HISTORIQUE
« Longtemps reléguées au second plan de la scène chirurgicale, alors que la thérapeutique des maladies des viscères occupait, et à juste titre, le premier rôle, les fractures semblent sous les efforts combinés d’un petit nombre de chirurgiens, au nombre desquels nous sommes heureux de nous compter, devoir sortir de la pénombre pour entrer en pleine lumière des études scientifiques modernes. » Ainsi s’exprimaient MM. Tur- FIER et LOUBET, à la troisième séance du Congrès belge de chirurgie, le 9 septembre 1902,
Pendant la période préantiseptique, quelques essais avaient été tentés, mais les résultats obtenus n'étaient guère faits pour encourager les chirurgiens dans cette nouvelle voie. Ce n'est, en effet, que depuis la découverte de Lister, que la question dutraitement sanglant des fractures prend son réel développement. Néanmoins, devant l'impossibilité de la réduction, on avait pensé, depuis longtemps, à ouvrir les foyers de fracture. AMBROISE PARÉ, frappé d’un coup de pied de
eg cheval, à quatre travers de doigt au dessus de l’articulation du pied, donnant ses indications à Maistre RicHaArp HUBERT, nous raconte : « davantage l’admonestay fors qu'il* sceust bien son art de tirer fort le pied en figure droite et que si la plaie n'’estoit suffisante qu'il la creust avec un rasoir pour remettre plus aisément les os en leur position naturelle, et qu'il recherchât diligemment la plaie avec les mains plutôt qu'avec autre instrument, car le sentiment du tact est plus certain que nul autre instrument pour oster les fragments et pièces des os qui pourraient être du tout séparées ; mesme qu'il exprimât et feist sortir du sang qui estoit en grande abondance aux environs de la plaie, puis furent mises les attelles......» |
C'est MALGAIGNE, le premier, qui eut l’idée de traiter les fractures de la rotule à l’aide de griffes, avec la seule pensée de rapprocher les fragments et de les tenir en contact.
En 1835, FLAUBERT, chirurgien de l’Hôtel-Dieu de Rouen, fit la suture à l’aide de fils métalliques pour une fracture ancienne non consolidée de l’humérus. L'observation est relatée tout entière dans la thèse de LaLoy (1), élève de FLAUBERT. KEARNY RODDGERS en 1826 avait aussi déjà essayé celte suture métallique.
Quelques annés plus tard, en 1848, DrerreNBAcH, de son côté, se basant sur ce fait que l'introduction de corps étrangers dans les diaphyses excite l’ostéo-
genèse, imagina alors de traiter les pseudarthroses en y