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l'empêchera à tout prix d'expectorer clans un mouchoir; matin et soir, le contenu du crachoir, toujours facile à vider si Ton a soin d'y laisser constamment une couche d'eau, sera jeté simplement aux cabinets s'il y a fosse fixe ; dans le cas contraire on le détruira par un des nombreux procédés chimiques connus, ou bien on le brûlera avec soin dans un foyer incandescent.
Etant admis que dans la phtisie pulmonaire simple, les produits de l'expectoration sont le seul véhicule à peu près des bacilles, le tuberculeux alité ou gardant la chambre peut, dans ces conditions, être soigné, veillé presque en toute sécurité par les siens. Et encore sera-t-il prudent d'exclure de son voisinage les personnes de constitution chétive ou débilitées par une maladie récente.
Les questions de sentiment rendent souvent la tache du médecin fort pénible, mais si ses conseils restent parfois sans effet, il doit au moins dégager sa responsabilité en signalant de façon ferme les conséquences désastreuses que pourrait avoir l'insouciance des parents près de leur malade.
Cette hygiène familiale du tuberculeux doit se continuer après sa mort.
La chambre qu'il a occupée, surtout avant la mise en pratique des mesures hygiéniques
prescrites par le médecin, est un foyer d'infection. Tout y doit être désinfecté, nettoyé à fond, refait, gratté, lavé, encaustiqué, reverni, retapissé, etc. Tout ce qui est étoffe et tenture doit être envoyé à l'étuve à désinfection; les vêtements désinfectés peuvent très bien servir de nouveau, mais il est en général plus simple de les détruire. En tout cas, on ne saurait trop condamner cette pratique inconsciemment coupable qui consiste à en faire cadeau à des malheureux, tels que le mort les a laissés. Pour le linge, les lessives bien faites sont amplement suffisantes, car leur liquide bout à une température plus élevée que l'eau ordinaire dont l'ébulïition suffit déjà à tuer les bacilles.
Et quand tout cela a été fait, il est encore indispensable de laisser pendant des semaines les appartements largement ouverts, jour cl nuit si possible, d'y faire entrer du soleil à pleines baies, avant de les habiter de nouveau.
C'est ainsi qu'on mettra (in aux épidémies de logement, et qu'on ne verra plus disparaître des familles entières par la tuberculose, comme cela se voit encore trop souvent, alors qu'un médecin avisé, appelé à temps près du premier malade de la série, aurait pu le guérir d'abord bien souvent, et tout au moins l'em-
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pêcher de distribuer la mort autour de lui.
Tout ce qui précède s'applique aux familles assez fortunées. Ici le médecin peut tout, s'il a la chance d'être écouté et obéi.
Mais que dire en ce qui concerne la maison du pauvre ? Là le médecin, isolé, abandonné à ses propres forces, ne peut en général que constater son impuissance.
Xeuf fois sur dix, l'ouvrier tuberculeux se tue sans le savoir, et le sachant parfois, pour continuer à gagner le pain de sa famille, jusqu'au jour où il va mourir à l'hôpital, à moins que des préjugés trop communs ne l'empêchent de demander ce suprême secours. Chez lui nulle hygiène, cela coûte trop cher. Il n'a même pas l'indispensable î II infecte son logement, son mobilier, ses hardes, il contagionne trop souvent sa femme et ses enfants, et, s'il meurt avant cette contagion effectuée, celle-ci se fait après sa mort. Puis sa femme qui l'a veillé au milieu des privations, s'en va, elle aussi, mourir à l'hôpital, et les enfants sont voués au pavé. Quand la série commence par la femme, c'est tout un.
Ils disparaissent, c'est bien. Mais, le logement qu'ils habitaient? Il est loué séance tenante à une autre famille pauvre. Si la misère physiologique s'y met, et les causes en sont trop multiples et permanentes, le bacille
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es! là, qui guette ses nouvelles proies, et la
senc recommence
En présence de ces désastres, que peut le médecin? Rien, absolument rien.
Il décide le malheureux tuberculeux à aller à l'hôpital. Là, mis au repos, à une nourriture au moins saine et abondante, le pauvre diable se remonte ; on le garde un mois, deux mois, pins son lit fait besoin pour des fébriles, on lui signe son exeat. 11 rentre à la maison, après avoir, moins aujourd'hui qu'il y a dix ans heureusement, infecté l'hôpital. Il use en quelques semaines les forces vil aies qu'il y avait récupérées, et y retourne bientôt plus malade que la première fois. Il a infecté de nouveau son logement, sa femme et ses enfants. Après une série d'entrées et de sorties de ce génie il finit par y rester, à l'hôpital, n'ayanl plus la force ni le courage d'aller mourir chez lui.
A qui la faute? A ce misérable qui vienl de mourir? Au médecin qui l'a soigné chez lui ou à l'hôpital? Non, car ils sont désarmés.
Il faut remonter plus haut. Comme nous ! avons dit, la société, avertie sans cesse par les hommes de science, n'a jamais rien l'ail pour enrayer la marche du fléau. Le coupable c'esl elle et elle seule.
La charité privée ou semi-officielle es! ici
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non moins impuissante que le médecin isolé. Des mesures administratives seules peuvent mettre un frein à l'envahissement de la phtisie.
On a décrété des mesures souvent tant soit peu vexatoires contre des maladies quelquefois assez innocentes, dont un médecin bien entendu parvient généralement à enrayer l'extension par des moyens simples, bien compris, et qui font leur besogne efficace sans tambour ni trompette.
On fait des sacrifices immenses pour rendre la vie douce à des individus que la société a rejetés de son sein.
Mais on n'a encore rien trouvé pour guérir des milliers de pauvres diables, que le travail amène à la tuberculose, car ils sont milliers ceux qui, tous les ans, devraient être guéris.
Mais on n'a encore rien fait pour empêcher que ces malheureux, pendant leur maladie et après leur mort, n'en contagionnent des milliers d'autres.
On serait mal venu évidemment de demander l'ostracisme ou l'incarcération des tuberculeux, comme le moyen âge l'a fait pour les lépreux ! Mais il y a des moyens plus doux.
La phtisie étant la grande plaie de l'humanité, toutes les forces de l'économie sociale devraient converger vers ce but, son extinction.,
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Pour l'individu malade il faudrait des sanatoria, où l'on guérirait celui qui est curable. Nous (levons avouer que le premier établissement de ce genre se bâtit en ce moment aux environs de Paris, sous le patronage de l'Assistance publique.
Pour l'individu qui doil mourir cliez lui, n'étant pas curable, il faudrait, après sa mort, rendre obligatoire et gratuite, la désinfection (l<s locaux, contenant et contenu.
Resterait au médecin appelé à donner ses soins jusqu'à la mort, à employer les moyens connus d'arrêter la contagion. Il n'est pas de malade qui n'écoutera son docteur, quand celui-ci lui dira que, pour ne pas donner sa maladie à sa femme et à ses enfants, il lui suffi! de recueilli]- tous les produits de son expectoration. Là le médecin peu! obtenir beaucoup.
Kl pourquoi la société ne fournirait-elle pas gratuitement ou à prix infime ces instrument de préservation sociale, les crachoirs de table el de poche? Ce serait là de la charité bien entendue et qui remplacerai! avantageusement le litre de vin de quinquina classique qui ne sert ;i rien (1).
La campagne du crachoir de poche, qui
i Nous avons eu récemment la satisfaction de voir <lcs crachoirs de poche à l'étalage de certains magasins de Paris.
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aura le courage de la mener au grand jour, avec toutes les forces de la publicité actuelle?
Quand il s'agit du tuberculeux hors de chez lui, au collège, à l'atelier, etc., les difficultés ne sont pas moins grandes.
Pour l'école, la seule mesure pratique nous paraît être l'exclusion de l'élève tuberculeux. Car s'il est curable et de situation aisée, sa famille doit l'envoyer ailleurs pour se guérir ; s'il est curable et pauvre, c'est la société qui doit s'en charger clans le même but de le guérir. Si, enfin, il est condamné à mort, il est parfaitement inutile qu'il continue ses études, et qu'avant de mourir il soit pour quelque temps un foyer de contagion clans l'établissement.
Il faut donc le rendre à sa famille. Au surplus la surveillance médicale devrait être telle, dans les établissements d'éducation, que cette question des tuberculeux curables ou incurables ne devrait jamais se poser. La mesure énergique devrait être prise à l'apparition du premier symptôme, faisant soupçonner l'éclosion de la tuberculose chez un élève.
Pour l'atelier, c'est autre chose, car ici chacun gagne sa vie et celle des siens. L'exclusion de l'ouvrier malade se fait d'elle-même quand le malheureux est devenu incapable de travailler. Mais jusqu'à ce que la société soit
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en mesure de le prendre au débui de sa maladie et de le guérir à ses frais, on aurail difficilement le droit d'appliquer dans ce cas l'ostracisme précoce.
.Mais alors pourquoi, puisque l'ouvrier, par ignorance, ou négligence, ou pénurie, ne consulte pas le médecin, et se laisse arriver ;i la maladie confirmée et visible pour tous; pourquoi tout atelier n'est-il pas soumis à une discipline de surveillance médicale? Pourquoi dès qu'un ouvrier tousse n'est-il pas, de façon obligatoire, signalé à un médecin par le maître de l'atelier? Pourquoi, dès que le médecin aurait posé le diagnostic de tuberculose, n'instituerait-on pas d'office les mesures hygiéniques individuelles qui permettraient à ce malade de séjourner à l'atelier sans danger pour ses camarades? Pensc-t-on qu'il soit plus ragoûtant de voir exhiber en public des furoncles en suppuration, des écrouelles, des eczémas, des maux d'yeux, etc., que de voir quelqu'un recueillir soigneusement ses crachats dans un flacon propre et élégant? Tout es! là, pour l'entourage du malade.
Et si la société n'es! pas en mesure de prendre cet ouvrier quand il est curable el de le guérir malgré lui; si le médecin livré à luimême n'arrive pas, dans les mauvaises conditions hygiéniques qui l'entourent, ;i le guérir
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non plus ; si cet ouvrier meurt, au moins il n'aura pas distribué les germes de sa maladie à ceux de ses camarades en état de réceptivité. Et dans les ateliers, combien y en a-t-il de ces candidats à la tuberculose !
On demande le moyen de faire l'éducation du peuple sur le danger de la phtisie. Elle se ferait ainsi d'elle-même. Peu à peu les tousseurs et les cracheurs seraient moralement forcés de ne plus cracher sur les planchers et dans leur mouchoir. Il est bien évident qu'au début ces mesures donneraient lieu, comme tout ce qu'on fait chez nous, à quelques chansons, mais les chansons passeraient et l'éducation du peuple, vis-à-vis des tousseurs, ne s'accomplirait pas moins.
Les mêmes choses sont à dire, les mêmes mesures sont à prendre pour ce qui concerne les bureaux des administrations. Mais ici combien plus facile est la tâche ! L'instruction plus élevée des intéressés rend aisée l'application des mesures hygiéniques. Il est bien clair que si chaque employé malade était averti et convaincu du danger que sa présence au bureau fait courir à ses collègues, il se soumettrait de lui-même à l'application de ces mesures. Sans compter que, soit au moyen de leurs ressources personnelles, soit avec le secours de leurs administrations, fort libérales
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cl généreuses à l'ordinaire, bon nombre d'employés de bureau trouveraient le moyen d'aller se soigner sérieusement ailleurs.
Partout où il y a agglomération d'individus il devrai! y avoir une surveillance médicale constante pour dépister la tuberculose pulmonaire dans chacun de ses foyers d'apparition.
Que l'on prenne connaissance des derniers rapports delà mortalité actuelle par tuberculose dans les armées de certains pays, comparée à ce qu'elle était il y a quelques années, et l'on verra ce que peuvent les mesures hygiéniques rigoureusement appliquées.
Pour ne pas être accusé de demander l'impossible, nous ne parlerons pas de la contagion sur la voie publique. La rue est à tout le inonde, dira-t-on. C'est très vrai, et encore faut-il ne pas oublier ce précepte que le droit de Pierre s'arrête où commence celui de Paul. N'empêche que si l'éducation médicale du peuple existait un peu eu ce qui concerne la phtisie, cl si chaque tousseur qui expectore sur le trottoir s'entendaii jeter à l'oreille par le premier venu une bien sonnante épithète, il y regarderail souvent à deux Fois avant d'étaler ses bacilles an soleil sous les pieds des passants.
Kl d'ailleurs n'esl-il pas prescrit, par ordonnance spéciale, <!<• ne point cracher >ur le
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plancher des voitures publiques ? Il est bien plus propre en apparence de cracher dans son mouchoir. Mais le malheur est que ce dernier, desséché, sera secoué impitoyablement à la figure de tous les voyageurs.
Il ne faut pas se faire d'illusions sur les divers desiderata que comporte l'hygiène privée et sociale des tuberculeux.
Ce n'est pas d'un seul coup qu'on jugule un pareil fléau. Mais de ce que la tâche est immense, irréalisable à première vue. faut-il donc rester inactifs ? Parce que l'on ne peut faire tout en une fois, faut-il ne rien essayer?
Il y a un commencement à tous les progrès. Il faudrait d'abord ne pas craindre de faire connaître à tout le monde ce que c'est que la tuberculose et son péril pour la société. La presse quotidienne, capable de tant de bonnes choses, ferait beaucoup dans ce sens pour l'éducation du peuple. Une fois engagée dans la bonne voie par des gens convaincus, n'est-elle pas aussi capable de faire cette œuvre grandiose et si simple, qui consisterait à mettre tout le monde en garde contre la contagion tuberculeuse ? Que de choses, en apparence monstrueuses et vexatoires, on ferait accepter au public en le préparant un peu tous les jours !
On lui apprendrait ainsi que non seule- La Phtisie. 17
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ment on devrait presque toujours se guérir de la tuberculose ordinaire, mais que la contagion aussi est facile à restreindre. A mesure que les guérisons se feraient plus nombreuses, à mesure que chaque malade deviendrait moins dangereux pour ses semblables, le nombre des cas de phtisie se restreindrait naturellement. C'est une évolution lente, mais ce serait une atténuation sure du fléau.
On nous objectera certainement que peutêtre nous sommes à la veille de voir découvrir le sérum antituberculeux. Soit. Nous souhaitons de tout cœur que ce beau jour arrive bientôt. Mais est-ce une raison pour s'endormir en attendant ce Messie?
Au surplus, s'imagine-t-on que la sérumthérapie du bacille de Koch, si elle est trouvée demain, va annihiler d'emblée la tuberculose? Est-ce que le vaccin jennerien n'existe pas depuis un siècle ? Et pourtant on légifère partout encore contre la variole! Est-ce que les épidémies de petite vérole n'existent plus?
Il faut nussi raisonner un peu sur ce qu'on peut supposer devoir être ce sérum antibacillaire tant souhaité. En principe il empêchera les bacilles de se développer. Par conséquent on peul imaginer qu'il sera surtout utile dans les tuberculoses aiguës, celles où l'activité du parasite es! huit. Ce serait déjà très beau,
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car jusqu'à présent ces formes-là déjouent à peu près toute la science médicale.
Mais croit-on qu'un tuberculeux chronique, à lésions plus ou moins profondes, sera guéri du coup parce qu'on tuera ses bacilles au moyen d'un sérum? C'est invraisemblable, parce que, débarrassé une fois du parasite de Koch, il lui restera encore ses lésions pulmonaires et des légions d'autres parasites, complices de celui-là.
Evidemment ce sera un grand point d'obtenu, mais ce ne sera pas tout. Et puis, enfin, jusqu'à ce qu'on ait détruit leurs bacilles, les phtisiques n'en continueront pas moins à cracher partout et à empoisonner leurs concitoyens, si l'on ne fait rien pour les amener à ne pas le faire.
Si donc il existait en vigueur des mesures hygiéniques contre la tuberculose et les tuberculeux, il y aurait encore de beaux jours pour elles, même en admettant que le vaccin préservateur et curateur soit trouvé demain. Malheureusement ces mesures n'existent pas.
Nous ne saurions terminer ce chapitre d'hygiène sociale sans dire un mot de la question des tuberculeux devant le mariage.
Nous avons déjà dit les conditions clans lesquelles le tuberculeux guéri pouvait se marier, et nous avons posé ce principe que le
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tuberculeux non guéri n'avait pas le droit de
se marier.
Le droit moral s'entend, cl il vaudrait mieux dire qu'il a le devoir de ne pas songer au mariage. Mais que de l'ois, comme pour les syphilitiques, le médecin, lié par le secret médical, voit avec terreur son client se marier, malgré ses conseils î
Donc le tuberculeux ne doit pas contracter mariage et voici une fois de plus pourquoi :
1° En restant célibataire, il a beaucoup plus de facilités pour se soigner et surtout plus de chances pour se guérir. Cela est pour luimême. Voici pour les autres :
2° En se mariant il s'expose à donner sa maladie à sa femme.
3° En se mariant il s'expose à avoir des enfants qui seront la proie de la phtisie.
Il faut aussi qu'il sache que s'il contagionuait sa femme et que celle-ci devînt grosse, ce serait presque à coup sur la mort qu'il lui aurait donnée, comme nous l'expliquerons à l'instant.
En effet, pour la jeune fille tuberculeuse il existe des raisons en plus de l'abstention du mariage. Elle peui évidemment contagionner son mari, mais c'est là le moindre inconvénient de l.i situation. Si, eu puissance de luberculose, elle devient grosse, elle mourra
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presque sûrement. C'est un fait bien démontré, c'est une loi presque sans exception, que pendant la grossesse la phtisie se cache souvent sous des apparences fort bénignes, mais, aussitôt la délivrance, prend une terrible revanche. Rien n'est plus commun que de voir alors les tuberculoses les plus anodinesjusquelà se transformer en phtisies aiguës généralisées. Et si l'accouchement faisait grâce de cette complication terrible, l'allaitement arrive en seconde main pour la faire éclater.
De là cette formule émise par un de nos maîtres. Dans le monde des tuberculeux il faut : 1° aux filles pas de mariage ; 2° auxfemmes pas d'enfant; 3° aux mères pas d'allaitement.
Un mot encore d'hygiène conjugale pour les ménages où l'un des époux devient tuberculeux.
Le phtisique marié doit coucher seul, seul dans son lit, et seul dans sa chambre.
Non pas que son contact, son haleine, ses sueurs soient autrement dangereux, comme on le croit clans le monde.
Ce qui est dangereux pour l'autre époux, c'est la poussière des crachats que la moindre éclaboussure a pu projeter sur les draps et les couvertures du lit.
Mais surtout le malade doit coucher seul dans sa chambre, parce que ladite chambre
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n'est jamais trop grande pour lui. qu'il est inutile qu'une autre personne use la moitié de l'air pur qu'elle contient, et que c'est assez de lui seul pour empoisonner cet air avec les produits de son exhalation pulmonaire.
Nous devons dire toutefois que si la chambre est vaste, si la fenêtre est bien ouverte toute la nuit, dans les conditions indiquées de la cure d'air nocturne, nous considérons qu'il doit y avoir bien peu d'inconvénients à laisser coucher deux époux en lits séparés dans la même chambre. C'est une expérience que nous avons été à même de faire assez souvent dans les conditions d'hygiène bien réglementées où nous exerçons.
Mais ce à quoi le médecin doit s'opposer formellement, c'est à laisser coucher des enfants dans la chambre des malades.
Et puisque nous sommes dans l'hygiène matrimoniale des phtisiques, donnons un dernier conseil aux parents en puissance de bacilles. Qu'ils mettent, si pénible que leur soit cette contrainte, un frein aux manifestations extérieures de leur tendresse pour leurs enfants. ( hi'ils les embrassent le moins possible.