CHAPITRE PREMIER
DTJ PRINCIPE DE l' UTILITÉ.
Le bonheur public doit être l'objet du législateur : l'utilité générale doit être le principe du raisonnement en législation. Connaître le bien de la communauté dont les intérêts sont en question, voUà ce qui constitue la science ; trouver les moyens de le réaliser, voUà ce qui constitue l'art.
Ce principe de Vutilité, énoncé vag-uement, est peu contredit : il est même envisagé comme une espèce de lieu commun en morale et en politique. Mais cet assentiment presque universel n'est qu'apparent. On n'attache pas à ce piincipe les mêmes idées ; on ne lui donne pas la même valeur ; U n'en résulte pas une manière de raisonner conséquente et uniforme.
Pour lui donner toute l'efficacité qu'il devrait avoir, c'est-à-dire, poui" en faire la base d'une raison commune, il y a trois conditions à remplir,
La première est d'attacher à ce mot utilité des notions clah-es et précises qui puissent être exactement les mêmes pom- tous ceux qui l'emploient.
La seconde est d'étabhr Vunité, la souveraineté de ce piincipe, en excluant rigoureusement ce qui n'est pas lui. Ce n'est rien que d'y souscrire en général ; il faut n'admettre aucune exception.
La troisième est do trouver les procédés d'une arithmétique morale, par laquelle on puisse arriver à des résultats imiformes.
Les causes de dissentiment peuvent se rapporter à deiuv faux principes qui exercent une influence tantôt ouverte et tantôt cachée