‹ Traités approfondis des maladies des yeux et des oreillesChapitre 2 sur 58 · LIBRARY · texte numérisé non relu

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AVAMT PROPOS.

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C'est en 1814 que je vins en France pour la première fois avec S. M. Louis XVIIL Ma réputation d'Oculiste était déjà bien établie danslaGrande-Bretagne, puis qu'une infinité de malades venaient de tous pays me consulter ; pendant vingt années d'exercice en Angleterre, je fus visité par une multitude d'émigrés Français que j'ai toujours traités gratuitement, et qui, je le dis après eux , me doivent pour la plupart leur guérison.

Avant cette époque, j'avais eu le bonheur d'être connu de S. M. Louis XVIII, qui résidait alors à Hartwel , et qui , par bonté pour moi daigna, depuis sa rentrée en France 7 m'honorer de sa Royale

protection. Après trois .ans de séjour en France, désirant jouir du repos, je re'solus de me retirer en Angleterre et. m'appliquai a reunir en un topique particulier tout ce que je crus propre à la guérison des maladies des yeux: et des oreilles. Pensant avpir atteint mon but, je fis annoncer dans quelques journaux, que j'avais établi en France plusieurs dépôts de mes divers remèdes pour ces différentes maladies (i). Cependant, je ne tardai pas à reconnaître l'inconvénient délaisser ainsi au gré de chacun l'emploi de mes topiques. Le plus grand nombre se les appliquait avec peu de discernement, ne sachant pas que les maux d'yeux ou d'oreilles peuvent souvent provenir du mauvais état d'une toute autre partie du corps. Alors je défendis la vente de tous mes remèdes; c était en 1819 , j'avais passé l'hiver à Bruxelles et retournant en Angleterre par Dunkerquc, je fus invité par le Bureau de Bienfaisance de cette ville, à y séjourner pour donner les secours de mon art à des malheureux. Les villes de Cassel, Calais, S. l-Omer et. Boulogne me retinrent aussi quelque temps, et les lettres de remerchnens que

(1) Mes remèdes contre les maladies de yeux sont lout dîflfirens de ceux conlre la surdité.

je reçus des Autorités , sont dos preuves assez authentiques do la ree.oiinaissaiu o publique pour les bons effets dos soins que j'ai donnés dans les hôpitaux de chacun de ces endroits A la fin de 1827, je me décidai a visiter la France une dernière fois, espérant encore être utile au malheur; il m'est doux de pouvoir annoncer que mes soins h Abbeville , «à Amiens , Arras , Douai , Lille , etc. , ont été le plus souvent couronnés de succès.

Dans l'espoir que mes ouvrages pourront être de quelqu utilité aux Elèves en Médecine et en Chirurgie, ainsi qu aux personnes affligées de maux d'yeux et d oreilles, je livre au public le résultat de mon expérience et le fruit de mes travaux. Je commençaimon Traité sur les maladies des yeux en 1814. mon Compte rendu en i8i5, mon Traité sur les maladies des oreilles en 1816, et enfin mon Hygiène des yeux en 1834.

Ce sont ces quatre ouvrages réunis que je prends la liberté de vous offrir aujourd'hui. Je vous prie MM. de les accepter et de les lire avec indulgence. Si après avoir pris lecture de ces écrits, vous les croyez dignes de l'intérêt public, et si, à l'exemple des Ecoles de Médecine de Paris , de Marseille et d'un grand

nombre d'autres wSociétés médicales otî littéraires, vous me jugez digne d'être admis comme Membre correspondant, de votre Société , il me serait agréable d'en recevoir le Diplôme, qui serait pour moi une récompense bien flatteuse de mes travaux et une preuve certaine de votre bienveillance, dont je serais heureux de m honorer en Angleterre.

J'ai l'honneur , etc.

Paris, le 9 Novembre 1 855.

John WILLIAMS,

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kjE Traité des Maladies des Yeux imprimé en 1814, fi1* publié moins dans le but de répandre quelques lumières sur cette matière , que dans l'intention de faire connaître au Public les nombreux succès que j'avais obtenus de l'emploi de mes remèdes , dans un grand nombre de cas pathologiques de cette nature.

Depuis , seize années de pratique en France m' ont fourni une multitude d'observations et de jaits du plus haut intérêt , dont les principaux seront ajoutés à ceux qui déjà ont été rapportés dans cet ouvrage ; mais toujours dans le but de faire connaître et de constater l'efficacité du traitement spécial dont je suis l Auteur.

En publiant cette deuxième Edition, dans laquelle , aussi bien que dans la première , les faits doivent tenir lieu de théories , je crois payer un nouveau tribut à la société et répondre en même temps aux sollicitations bienveillantes d'un grand nombre de personnes recommandables qui

m'ont honoré et m'honorent encore de leur confiance.

A beaucoup d'égards , mon Livre n'est point parfait , mais peut-être aussi ne serat-il pas sans intérêts pour ceux qui préjèrent l'expérience aux raisonnemens.

Depuis long-temps je me proposais de mettre au jour séparément quelques considérations générales sur toutes les circonstances de la vie, qui peuvent porter atteinte à la santé des yeux ; mais j'ai préféré les mettre à la fin de cette deuxième Édition, dans laquelle naturellement elles doivent trouver place.

Malgré tous mes effoits et l'attention dont je suis capable, quelques Jautes sans doute auront pu échapper à ma plume , peu familière avec la langue Française , qui n'est point la mienne. Aussi le lecteur aura-t-il quelque indulgence pour un Auteur dont le but principal est d'être utile à ï humanité.

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JLlusieurs chirurgiens célèbres ( i ) ont déjà écrit sur les maladies des yeux. Leur talent et leur grande réputation auraient dû naturellement éloigner de mon esprit le dessein de traiter la même matière , si i, propriétaire et inventeur de moyens assurés de guérir un grand nombre de ces maladies , jusqu'à présent réputées incurables, je n'avais cru devoir, pour le bien de l'humanité* faire connaître mon procédé , et le résultat de mon expérience.

Les affections qui atteignent les yeux sont suffisamment connues pour que je puisse me dispenser d'en faire une description minutieuse. L ouvrage que je publie aujourd'hui sera donc autant l'exposé de ma pratique particulière, qu'un tableau comparatif de la manière de les traiter , et des succès obtenus par mes médicamens.

Je vais seulement parcourir rapidement les divers causes qui peuvent altérer la vue ou en occasionner la perte s

(i) Ware, Pott^ Scarpa , Gttérin, le frère Corne, Deschamps.

afin de n'avoir à traiter que des faits dans le corps de l'ouvrage.

Que la vue soit subordonnée au tact pour la correction des idées fausses qu'elle nous donne souvent de la grandeur, de la figure et de la distance des objets , ainsi que le pense un grand naturaliste (i) , ou que le seul exercice de l'organe auquel elle est confiée , puisse la rendre propre à saisir et discerner ces diverses qualités du corps , comme le croit un célèbre métaphysicien français (2) ; il n'en est pas moins vrai que, de tous les sens , c est celui qui nous procure les jouissances les plus douces, celui par lequel nous recevons les impressions les plus variées de la part de tout ce qui nous entoure. C'est donc toujours aux dépens de notre bonheur, et du perfectionnement de nos facultés, que nous en sommes privés ; quoiqu'alors les autres sens , nécessairement plus exercés , et par cela même plus raffinés , y suppléent en quelque sorte. Or , la perte de la vue peut dépendre de causes d'autant plus diversifiées , que l'œil est formé de beaucoup de parties différentes , solides et fluides ,

(1) Buflbn.

(2) Condillac.

parsemé d'une foule de vaisseaux, et animé par une infinité de nerfs. Une structure aussi complexe expose cet organe fécond en merveilles étonnantes , et qui mérite a juste titre le nom de miroir de lame , à des maladies sans nombre , qui , toutes contribuent plus ou moins à en altérer les fonctions, a pervertir, diminuer, suspendre momentanément , ou même anéantir pour toujours la faculté de voir. Quoique toutes les cécités ne soient pas susceptibles de guérison , il en est cependant qui cèdent aux soins bien dirigés de la chirurgie, et à l'application de remèdes sagement administrés, comme j'ai eu si souvent occasion de m'en assurer par l'usage des topiques que je possède, et dont j entreprends de faire connaître les . propriétés dans cet ouvrage.

Il importe donc de bien connaître les causes qui ont entraîné la perte de la vue, afin d'y remédier lorsque les désordres ne sont pas inaccessibles à nos moyens.

Quelquefois la cécité est de naissance, ou congéniale, d'autres fois elle est la conséquence de l'âge ou sénile -, quand elle est occasionnée par quelque lésion

de l'oeil, elle est. dite idiopathique; et symptomatique ou sympathique lorsque les causes n'en sont pas immédiates.

De quelque genre que soit la cécité, elle peut être encore complète ou imparfaite , être passagère ou permanente.

Les paupières étant destinées à protéger l'œil contre des corps ambians qui en auraient bientôt altéré la structure délicate, à étendre uniformément les larmes sur la surface, et à graduer la masse de lumière qui s'y introdui , peuvent cependant aussi s'opposer à 1 accomplissement de la vue. En elfet, on voit certains enfans venir au monde ayant ces deux voiles mobiles réunis ensemble plus ou moins complètement, soit par la continuité de leurs tégumeus respectifs , soit par une pellicule mince interposée entre eux , et offrir quelquefois des adhérences avec la surface de l'œil lui-même. Cette dernière disposition est d'autant plus fâcheuse , que les paupières non seulement sont collées à la sclérotique , mais encore anticipent sur la cornée transparente qui ne peut plus donner accès aux rayons lumineux.

Pour que ces derniers aillent frapper la rétine, et y produire l'impression

des objets d'où ils émanent , il faut vl^'

cjue 1 iris leur livre passage.

Or, quelquefois la membrane, trèsmince , qu'on appelle pupillaire , et qui , chez les fœtus , occupe toute l'étendue de la pupille future, au lieu de se déchirer à lépoque de la naissance ou peu de temps après , se conserve intacte.

De même aussi on voit, chez certains enfans, liris adhérer par sa face antérieure à la partie postérieure de la cornée , et ne présenter aucune ouverture, ou n'en offrir qu'une irrégulière , mal située , et insuffisante pour le passage de la lumière , qui peut être également interceptée par une cataracte développée dans le sein même de la mère.

Dans tous ces cas , l'enfant vient au monde aveugle , et on ne peut lui faire recouvrer la vue , qu'en dé» truisant la coalition des paupières , en incisant la membrane interpalpébrale , en fendant la pellicule qui obstrue l'ouverture de la pupille, et en faisant l'extraction du cristallin opaque. Mais l'adhérence des paupières au globe de l'œil ne présente aucun espoir de guérison , puisque la dissection de ces

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