‹ Traités approfondis des maladies des yeux et des oreillesChapitre 11 sur 58 · EXEMPLE · texte numérisé non relu

EXEMPLE

Mathurin Mary , menuisier à Cely , arrondissement de Melun , département de Seineet - Marne , a trois enfans , dont : Mathurin , âgé de huit ans ; André , âgé de sept ans ; Marguerite , âgée de quatre ans , qui sont tous trois aveugles de naissance.

Il arrive la même chose pour les sourdsmuets : Le célèbre Massieu , premier élève de l'abbé Sicard , auquel il a fait tant d honneur, a trois frères et une sœur sourds - muets , comme lui.

Il y a deux espèces d'ophthalmies : l'une est aigûe et vraiment inflammatoire par excès de stimulus; l'autre est chronique, ou par faiblesse des membranes.de l'œil, ou des paupières; d'autres fois elle est partielle ou universelle.

Cette distinction, fondée sur l'observation, est le guide le plus certain que nous ayons dans le traitement de l'ophthalmie ; car quoique mes médicamens seuls en aient guéri un très- grand nombre, je dois avouer aussj que

souvent, dans la première espèce à ophthaîrnie , je les ai heureusement combiné avec les topiques émoiliens anliphlogisliques et doux ; et dans le second , avec l'usage des remèdes intérieurs.

Le point le plus important , dans le traitement de l'oplithalmie , est de saisir la période où elle passe de l'état aigu à l'état chronique par faiblesse , afin de changer aussi de moyens ; car , si l'on continue l'usage des émoiliens après cette époque, on entretient la turgescence des vaisseaux , et l'on perpétue la rougeur de la conjonctive.

La température produit souvent des ophihalmies , comme elle produit des catharres. Aussi ont - elles quelquefois un caractère rhumatique; et très-souvent la cause de cette maladie réside dans l'estomac : c'est ce qui me décide à faire usage des minoratifs , en même temps que j'emploie mes collyres.

J'en ai vu aussi produites par la suppression d'une évacuation habituelle. Dans ces caslà , je m'applique à rappeler l'écoulement avant de faire usage de mes médicainens , et j'en continue l'application jusqu'à ce que la rougeur de la cornée soit entièrement dissipée , afin de rendre aux vaisseaux relâchés et infiltrés par le sang leur première vigueur ; et je donne les anti-spasmodiques à l'intérieur s'il y a agacement des nerfs , fièvre et douleur à la nuque avec chemosis.

Lorsque j'ai eu à craindre qu'une violente inflammation des membranes de l'œil n'entraînât sa fonte , et ne se propageât au cerveau , j'ai fait saigner copieusement avant d'appliquer

mes collyres , et j ai toujours eu , en me conduisant ainsi , le plus grand succès.

Dans, les ophthalmies gonorrhoïques , j'ai agi de la même manière par un traitement combine,

Du Nuage de la Cornée.

Le nuage de la cornée est une des suiles les plus fréquentes de l'ophthalmie chronique. J'établis une grande différence , ainsi que les auteurs modernes , entre le' nuage de la cornée et la tache dense , taie obscure faite par Xalbugo ou leucoma , qui est le maximum de cet état de la cornée ; en ce que le nuage n'est qu'un obscurcissement récent , léger , superficiel , précédé et accompagné d'ophthalmie , et au travers duquel on distingue l'iris et la pupille. Cet état ne prive pas entièrement les malades de la faculté de voir , mais leur couvre seulelement les objets d'un voile ou d'un nuage.

Cette infirmité reconnaît pour cause l'infiltration des vaisseaux veineux de la conjonctive, dont le cours du sang est ralenti dans leur intérieur ; il y a même quelquefois un état variqueux , et les vaisseaux demeurent appareils sur la cornée , comme il le sont dans l'inflammation de l'œil.

L'indication du traitement consiste donc à donner du ton aux vaisseaux de la cornée ; mais les astringens , les fortifians , la pommade même de Janin ne suffisent pas toujours : ils ont fait au contraire quelquefois beaucoup de mal.

C'est daijs de semblables circonstances que

mes remèdes ont véritablement opéré des prodiges , et le fait suivant va parler en leur faveur :

PREMIÈRE OBSERVATION

L'enfant d'un Charbonnier , rue Montmartre , à Paris , avait , par suite d'une ophthalmie survenue après le dessèchement d'une croûte laiteuse considérable, un nuage très-dense, tenant de Yalbugo , sur les deux yeux. Un chirurgien célèbre de Paris avait proposé la rescision des vaisseaux variqueux ; la mère de cet enfant, qui apprit mon arrivée dans cette ville , me le conduisit. Je l'ai fait panser sous mes yeux pendant quarante jours , et maintenant il voit parfaitement bien,

DEUXIÈME OBSERVATION

Le 5 juillet de l'année 1814 » se présenta chez moi la nommée Angélique Trusta, demeurant barrière des Martyrs.

Cette fille , âgée de vingt-un ans , après avoir eu , pendant trois années , des ophthalmies périodiques , correspondantes avec la suppression de ses règles, eut au mois de septembre i8i3 une violente ophthalmie qui lui laissa un hucoma , avec exudation d'une liqueur tenue et laiteuse.

En décembre i8i3, on fit l'incision qui laissa sur l'œil une cicatrice dense et coriace, qui couvrait une grande partie de la cornée.

L'aspect de son œil était effrayant. Voici tes moyens que j'ai employés , et à l'aide

desquels Angélique Trusta a recouvré la vue : J'ai combattu l'inflammation locale par l'application de topiques émolliens, et par quatre sangsues apposées derrière les oreilles ; puis j'ai , à l'aide d'une œillère de verre , baigné constamment l'œil avec mes médicamens , et vers la fin du traitement j'ai provoqué quelques selles avec le sulfate de Magnésie.

TROISIÈME OBSERVATION

Un Italien , âgé de 02 ans , sujet à de légères irritations de l'œil , a gagné une gonorrhée vénérienne , qu'il a négligée ; il n'a employé que de ces moyens , résultat d une médecine qu'on a prétendu simplifier. Ces moyens insuffisans pour la guérison entretinrent bien , il est vrai , 1 écoulement par l'urètre ; mais la matière gonorrhoïde se transporta aux paupières , et le globe de l'œil fut bientôt inondé d'une matière puriforme d'un jaune verdâtre , exactement semblable , par les propriétés physiques et chimiques, à l'écoulement de l'urètre ; et déjà des aphthes grisâtres se développaient sur le bord libre de la paupière inférieure.

Je jugeai , dans ce cas , qu'un traitement antivénérien devrait précéder l'application de mes remèdes ; et un médecin habile fut appelé pour le traitement secondaire.

Le muriate sur-oxygéné de mercure fut administré en liqueur, des frictions mercurielles furent faites sur les tumeurs des aines ; et lorsque les douleurs stéocopes et autres symptômes , d'une infection générale, furent dis-

sipés, j'appliquai mes collyres sur les yeux, qui seuls n'avaient .éprouvé qu'une bien légère amélioration du traitement général.

Lorsque l'œil put s'ouvrir assez pour pouvoir y introduire les médicamens , je commençai le pansement qui a duré deux mois , au bout desquels le malade a pu se livrer à ses travaux ordinaires.

Beaucoup d'autres affections résultant d'ophthalmies aiguës ou chroniques ont été également guéries par le même traitement,

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