LES MÉTHODES BIOLOGIQUES
Au premier rang de celles-ci il convient de placer la vaccinothérapie.
Préconisée par notre Maître le Professeur Grégoire, son efficacité est très discutée.
Peut-être certains ont-ils demandé à cette méthode plus qu’elle ne peut donner. Elle n’empêche certainement pas la production de séquestres s’il y a suppuration médullaire. Mais elle pourrait instituée précocement donner des guérisons, prescrite plus tardivement limiter les lésions.
Notre Maître, le Professeur Ombrédanne, n’a jamais observé de modifications favorables dans l’évolution d’une ostéomyélite nettement imputable à la vaccination. Les résultats heureux attribués à la vaccinothérapie ne seraient-ils pas le fait de formes bénignes à résolution spontanée dont on connaît aujourd’hui la fréquence.
Différend bien difficile à trancher. A la clinique chirurgicale infantile des Enfants Malades, la vaccination est pratiquée presque systématiquement. Le Docteur Huc, auquel nous devons plusieurs observations, l'utilise également. La lecture de nos observations ne permet de relever aucun fait concluant.
Dans la littérature de nombreuses observations sont cependant rapportées en faveur de cette méthode.
Le bactériophage a été utilisé par de nombreux auteurs.
En Amérique, Albee fait à ce sujet de nombreuses publications.
Martin Du Pan, à la 14° réunion annuelle de la Société Française d’Orthopédie dit en avoir obtenu de bons résultats, en particulier dans une ostéomyélite du col fémoral avec gros abcès sous-périosté, le Propidon n’ayant été suivi d'aucun effet, 3 injections de Stock-Bactériophage et des instillations dans la plaie ont rapidement fait tarir la suppuration.
Nous avons utilisé 3 fois cette méthode. Une fois dans une septico-pyohémie (obs. 8), du Bactéstaphyphage fut injecté par voie intraveineuse. Une localisation ultérieure permit de mettre en évidence du streptocoque. Peut-être faut-il voir dans la non spécificité du produit injecté la cause de son insuccès.
Dans les deux autres cas (obs. 21 et obs. 16), le bactériophage fut utilisé en pansements sans résultat appréciable.
Mais nous tenons à dire que ce furent là des tentatives isolées et certainement mal conduites.
Les résultats nous ont paru meilleurs par l'emploi du sérum anti-streptococcique de Vincent dans une septico-pyohémie à streptocoque (obs. 14), forme ae gravité moyenne au cours de laquelle une défervescence progressive fut observée dès l’utilisation de la sérothérapie.
Dans un autre cas (obs. 7) de septico-pyohémie à streptocoque de forme grave, la même méthode demeure sans effet, alors que des immuno-transfusions
répétées semblent donner des améliorations passagères.
Ces résultats demeurent bien incertains.
LES MÉTHODES CHIMIQUES Certaines auraient donné quelques résultats favorables.
La Trypaflavine fut utilisée dans deux de nos observations (obs. 6 et 7) sans amélioration caractérisée.
La thérapeutique par les sels d’or, telle que la pratique actuellement le Docteur Huc à l’hôpital Saint- Joseph, dans les formes graves, présenterait à son actif quelques succès.
Dans une septico-pyohémie très grave à streptocoque (obs. 12), présentant des poussées évolutives à répétition, les injections intraveineuses de sels d’or ont été suivies à trois reprises d’une amélioration nette. Des résultats comparables sont obtenus dans un cas certainement moins grave (obs. 15).
Dans ces deux cas, les injections ont été faites par voies intraveineuses en associant cette thérapeutique à la vaccination.
Le Docteur Huc estime que vaccination et aurothérapie semblent mieux agir à petites doses relativement éloignées. L'expérience montre qu’il vaut mieux ne pas rechercher systématiquement des réactions de choc.
Il importe pendant le traitement de surveiller le fonctionnement rénal. Tous les malades ne supportent pas l’aurothérapie ; des albuminuries, des néphri-
tes ont été signalées. C’est une raison de plus pour préférer les doses faibles.
Citons l’utilisation possible de l’urotropine par voie intraveineuse de l’abcès de fixation.
Nous n’insisterons pas davantage sur ces différentes thérapeutiques ; leur efficacité est bien incertaine, elles méritent cependant d’être essayées.
Les méthodes de thérapeutique chirurgicale.
Elles ont toujours eu un but principal : le drainage de l’arthrite suppurée de la hanche.
Dans certains cas les opérateurs se sont efforcés de traiter en outre la lésion osseuse.
Les diverses interventions pratiquées peuvent être classées de la façon suivante :
1° Les interventions de drainage articulaire :
— Arthrotomie simple ;
— Arthrotomie avec résection ;
— Luxation temporaire volontaire, par voie sanglante.
2° Les interventions osseuses :
— Traitement de l’ostéomyélite proprement dite, elles n’ont jamais été pratiquées que comme complément d’une intervention de drainage. Ce sont :
L’incision d’un abcès sous-périosté ;
Les évidements ;
Les résections larges du col fémoral ;
Nous terminerons cet exposé des méthodes chirurgicales, par l’étude des procédés orthopédiques permettant une immobilisation aussi parfaite que possi-
ble du foyer inflammatoire, et dont le but sera d’éviter les déformations secondaires : luxation ou ascension iliaque du fémur.