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alourdi par la masse inerte qu’il contient, à ses ligaments de suspension. D'autant que la mort de l'œuf ou son expulsion ayant interrompu l'effort nutritif qui dans la grossesse à évolution normale, influe aussi bien sur la musculature pelvienne tout entière que sur l'utérus lui-même, l’hyperplasie se maintient relativement sur la paroi de l'utérus, mais s'arrête sur les éléments musculaires qui le supportent et le soutiennent.
30 Sub-involution.— L’expulsion du fœtus surprend l'utérus à une période incomplète de l’évolution histologique, qui doit l’amener à une transformation importante de son tissu musculaire. Il en résulte un retard dans son involution qu’empêche également la présence du placenta. A cette hyperplasie utérine persistante, on a attribué les déviations utérines.
M. Pozzi dit : « La grande cause de l’antéversion réside dans les changements de structure de l’utérus après l’accouchement et l'avortement et dans une involution vicieuse amenée par une légère infection ; l'organe prend cette attitude quand il est encore malléable et la conserve parce que sa toxicité normale n’est pas revenue ; les adhérences péritonéales viennent enfin l’y fixer... Le poids d’une tumeur peut déterminer cette déviation... »
Dans la rétention prolongée du délivre, cette double condition, mollesse, pesanteur exagérée, est réalisée. Le même auteur explique d'identique façon la rétroversion en invoquant, en outre, le relàchement des ligaments utérins qui, parleur toxicité chez
la femme normale, ramènent toujours l’utérus dans son antéversion physiologique, lorsque la distension de la vessie l’en a écartée.
M. Doléris reconnaît que cette déviation tout en étant moins fréquente que les autres, car elle est souvent la cause et non la suite de l'avortement, trouve dans la rétention une excellente raison.
Quant aux flexions, antéflexion et rétroflexion elles sont dues, d’après E. Martin à l'absence d’involution suffisante de la paroi postérieure de l’utérus dans la première, de la paroi antérieure dans la seconde, sous l'influence de débris de membrane ou de placenta amenant une infection locale plus intense au niveau de leur implantation.
Un accident plus fréquent encore est la fausse métrite, caractérisée, en dehors de toute infection avérée, par l'augmentation de volume, la lourdeur, la sensibilité de l'organe, les pesanteurs et les maux de reins, la métrorragie.
QIl n’est pas de gynécologue qui n'ait reconnu dans ces cas la fréquence de l’hypertrophie utérine persistante, avec épaississement, infiltration, mollesse et atonie des parois, congestions passives, lourdeur, flux sanguin exagéré au moment du retour des règles et dans les périodes menstruelles ultérieures. » (Doléris).
Cet état nécessite une surveillance attentive et un traitement prolongé.
4° Prolifération des débris de caduque et de placenta. — La nappe déciduale restée adhérente se
TE
fusionne avec la couche basale qui reste normalement
après la délivrance et reconslitue la muqueuse uté-
rine. Douée d’une grande activité de prolifération,
elle s’hyperplasie et forme un revêtement bourgeonnant d'une exubérance pathologique d’où le nom d’endométrite déciduale.
C’est ainsi que cela se passe en dehors de toute infection : mais si la caduque est légèrement enflammée, l’affection est beaucoup plus sérieuse.
Le placenta adhérent est d’ailleurs le plus souvent enflammé, les adhérences étant le fait de l’endométrite contemporaine de la grossesse,
L’hémorragie est le symptôme prédominant de cette endométrite déciduale. Sur 325 curages utérins, Rabenau en compte 196 pour endométrite successive à une fausse couche.
Un accident plus rare, mais non contesté est l’organisation des débris placentaires retenus en polypes dits placentaires. Fehling leur attribue, ainsi qu’à la sub-involution, un rôle considérable dans létiologie des fibromes. |
Ces polypes sont le plus souvent bénins ; mais outre qu'ils peuvent donner lieu à des erreurs de diagnostic préjudiciables, leur transformation possible en tumeurs malignes (déciduomes malins) a été
prouvée par M. Cazin.
5° Troubles salpingiens. liègles vicariées. Stérilité. — Tout comme un fibrome, un polype, le placenta peut obstruer le conduit cervical et empècher l'écoulement des règles ainsi que des sécrétions. C'est l’hématomètre.
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On a vu dans le cas d’occlusion parfaite et de parois utérines très peu résistantes, la distension de la cavité utérine atteindre de grandes proportions, les conduits tubaires devenir perméables et le sang refluer dans le péritoine.
Cela est rare, mais l’'hémosalpinx par reflux s’observe plus souvent. Il est généralement suivi de vraie salpingite, le sang étant pollué par les sécrétions utérines.
D’autres fois il y a suspension de la menstruation pendant plusieurs mois et à la place des règles on observe des fluxions périodiques : épistaxis, flux hémorroïdaire, etc., accompagnées de troubles nerveux.
La stérilité complète ce tableau : elle est due aux altérations de la muqueuse, aux modifications de la structure générale de la matrice, aux déformations, déviations, aux lésions des annexes produites par la rétention placentaire.
Il n’est donc pas vrai que la rétention prolongée du délivre abortif soit sans conséquence.