Maucraime, Congrès de chirurgie de Lyon
Lauriat
— 18 en des diaphyses), et que s’il est quelque progrès à y réaliser, il faut le chercher dans le perfectionnement des appareils et dans les soins apportés à leur application et à leur surveillance. »
MM. HarrMann, TiLLaux,f dans la mème séance, partagèrent cette opinion. Presque tous les orateurs furent hostiles à la nouvelle méthode. Seul, BŒGKkeL, de Strasbourg, ne put s’empècher de faire observer « la rapidité remarquable de la guérison et la correction absolue de la suture osseuse. »
Mais la méthode avait éprouvé un rude échee. En vain, au XXI° Congrès des chirurgiens allemands, Preiz SCHNEIDER, proposa-t-il de recourir à l’intervention sanglante toutes les fois que l’on éprouvait des difficultés pour la réduction et la contention de la fracture. BERGMANN, Wacxer de Konigshütte s’élevèrent contre les propositions de PrEIL SCHNEIDER.
M. HENNEQUIX, en outre, apportait successivement à la Société de Chirurgie les résultats obtenus dans les fractures de jambe avec son appareil d'extension. C’en était fait alors du traitement sanglant des fractures fermées. En 1896, tous les chirurgiens se rallièrent à l'opinion de M. Hennequin. La suture osseuse dans les fractures fermées semblait à jamais condamnée.
Cependant, quelques chirurgiens, avee MM. Turrier, Terrier, Leyars, Gosser, WALTHER, etc. restaient des partisans convaincus du traitement sanglant. Des observations étaient publiées de temps en temps. M. Leyars, en 1897, dans ses Lecons de chirurgie, cite des cas de fractures de clavicule suivies de succès,
rio
Dans la thèse d’ArNauzr, en 1898, on trouve encore 3 cas de suture de clavicule avec résultat excellent. Dans la séance de la Société de chirurgie du 19 janvier 1898, M. WazrHer rapporte 3 observations de fractures de la clavicule de M. Laroucus (d’Autun), où le résultat fut parfait.
Mais la radiographie venait de bouleverser les données de la chirurgie osseuse : on constatait que la réduction obtenue par les procédés classiques n’était pas parfaite, que la coaptation exacte des fragments était rarement obtenue, que des cals volumineux, difformes en étaient souvent le résultat.
À partir de ce moment, le traitement sanglant des fractures allait entrer dans une ère nouvelle. Ce ne fut pas sans peine. On nia, en effet, tous les résultats de la radiographie. M. Lucas-CHAMPIONNIÈRE, M. HENNE- QUIN s’élevèrent contre les données fournies par les rayons X : la radiographie, disaient-ils, était cause de fausses interprétations ; on ne devait donc lui accorder qu’une confiance limitée.
Mais, malgré tout, la question du traitement opératoire des fractures fermées faisait son chemin, elle ralliait, de jour en jour, plus de partisans. En Angleterre, en Amérique surtout, où les compagnies d’assurances payent une indemnité très forte à l’ouvrier blessé, les chirurgiens n'hésitent plus aujourd’hui à abréger la durée de traitement d’une fracture. En France même, avec l’état social actuel, l’ouvrier demande au chirur- ‘gien de le mettre, le plus vite possible, en état de
gagner sa vie et celle de sa famille.