilisé pendant deux autres mois en abduction moyenne et rotation interne. Enfin, le membre sera placé dans la rectitude et immobilisé pendant deux derniers mois dans cette situation, avec un degré marqué de rotation interne. La durée totale du traitement sera donc de huit à dix mois ;
5 Pour réaliser une immobilisation rigoureuse, les appareils plâtrés devront toujours descendre jusqu’à mi-jambe et l'enfant sera soumis au repos absolu pendant toute la durée du
traitement : il gardera le lit, et la marche sera absolument interdite:
6° La position d’abduction avec rotation externe du début est la seule capable de maintenir la réduction. Mais, dès le second temps, en diminuant l’abduction, on placera le membre en rotation interne le plus marquée possible, afin de tendre au maximum la partie postérieure de la capsule, rétractée dans le premier temps ; par la tension de la capsule, la tête fémorale sera appliquée contre la cavité cotyloïde ;
7° Les conditions les plus favorables pour obtenir la réduction des luxations congénitales de la hanche dépendent de l'âge des malades et de l'état anatomique des surfaces articulaires. Le traitement devra être entrepris entre 3 et 6 ans pour les luxations unilatérales, entre 3 et 5 ans pour les luxations bilatérales. Le degré de développement de la cavité cotyloïde et de l’épiphyse fémorale sera apprécié par la radiographie ;
8° En suivant cette méthode, on obtient la réduction anatomique dans 34 p. 100 des cas de luxations unilatérales et dans 21 p. 100 des cas de luxations bilatérales. Les résultats - fonctionnels sont excellents dans 61,5 p. 100 des cas de luxations unilatérales et dans 28,5 p. 100 des cas de luxations bilatérales ; mais il est à prévoir qu'ils s’amélioreront encore avec le temps.
Vu:
Le Président de la Thèse, LANNELONGUE, Vu :
Le Doyen, M. DEBOVE.
Vu et permis d'imprimer :
Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris, L. LIARD.
CAUBET. 10