‹ Traitement Précoce de l'Ostéomyélite Aiguë Par l'abcès de FixationChapitre 5 sur 17 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Généralités

Nous avons vu que, depuis leur emploi par Fochier, en 1875, les abcès de fixation ont été essayés comme moyen thérapeutique dans un grand nombre de maladies (infection puerpérale, grippe, pneumonie, fièvre typhoïde, etc.).

On n’a jamais eu recours à eux dans les affections aiguës chirurgicales, si nous exceptons les infections puerpérales et, en particulier, il est curieux de constater qu'on n’a jamais tenté leur emploi dans l’ostéomyélite aiguë, maladie infectieuse générale qui, par ses caractères cliniques et, en particulier, par son retentissement sur l’état général, par sa complication fréquente d'accidents septicémiques, paraissait justifier un tel essai : Il ne semble même pas que l’on ait jamais employé les abcès de fixation pour essayer d'arrêter et d’atténuer les accidents infectieux généraux de septicémie, qui se produisent souvent au cours de l’évolution des ostéomyélites aiguës.

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C’est tout d'abord en présence de ces cas graves, où l'intervention chirurgicale semble pleine de dangers, que le docteur Vignard a tenté d'appliquer à ces formes d’ostéomyélite la méthode qui avait donné déjà quelques résultats au cours des manifestations septicémiques d’autres maladies. Il s'agissait plus particulièrement de cas vus tardivement, avec gonflement énorme de tout un membre, ou plus fréquemment montrant un œdème des parties molles périarticulaires tellement considérable, qu'il devenait impossible de découvrir lPépiphyse malade, et à plus forte raison, de juger de l’état de l'articulation, de choisir entre une véritable arthrile purulente, ou une simple réaction de voisinage. [Il paraissait impossible, dans ces cas, d'instituer une thérapeutique chirurgicale raisonnée, où l’on pouvait craindre également une intervention trop limitée ou trop étendue. D'autre part, la chose eût-elle été possible, que l'état général du patient n'aurait pas permis de supporter le shock d'une intervention souvent longue et s’accompagnant, comme on a malheureusement pu souvent le constater, d’une décharge toxique intense dans l'appareil circulatoire, entraînant une aggravation considérable des phénomènes d'infection.

Les premiers essais furent heureux ; non seulement les phénomènes généraux s’amendèrent, mais aussi souvent l’état local devint tel que l'intervention chirugicale sembla être superflue et, dans certains cas, réduite à la simple ouverture d’abcès résiduels sans trépanation osseuse.

M. Vignard généralisa, par la suite, ce mode de

fie trartenient ét l'appliqua systématiquement aux fornes aiguës d'ostéomyélites qu'il put voir : qu'il s'agisse soil d’ostéomyélites aiguës au début mais dont le diagnostic clinique ne faisait aucun doute. soit d'ostéomyélite à la période d'état aux réactions générales et locales voulues, soit d'ostéomyélites graves par l'intensité de la réaction locale inflammatoire et surtout par l'intensité des réactions générales. Les objections que l’on peut présenter pour certains cas d’ostéomyélites au début et tournant court après les injections d'essence de térébenthine, en rendant inutile l'intervention chirurgicale, viennent immédiatement à l'esprit. Ne s’agissait-il pas de phénomènes infectieux non ostéomyéliques et ces cas suffisentils pour élever à la hauteur d’un véritable traitement thérapeutique de l’ostéomyélite aiguë, les abcès de fixation ? On peut répondre que, dans ces cas, on trouvait des phénomènes locaux subjectifs suffisants pour pouvoir porter sans hésitation le diagnostic clinique de l’ostéomyélite aiguë « douleur, sensation de chaleur, rougeur », et que l'examen d’une épiphyse la montrait chaude, très douloureuse à la pression et donnait cette sensation de véritable fluctuation ou de pseudo-fluctuation faisant pressentir soit une collection purulente, soit cette réaction inflammatoire lardacée et œdémateuse des tissus péri-osseux. D'ailleurs, parmi les huit observations que M. Vignard a bien voulu communiquer, le diagnotic a été confirmé dans six observations soit par la radiographie, soit par l'ouverture ou la ponction d’abcès

résiduels péri-osseux.

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Résultats cliniques

Nos recherches ont porté sur six observations dur service de M. Vignard, qui a eu de plus l’obligeance de nous communiquer deux de ces observations personnelles. |

Avant de les exposer en détail, nous allons les

résumer succintement.

OBsEnvATION 1. — Blayon Henri. Ostéomyélite grave du fémur gauche. Très mauvais état général. On pratique, dès l’entrée à l’hôpital, un abcès de fixation qui prend. Les phénomènes locaux et généraux s’amendent rapidement. L'intervention chirurgicale est réduite à des ponctions du genou. Diagnostic confirmé par la radio.

OBsERVATION II. — Savio Pierre. Ostéomyélite du fémur gauche. Etat grave du malade qui fait hésiter devant l’arthéotomie de la hanche envisagée. Abcès de fixation qui prend. Au bout de deux jours “une amélioration dans l’état de la maladie. Un mois après le malade quitte l’hôpital.

OgBservarion III. — Lagrange. Ostéomyélite du tibia gauche. Vu à l’entrée dans un état grave. Malade depuis quinze jours. On:

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pratique un abcès de fixation. Les résultats sont excellents. Amendement rapide de l’état général et local.

OseRvaTION IV. — J. G... — Ostéomyélite du tibia gauche. Forme grave d’ostéomyélite aigüe. Traitée par l’abcès de fixation, l’immobilisation et les pansements humides, la malade guérit rapidement.

OgservarTioN V. — H. D... Ostéomyélite du fémur. traitée par l’abcès de fixation. Trois ponctions de la cuisse ont permis de ramener un verre et demi de pus. Guérison rapide.

OsServaTION VI. — Bourgeois Francisque. Ostéomyélite extrémité supérieur de l’humérus gauche. Etat général très mauvais, qui empêche l'intervention chirurgicale. On pratique un abcès de fixation. Amélioration rapide de l’état du malade. Le diagnostic est confirmé par l'ouverture d’un abcès résiduel à la partie antérieure de l’articulatoin de l'épaule. Guérison complète.

OgservaTION VII. — Girardin Paule. Ostéomyélite grave du fémur

droit. Incision, à l’entrée, d’un abcès situé à la partie antéro-externe !) de la hanche, huit jours plus tard intervention chirurgicale avec tré- > J Ês

panation du fémur. Devant l’aggravation des phénomènes septicémiques, on pratique tardivement un abcès de fixation. Décès le lendemain de l'injection de térébenthine.

OBsERVATION VIII. — Gaillot Claudius. Ostéomyélite de l'extrémité inférieure du fémur. Etat général grave, faisant redouter une intervention. Après la formation d’un abcès de fixation, l’état général et l’état local s'améliorent rapidement. Le malade est actuellement dans le service et va bien.

La radio a montré un épaississement de l’épiphyse fémorale.

Ces deux derniers cas peuvent être mis en parallèle. IT s'agit de deux malades entrés à peu près en même temps à l'hôpital et présentant une exacte ressemblance clinique dans leur affection.

Dans l'observation VIT, l'ouverture des parties molles et la recherche laborieuse d’un abcès semble avoir

ge Ve amené une aggravalion des phénomènes généraux. Sans doute, ceux-ci ne pouvaient aider définitivement qu'après la libération de l'os, retardée de quelques jours en raison de l’état général, et à la suite de laquelle cependant, la malade a succombé rapidement. Dans l’observation VII où, nous le répétons, les phéomènes cliniques identiques étaient similaires,

la maladie a tourné court après un abcès de fixation.

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